Depuis les dernières élections municipales des 15 et 22 mars 2026, la ville de Nice a engagé plusieurs changements majeurs pour répondre à une problématique bien connue des habitants : les difficultés de stationnement.
C’est la mesure la plus emblématique du début de mandat d'Éric Ciotti à Nice. Depuis le 15 avril 2026, la ville de Nice applique un délai de 15 minutes de tolérance avant toute verbalisation en cas de stationnement non payé. Concrètement, les automobilistes disposent d’un quart d’heure après s’être garés pour acheter leur ticket à l’horodateur ou régler leur stationnement via une application dédiée comme PayByPhone. Durant ce laps de temps, aucune sanction ne peut être appliquée. Eric Ciotti revendique une volonté d’assouplir un système jugé trop strict, expliquant vouloir « alléger la pression que subissaient les Niçoises et les Niçois en matière de contraventions », a-t-il affirmé à RCF Radio.
La Municipalité prévoit d’aller encore plus loin dans sa politique pro-automobile, en instaurant jusqu’à deux heures de stationnement gratuit par jour. Une mesure attendue d’ici fin 2026 sous réserve d’adaptations techniques des horodateurs. Autre engagement majeur du maire : la création de 5 000 places de stationnement supplémentaires pour les voitures et les deux-roues. Ces nouvelles capacités viendront s’ajouter aux quelque 14 000 places payantes déjà existantes dans la ville. L’objectif affiché est clair : répondre à la saturation du stationnement et faciliter l’accès au centre-ville.
Sur le terrain, les habitants sont assez partagés par ces mesures. Vincent, habitant du quartier Carras à l'ouest de Nice, salue les « bonnes idées » de la municipalité pour pallier le manque de place de stationnement : « C'est très compliqué de se garer à Nice, les parkings sous-terrains sont chers et vite complets. » En revanche, le Niçois regrette un retour trop marqué de la voiture : « Les transports en commun se sont beaucoup améliorés (…) Le combo bus, tram, vélo ou scooter devrait être parfait et suffire dans le centre, compte tenu du climat et de la superficie de la ville. »
À Cimiez, Marie voit dans la tolérance de 15 minutes une sécurité supplémentaire, alors que les voitures LAPI circulent régulièrement dans les rues de Nice : « Je paye mon stationnement via une application et il faut attendre la fin du décompte pour remettre de l’argent et parfois, en l’espace de 3 minutes, on peut se prendre un PV. Cette mesure permet donc d’avoir le temps de remettre correctement des sous et d'éviter des courriers qui ne font jamais plaisir. » Elle accueille aussi favorablement l’idée des deux heures de stationnement gratuites, tout en soulignant la réalité du terrain : « Certains quartiers de Nice sont tellement engorgés qu’il est quasiment impossible de s'y garer. Cette semaine, par exemple, j’ai tourné 45 minutes pour trouver une place rue de Lépante… en vain. »
Plus critique, Julie, habitante du quartier Saint-Augustin, apprécie la tolérance de 15 minutes à l'horodateur mais s’interroge sur la création de nouvelles places de parking : « Si c’est pour supprimer des pistes cyclables ou des espaces verts, ce n’est pas aller dans le sens de l’avenir. » Elle plaide plutôt pour un renforcement des transports en commun et des mobilités alternatives. « Pourquoi pas instaurer la gratuité des transports en commun ou une aide financière pour l'achat ou la location de vélo électrique ? », propose-t-elle.
Les Niçois interrogés pointent une réalité commune : une ville congestionnée, où la cohabitation entre les différents usagers reste tendue, malgré les alternatives qui se développent. Vincent résume : « Malheureusement, la cohabitation entre les usagers est très difficile, chacun estime avoir raison. » Il pointe également un enjeu selon lui insuffisamment pris en compte dans les politiques de mobilité : « L’état des routes et l’extension du réseau routier ne suivent pas la croissance de la population ».
Selon le baromètre TomTom 2025, Nice se positionne en 15e position des villes les plus embouteillées de France. Les automobilistes niçois perdent en moyenne 63 heures par an dans les bouchons.