Voiture électrique par temps froid : comment optimiser son autonomie ?
La belle saison est désormais derrière nous et le froid arrive ! Comment votre véhicule électrique va-t-il le gérer ? Quelles précautions prendre pour optimiser son utilisation ? Suivez le guide.
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L’impact du froid sur l’autonomie et la
consommation
C’est un fait, les véhicules, thermiques comme électriques, consomment
plus l’hiver ! Du côté des véhicules zéro émission, la perte d’autonomie peut
atteindre 30 à 50 % lorsqu'il fait froid, ce qui n’est pas négligeable. On sait que la vitesse de
roulage fait augmenter de manière exponentielle la consommation des véhicules
électriques : et bien une basse température extérieure aura le même effet !
Chez nos amis Canadiens, qui ont régulièrement des températures autour de
-20°C, l’autonomie est bien souvent réduite de moitié, ce qui peut exacerber le
problème de sur-fréquentation des bornes de recharge publiques.
En cause, des réactions chimiques moins efficientes au sein
des batteries Lithium-Ion, les plus répandues aujourd’hui, les électrons perdant de la mobilité avec le
froid. Aussi, de manière physique, le froid augmente la résistance interne de
la batterie et fait chuter la tension. Le véhicule se déchargera plus
rapidement du fait d’une capacité de stockage disponible et d’une
fourniture d’énergie réduites.
Bon à savoir
Une batterie de voiture électrique fonctionne de manière
optimale quand la température extérieure se situe entre 15 et 25 °C.
Pour finir, contrairement au véhicule thermique qui profite
de la chaleur « perdue » du moteur, le véhicule électrique doit
produire la chaleur nécessaire pour chauffer l’habitacle.
L’impact du froid sur la recharge rapide
La température de la batterie est particulièrement importante
au moment de la recharge : si une batterie trop froide est mise en charge
rapide, un dépôt de lithium métallique - que l’on appelle plaquage - peut se former
et entrainer l’apparition de dendrites, sortes de petits pics pouvant provoquer
des courts-circuits... et donc un risque d’incendie.
Pas de panique : le
véhicule demandera par sécurité à la borne de limiter la puissance de charge,
de 36 % en moyenne selon une étude américaine. Cela aura pour conséquence de
diminuer la vitesse de charge.
Quelles solutions pour réduire les impacts du
froid sur le fonctionnement d’une voiture électrique ?
Quelles sont les solutions possibles pour éviter ces désagréments ?
Le
pré-conditionnement/préchauffage
On a évoqué la surconsommation du
véhicule électrique par temps froid : au cœur de cela, le paramètre
chauffage ! Le chauffage est en effet très énergivore sur un véhicule
électrique.
La solution est donc de démarrer le chauffage avant de partir,
idéalement lorsque le véhicule est branché, en programmant le pré-conditionnement
de la batterie, d’une part, et le chauffage de l’habitacle d’autre
part ! On peut aussi simplement lancer une courte session de recharge du
véhicule avant de prendre la route pour réchauffer la batterie… A condition de
ne pas être chargé à 100 %.
Il est par ailleurs conseillé
d’avoir sa batterie chargée à 20 % minimum pour assurer le bon démarrage de son
véhicule électrique. Si cette condition n’est pas respectée sur un véhicule
laissé dehors toute la nuit par des températures négatives, la recharge
permettra d’abord de réchauffer la batterie puis de démarrer. Il ne faut donc
pas être trop pressé.
Notez que le pré-conditionnement
de la batterie est souvent proposé quand vous renseignez une infrastructure de
recharge dans le système de navigation du véhicule : ainsi le véhicule
peut tirer le meilleur parti de la puissance de recharge de la borne.
L’hiver, notamment en
début de roulage, vous pouvez privilégier l’utilisation des sièges ou du volant
chauffant.
Les
périphériques additionnels
De plus en plus de constructeurs
proposent désormais, de série ou en option, une pompe à chaleur,
stratégiquement positionnée à proximité de la baie moteur pour rediriger la
chaleur vers les occupants et la batterie. Ainsi, le chauffage peut être
jusqu’à quatre fois moins énergivore qu’un système standard à résistance, qui
utilise directement l’énergie de la batterie ! Intéressant lorsqu’on sait
que par temps froid, sur le début d’une session de roulage, le chauffage peut
être responsable de plus de 40 % de la consommation électrique du
véhicule !
L’hiver, notamment en début de
roulage, vous pouvez aussi privilégier l’utilisation de périphériques
additionnels de chauffage, tels que les sièges ou le volant, moins
énergivores que le chauffage de tout l’habitacle. Pour donner des ordres de grandeur,
un siège chauffant demande 150 W de puissance, un chauffage par pompe à chaleur
1 à 2 kW, et un chauffage traditionnel jusqu’à 6 kW !
Enfin, si vous avez paramétré
votre voiture de façon à optimiser la récupération d’énergie au freinage, ce qui revient à modifier la capacité du véhicule à ralentir
par lui-même lorsque vous levez le pied de l’accélérateur, sachez que
celle-ci sera limitée en cas de batterie froide, pour les mêmes raisons -
physiques - que celles évoquées plus haut. De quoi diminuer les risques de
freinage intempestif sur sol glissant. La vie est bien faite !