Voiture électrique par temps froid : comment optimiser son autonomie ?

Par Arnaud Lescure
Publié le 06/12/2022
Temps de lecture : 5 min
Voiture électrique par temps froid

La belle saison est désormais derrière nous et le froid arrive ! Comment votre véhicule électrique va-t-il le gérer ? Quelles précautions prendre pour optimiser son utilisation ? Suivez le guide.

L’impact du froid sur l’autonomie et la consommation

C’est un fait, les véhicules, thermiques comme électriques, consomment plus l’hiver ! Du côté des véhicules zéro émission, la perte d’autonomie peut atteindre 30 à 50 % lorsqu'il fait froid, ce qui n’est pas négligeable. On sait que la vitesse de roulage fait augmenter de manière exponentielle la consommation des véhicules électriques : et bien une basse température extérieure aura le même effet ! Chez nos amis Canadiens, qui ont régulièrement des températures autour de -20°C, l’autonomie est bien souvent réduite de moitié, ce qui peut exacerber le problème de sur-fréquentation des bornes de recharge publiques.

En cause, des réactions chimiques moins efficientes au sein des batteries Lithium-Ion, les plus répandues aujourd’hui, les électrons perdant de la mobilité avec le froid. Aussi, de manière physique, le froid augmente la résistance interne de la batterie et fait chuter la tension. Le véhicule se déchargera plus rapidement du fait d’une capacité de stockage disponible et d’une fourniture d’énergie réduites.

Bon à savoir

Une batterie de voiture électrique fonctionne de manière optimale quand la température extérieure se situe entre 15 et 25 °C.

Pour finir, contrairement au véhicule thermique qui profite de la chaleur « perdue » du moteur, le véhicule électrique doit produire la chaleur nécessaire pour chauffer l’habitacle.

L’impact du froid sur la recharge rapide

La température de la batterie est particulièrement importante au moment de la recharge : si une batterie trop froide est mise en charge rapide, un dépôt de lithium métallique - que l’on appelle plaquage - peut se former et entrainer l’apparition de dendrites, sortes de petits pics pouvant provoquer des courts-circuits... et donc un risque d’incendie.

Pas de panique : le véhicule demandera par sécurité à la borne de limiter la puissance de charge, de 36 % en moyenne selon une étude américaine. Cela aura pour conséquence de diminuer la vitesse de charge.

Quelles solutions pour réduire les impacts du froid sur le fonctionnement d’une voiture électrique ?

Quelles sont les solutions possibles pour éviter ces désagréments ?

Le pré-conditionnement/préchauffage

On a évoqué la surconsommation du véhicule électrique par temps froid : au cœur de cela, le paramètre chauffage ! Le chauffage est en effet très énergivore sur un véhicule électrique.

La solution est donc de démarrer le chauffage avant de partir, idéalement lorsque le véhicule est branché, en programmant le pré-conditionnement de la batterie, d’une part, et le chauffage de l’habitacle d’autre part ! On peut aussi simplement lancer une courte session de recharge du véhicule avant de prendre la route pour réchauffer la batterie… A condition de ne pas être chargé à 100 %.

Il est par ailleurs conseillé d’avoir sa batterie chargée à 20 % minimum pour assurer le bon démarrage de son véhicule électrique. Si cette condition n’est pas respectée sur un véhicule laissé dehors toute la nuit par des températures négatives, la recharge permettra d’abord de réchauffer la batterie puis de démarrer. Il ne faut donc pas être trop pressé.

Notez que le pré-conditionnement de la batterie est souvent proposé quand vous renseignez une infrastructure de recharge dans le système de navigation du véhicule : ainsi le véhicule peut tirer le meilleur parti de la puissance de recharge de la borne.

L’hiver, notamment en début de roulage, vous pouvez privilégier l’utilisation des sièges ou du volant chauffant.

Les périphériques additionnels

De plus en plus de constructeurs proposent désormais, de série ou en option, une pompe à chaleur, stratégiquement positionnée à proximité de la baie moteur pour rediriger la chaleur vers les occupants et la batterie. Ainsi, le chauffage peut être jusqu’à quatre fois moins énergivore qu’un système standard à résistance, qui utilise directement l’énergie de la batterie ! Intéressant lorsqu’on sait que par temps froid, sur le début d’une session de roulage, le chauffage peut être responsable de plus de 40 % de la consommation électrique du véhicule !

L’hiver, notamment en début de roulage, vous pouvez aussi privilégier l’utilisation de périphériques additionnels de chauffage, tels que les sièges ou le volant, moins énergivores que le chauffage de tout l’habitacle. Pour donner des ordres de grandeur, un siège chauffant demande 150 W de puissance, un chauffage par pompe à chaleur 1 à 2 kW, et un chauffage traditionnel jusqu’à 6 kW !

Enfin, si vous avez paramétré votre voiture de façon à optimiser la récupération d’énergie au freinage, ce qui revient à modifier la capacité du véhicule à ralentir par lui-même lorsque vous levez le pied de l’accélérateur, sachez que celle-ci sera limitée en cas de batterie froide, pour les mêmes raisons - physiques - que celles évoquées plus haut. De quoi diminuer les risques de freinage intempestif sur sol glissant. La vie est bien faite !

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