Les tensions autour du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part majeure du pétrole mondial, a immédiatement eu un effet sur les marchés. De quoi relancer les inquiétudes chez les automobilistes français, déjà habitués aux flambées de prix à la pompe. Mais pour les autorités, la situation reste maîtrisée. Le message est clair : pas de pénurie en vue.
Invité sur Franceinfo mercredi 4 mars 2026, le ministre de l’Économie Roland Lescure a reconnu que la hausse des prix observée ces derniers jours était « normale compte tenu de la hausse du prix du pétrole ». La ministre déléguée à l’Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a expliqué sur RMC qu’une hausse « de quelques centimes » était possible à court terme. L’évolution des prix dépendra ensuite de la situation internationale. « Pour la suite, cela dépendra de l’intensité du conflit », a ajouté la ministre.
Alors que des ruées vers les stations-service sont déjà observées dans plusieurs régions, Roland Lescure se veut rassurant. Selon lui, la situation reste largement stable sur l’ensemble du territoire. « Aujourd’hui, dans plus de 97 % du territoire, il n’y a aucun problème, c’est-à-dire qu’on est dans une situation normale où on a de l’essence partout », a-t-il déclaré. Roland Lescure a également appelé les automobilistes à « garder leur sang-froid », afin d’éviter certains comportements qui pourraient provoquer des tensions dans certaines stations-service.
Malgré les tensions géopolitiques, Bercy insiste sur un point : à ce jour, il n’y a aucun risque de pénurie de carburant en France. Selon Maud Bregeon, plusieurs facteurs permettent de sécuriser l’approvisionnement du pays. « Il n’y a aucun risque de rupture d’approvisionnement, parce que nous avons des stocks et parce que nous avons diversifié nos importations. Donc pas d’inquiétude là-dessus. »
Si l’exécutif se veut rassurant sur l’approvisionnement, il se montre en revanche vigilant sur l’évolution des prix. Roland Lescure a ainsi annoncé avoir demandé à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) de mener des contrôles dans les stations-service. Objectif : vérifier que les hausses des tarifs observées restent proportionnées à l’évolution du prix du pétrole. « J’ai demandé à la DGCCRF de faire des contrôles pour s’assurer effectivement qu’on est sur des hausses de prix raisonnables compte tenu de la hausse du prix du baril », a déclaré le ministre. En parallèle, une cellule de crise exceptionnelle a été mise en place à Bercy pour suivre l’évolution de la situation.