Dans une intervention filmée depuis Matignon vendredi 10 avril dernier, le Premier ministre Sébastien Lecornu a esquissé les premières orientations d’un plan d’électrification, sur fond de tensions énergétiques liées au conflit au Moyen-Orient. Pour concrétiser rapidement cette stratégie, l’exécutif mise notamment sur la relance du leasing social dès juin 2026. Le dispositif, qui a remporté un franc succès en 2024 et 2025, repose sur un principe simple : proposer des véhicules électriques avec un loyer mensuel réduit, généralement inférieur à 200 euros, sans apport initial, sous conditions de revenus fixées par l’État. Pour cette troisième édition, l’exécutif a annoncé vouloir doubler le nombre de véhicules électriques proposés et élargir le public cible du dispositif.
Jusqu’ici principalement destiné aux seuls ménages modestes qui utilisent leur voiture au quotidien pour se rendre au travail, le leasing social franchit une nouvelle étape. Le gouvernement prévoit d’ouvrir le dispositif aux « gros rouleurs » des classes moyennes, en particulier aux professionnels pour qui la voiture est indispensable.
Sont notamment concernés les aides à domicile, les infirmiers, les aides-soignants, les artisans, mais aussi certains salariés et agents publics contraints d’utiliser leur véhicule personnel pour travailler. Cette évolution répond à une réalité de terrain : ces profils cumulent souvent un kilométrage quotidien élevé et des contraintes budgétaires. L’objectif : permettre à ces actifs de passer à l’électrique sans supporter un coût d’acquisition trop élevé, tout en réduisant leurs dépenses en énergie.
Le gouvernement prévoit une montée en puissance du dispositif avec, au total, 100 000 véhicules électriques proposés pour cette nouvelle édition.
Dans le détail, 50 000 voitures seront destinées aux ménages modestes, dans la continuité des deux premières éditions. Les 50 000 autres cibleront spécifiquement les gros rouleurs professionnels.
Les modalités exactes et le calendrier n’ont cependant pas encore été détaillés. Affaire à suivre dans les semaines à venir.