Ventes de voitures neuves en France : un marché au plus bas depuis 15 ans

Le marché automobile français débute 2026 dans la continuité d’une année 2025 déjà difficile. Les ventes de voitures neuves, fragilisées par plusieurs années de hausse des prix, reculent nettement et atteignent en janvier un niveau historiquement bas, sur un marché du neuf toujours sous pression. Décryptage.

Eva Gomez journaliste pour le média Roole
Eva Gomez
Publié le 09/02/2026 à 16h37

Temps de lecture : 6 min

La newsletter de Roole Média

Des actualités, des conseils et nos meilleures adresses deux fois par mois dans votre boîte mail.

Vous pourrez à tout moment vous désinscrire.
Partager l'article :
Le marché du neuf est au plus bas pour un mois de janvier en France. ©Envato-MKU018

La newsletter de Roole Média

Des actualités, des conseils et nos meilleures adresses deux fois par mois dans votre boîte mail.

Vous pourrez à tout moment vous désinscrire.
Partager l'article :

Sur l’ensemble de l’année 2025, AAA Data constate un recul de 5 % des immatriculations de voitures neuves par rapport à 2024. La tendance ne fait que s’accentuer en ce début d’année. Dans son communiqué du 1er février 20261↓, AAA Data observe une chute de 7 % des immatriculations de voitures particulières neuves en janvier, avec 107 157 véhicules immatriculés. Un volume historiquement bas : c'est le plus faible niveau enregistré pour un mois de janvier depuis quinze ans.

Le leasing social soutient les ventes de voitures électriques

Sur l’ensemble de ces nouvelles immatriculations, 28 % concernent des véhicules électriques. Un marché boosté par les commandes passées dans le cadre du leasing social, qui a bénéficié à 50 000 foyers modestes. « Le pic de voitures électriques enregistré en janvier montre l’influence des aides à l’achat [le leasing social et l'augmentation du bonus écologique, NDLR] et brouille la lecture du marché », analyse Marie-Laure Nivot, responsable analyse du marché chez AAA Data. « Les commandes du leasing social ont débuté le 30 septembre. Leur effet sur les immatriculations, combiné au bonus plus généreux, joue pleinement en janvier sur le canal des particuliers et va se poursuivre sur le trimestre avant de s’estomper », poursuit-elle. 

Bon à savoir

Lancée fin septembre 2025, la deuxième édition du leasing social a permis à 50 000 ménages modestes d’accéder à une voiture électrique à moins de 200 euros par mois. Parmi ces 50 000 bénéficiaires, 45 % ont des revenus annuels de moins de 10 200 euros.

Des prix en hausse continue depuis quinze ans

Si les ventes globales de véhicules neufs reculent, c’est en partie à cause de leur coût d’achat, qui n’a cessé d’augmenter depuis quinze ans, réduisant progressivement l’accès au neuf pour une part croissante des ménages. Selon les données partagées par Roole Data2↓, entre 2010 et 2024, le prix moyen d’un véhicule neuf en France a bondi de 85 %, passant de 19 767 euros en moyenne à 36 712 euros. Cette hausse s’est nettement accélérée après 2020, sous l’effet combiné de la pénurie de composants et de l’inflation post-Covid, mais aussi du durcissement des normes environnementales, qui a entraîné une électrification rapide des gammes. À cela s’ajoute l’évolution de la demande de SUV, un segment plus lourd et plus coûteux, devenu majoritaire sur le marché du neuf.

Évolution du prix moyen d’une voiture neuve en France (2010–2024). ©RooleData

Résultat : même les modèles d’entrée de gamme affichent aujourd’hui des tarifs élevés, rendant l’achat comptant de plus en plus difficile pour les particuliers, qui se tournent davantage vers le marché de l’occasion. Ce dernier a également pris un coup de froid en janvier 2026, avec un recul de 10 % par rapport à décembre 2025

Bon à savoir

En décembre 2025, les modèles électriques représentaient 4 % du marché de l’occasion, contre 2,6 % en 2024.

Vers une diminution progressive des prix ?

Après plusieurs années de hausse continue, les prix des voitures neuves amorcent en 2025 un léger infléchissement, insuffisant toutefois pour relancer les ventes. Selon AAA Data, « les prix moyens des voitures neuves reculent de 1,4 % » sur l’année, avec de fortes disparités selon les motorisations. Un modèle essence s’établit en moyenne à 25 657 euros (-4,6 %), tandis qu’un véhicule électrique atteint toujours 42 992 euros, avec une baisse quasi imperceptible (-0,1 %). Ces niveaux de prix demeurent, selon AAA Data, « souvent trop élevés pour les particuliers ».

Dans ce contexte, de plus en plus d’automobilistes renoncent à l’achat classique et optent pour d’autres solutions de financement. La location longue durée s’impose ainsi de plus en plus. En décembre 2025, 36 % des particuliers y ont eu recours, toutes motorisations confondues, soit une hausse de 38 % en un an3↓. Une évolution observée depuis l’été dernier, et alimentée notamment par le leasing social pour les motorisations électriques.

Partager l'article :
Sujets associés