Face à la saturation croissante de plusieurs axes routiers autour de Nantes et aux difficultés de déplacement dans les territoires périurbains, la Métropole et plusieurs collectivités voisines expérimentent depuis le mois de mars 2026 un nouveau service de covoiturage spontané en temps réel. Baptisé « Covoit’ici Pays nantais », le dispositif repose sur deux lignes testées sur des corridors particulièrement fréquentés du Nord-Ouest et du Sud de l’agglomération, où la voiture individuelle reste largement dominante faute d’alternatives suffisantes.
Derrière cette expérimentation, Nantes Métropole affiche une nouvelle stratégie en matière de mobilité. « Ce choix d’aller vers le déploiement du covoiturage correspond à un changement d’échelle des politiques publiques métropolitaines », nous explique Aziliz Gouez, adjointe au maire. L’objectif : répondre aux besoins des habitants des territoires périurbains et ruraux, beaucoup plus dépendants de la voiture individuelle. L’élue souligne que les transports collectifs classiques (bus, tram…) ne peuvent pas répondre partout aux mêmes problématiques et usages. « On ne peut pas considérer que les transports en commun sont adaptés pour des habitants de territoires tels que Blain ou Herdré-Gervre », estime-t-elle.
Le principe de « Covoit’ici Pays nantais » est simple : ici, pas de réservation à l'avance. Le passager qui souhaite covoiturer se rend à un arrêt dédié, indique sa destination via l'application mobile Covoit’ici, et attend qu’un conducteur sur le même trajet s’arrête. Les demandes s’affichent instantanément sur des panneaux lumineux en bord de route, mais aussi dans l’application des usagers. La mise en relation entre conducteur et passager est quasi immédiate, pensée pour coller aux contraintes des trajets domicile-travail.
Côté conducteurs, il suffit de déclarer son trajet à l’avance (jusqu’à 24 heures avant ou le jour même) et de préciser les arrêts potentiels sur le trajet. Une fois sur la route, les conducteurs sont alertés en temps réel de la présence d’un passager à prendre en charge.
Les lignes de covoiturage « Covoit’ici Pays nantais » sont en service du lundi au dimanche, de 6 h à 20 h.
L’expérimentation « Covoit’ici Pays nantais » repose sur deux axes clés autour de Nantes. « Ce sont des grands axes de circulation quotidienne, affirme Aziliz Gouez. Il y a eu une étude préalable des flux, qui a confirmé un besoin réel sur ces itinéraires. » Ces axes concernent :
Le dispositif mise clairement sur des incitations économiques, à la fois côté passagers et côté conducteurs. Les passagers bénéficient d’une gratuité totale pendant un an, tandis queles conducteurs reçoivent 0,50 euro pour le simple fait de proposer un ou plusieurs sièges vides sur la plateforme. Pour le lancement, ce coup de pouce financier atteint même à 1 euro jusqu'au 1er juin 2026. Une rémunération se déclenche dès lors qu'un covoiturage a lieu : 1,50 euro par passager transporté, dans la limite de 6 euros par trajet. Ces montants, cumulables, sont pensés pour attirer le plus d'usagers et ainsi densifier l’offre sur ces lignes expérimentales.
Si l’expérimentation est aujourd’hui centrée sur la métropole et ses alentours, l’ambition est plus grande. L’objectif est d’ancrer durablement ces nouveaux usages dans les habitudes de déplacement au-delà de Nantes et sa périphérie. « L'idée est que ce projet puisse être dupliqué », projette l’élue. Avec, à terme, une logique moins centrée sur Nantes : « Nantes ne doit pas rester au centre de tout ». De nouvelles liaisons pourraient ainsi relier des territoires périphériques, comme l'axe Blain-Saint-Nazaire par exemple.