À 38 ans, Clément de Ticket For Road restaure des voitures anciennes pour les faire gagner sur les réseaux sociaux
À Nîmes, nous avons rencontré Clément Richard, fondateur de Ticket For Road. Dans son atelier, il redonne vie à des voitures anciennes avant de les faire gagner en ligne. Un concept original, à mi-chemin entre passion automobile et modèle participatif, qui séduit de plus en plus d’internautes. Rencontre.
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À la croisée de la restauration automobile, du jeu et des réseaux sociaux, Ticket For Road est un concept unique en France. Son fondateur, Clément Richard, redonne vie à des véhicules anciens avant de les faire gagner via des tirages au sort accessibles au plus grand nombre, sur les réseaux sociaux. Concrètement, les internautes achètent des tickets (sous la forme de stickers) à quelques euros pour tenter de remporter une voiture plus ou moins ancienne, entièrement restaurée.
À quelques kilomètres de Nîmes où est basé l'atelier de restauration de Clément, pas de collectionneur fortuné ni de musée figé : juste des voitures qui étaient parfois promises à la casse et un entrepreneur déterminé à leur offrir une seconde vie.
« Au début on me prenait pour un extraterrestre. »
Clément Richard, fondateur de Ticket For Road.
Tout part d'une idée folle
Clément Richard n’était pas prédestiné à lancer un tel projet. Ancien commercial dans l’automobile et ex-athlète de haut niveau, il multiplie les expériences avant de se lancer. « Comme beaucoup de projets, Ticket For Road est né pendant le Covid (…) Ça fait donc environ 5 ans qu'il existe », explique-t-il dans notre reportage. Sur le papier, l’idée est simple : restaurer des voitures anciennes et les faire gagner en ligne. Mais au départ, difficile de convaincre. « Au début on me prenait pour un extraterrestre », confie-t-il dans un sourire. Le concept intrigue mais séduit. Clément est désormais soutenu par neuf investisseurs.
Dans son atelier, Clément choisit avec pragmatisme chaque voiture à restaurer. « On n’est pas magiciens. Pour les artisans qui travaillent dessus, il faut qu’il y ait une belle base pour réduire le temps de travail à quelques mois de restauration. » Car ici, le temps est compté : « Le nerf de la guerre, c’est le temps : on ne peut pas se permettre de restaurer sur plusieurs années une voiture à faire gagner. »
Clément présente le concept Ticket For Road sur son compte Instagram.
Des voitures accessibles à gagner
Pour ce « passionné de bagnole », pas question pour autant de viser des modèles hors de prix. « Aujourd’hui, Ticket For Road ne peut pas investir dans des véhicules à plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’euros. On se focalise sur des achats entre 0 et 8 000 euros. On a déjà eu des donations aussi. » Un choix économique, mais aussi stratégique, pour attirer le plus grand nombre. Chaque voiture restaurée est ensuite mise en jeu via la vente d’un nombre limité de participations : 5 000 tickets (ou stickers) maximum par véhicule. Vendus entre 5 et 10 euros selon le modèle et l’ampleur des travaux sur la voiture, ces tickets permettent aux internautes de tenter leur chance.
La vente de ces participations finance à la fois la restauration du véhicule et la marge de l’entreprise Ticket For Road. Une fois tous les tickets écoulés, un tirage au sort est organisé pour désigner le gagnant. Une « loterie » strictement encadrée. « Il y a un cabinet d'huissiers à chaque fois avec un commissaire de justice pour chaque tirage au sort », précise Clément.
Avec Ticket For Road, la voiture de collection n'est pas forcément un objet de luxe pour collectionneur fortuné. Elle devient un objet accessible destiné aux passionnés et amateurs de vintage. Sur les réseaux sociaux, les restaurations sont suivies étape par étape et les tirages au sort fédèrent une communauté fidèle. Clément compte aujourd'hui près de 17 000 abonnés sur son compte Instagram et plus de 6 000 sur Youtube, avec des profils de plus en plus divers. « L’âge moyen des participants est de 40 à 45 ans. Les femmes représentent (selon les véhicules à gagner) entre 3 et 7 %. J’aimerais qu’elles soient plus présentes mais la passion auto a encore une étiquette un peu machiste. Mais il y a quand même une vraie évolution. »
Six ans après ses débuts, Clément Richard continue de faire grandir son projet, malgré quelques désillusions et frayeurs. « Pour l'instant, j’ai été perdant sur les trois quarts des projets, nous avoue-t-il. Donc la prochaine étape, c’est d’en vivre correctement ; d’être serein à chaque début de mois, lorsqu'on saura qu’on vendra toutes les participations. » Il se projette encore plus loin aujourd'hui : « L'idée est peut-être d'étendre le projet à l’étranger, j’ai déjà des demandes de faire un Ticket For Road au Portugal ou en Espagne. » Une nouvelle étape pour celui qui, après avoir redonné vie à des voitures oubliées, espère désormais faire rouler son concept au-delà des frontières.