Prix du carburant en Europe : combien coûte l'essence chez nos voisins ?
De l'Allemagne, championne des prix élevés, au Luxembourg, où le plein coûte jusqu'à 0,3 €/L en moins, voici comment se classent les prix de l'essence et du diesel chez nos voisins européens, et pourquoi de tels écarts existent.
Alors que les prix du carburant continuent de flamber en Europe, les politiques fiscales adoptées par les États membres dessinent des écarts de prix marqués à la pompe. L'Allemagne, où l'automobiliste paie 1,179 € de taxes par litre, figure parmi les pays les plus taxés, tandis que la Belgique et le Luxembourg ont instauré des mécanismes de plafonnement des marges des distributeurs. Voici un comparatif des dispositifs mis en place dans cinq pays européens.
Allemagne : des carburants parmi les plus chers d'Europe
L’Allemagne est l’un des pays européens les plus touchés par la crise géopolitique actuelle. Les prix à la pompe y figurent parmi les plus élevés de l’Union européenne car l'Allemagne taxe beaucoup le carburant. Au total, l’automobiliste allemand paie 1,179 € de taxes par litre. Ce montant se répartit entre une accise fixée à 0,6545 €/L, une taxe carbone à 0,148 €/L et une TVA à 19 %.
Pour tenter de contenir l’envolée des prix, le gouvernement allemand a décidé de réduire de 0,14 €/L l’accise sur le carburant à compter du 1er octobre 2026 et jusqu’à la fin de l’année. Avec la baisse proportionnelle de la TVA, le litre baissera au total de 0,17 €/L à la pompe.
En Allemagne, le SP95 affiche un prix moyen en septembre de 2,344 €/L et le gasoil de 2,377 €/L1↓
Le gouvernement allemand songe également à instaurer un mécanisme de plafonnement des prix du carburant, inspiré des dispositifs existant au Luxembourg ou en Belgique, dont on vous parle dans la suite de cet article.
Aux côtés de cinq autres pays européens (Italie, Autriche, Pologne, Portugal et Espagne), l’Allemagne plaide enfin pour une taxation des superprofits réalisés par les compagnies pétrolières depuis le début du conflit afin de financer des mesures d’aide financière en faveur des ménages et des entreprises.
France : les taxes constituent quasiment la moitié du prix du carburant
En France, la fiscalité varie légèrement en fonction des carburants. Si l’on prend l’exemple du SP95, le consommateur paie un peu plus d’un euro de taxes (accise sur les produits pétroliers et TVA) sur son litre de carburant. Soit un niveau légèrement plus bas que l’Allemagne, ce qui contribue à expliquer la différence des prix à la pompe entre les deux pays.
Au contraire du gouvernement allemand, le gouvernement français exclut toute baisse de taxe pour contenir les prix à la pompe. « Ceux qui annoncent des baisses d’impôts générales seront ceux qui imposeront des hausses de taxes demain », s’est défendu David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, lors de l'annonce du prolongement de l'aide grands rouleurs, le 22 septembre dernier.
Le gouvernement français mise plutôt sur des aides ciblées sur les ménages les plus modestes et une partie de la classe moyenne, à l’image de l’aide grands rouleurs, prolongée jusqu’en décembre 2026.
Belgique : des prix maximums fixés par l'État
De plus en plus d’habitants du Nord et de l’Est de la France se rendent en Belgique faire leur plein, où l’essence est moins chère d’une dizaine de centimes par litre qu’en France.
Comment expliquer cet écart de prix ? D’abord car l’accise sur les énergies fossiles est légèrement plus basse chez nos voisins : 0,6002 € en Belgique contre 0,670 € en France. Mécaniquement, la TVA y est donc moins lourde aussi puisque cette taxe est proportionnelle au prix, accise comprise.
En Belgique, le SP95 affiche un prix moyen en septembre de 1,957 €/L et le gasoil de 2,272 €/L
Deuxième raison : l’État belge a instauré un système de plafonnement des marges des distributeurs. Ce « contrat-programme », négocié entre le ministère de l’Économie et les représentants de la fédération pétrolière Energia, fixe des prix maximums. En septembre, ils sont de 2,0580 €/L pour le SP95 et de 2,4050 €/L pour le diesel2↓.
Luxembourg : une fiscalité historiquement avantageuse
Au Luxembourg, la TVA est plus basse que dans les pays cités plus haut. Elle s’y élève à 17 %. L’accise y est également historiquement plus faible. Mais pour honorer ses engagements climatiques, le gouvernement luxembourgeois a relevé l'accise sur le carburant ces dernières années, avant de la baisser temporairement en 2026 pour contenir les prix à la pompe.
Au Luxembourg, le SP95 affiche un prix moyen en septembre de 1,831 €/L et le gasoil de 2,074 €/L
Tout comme la Belgique, le Luxembourg dispose aussi d’un système de fixation du tarif de vente maximal pour les principaux produits pétroliers. Ce plafond n’est pas figé dans le temps : il comptabilise les cotations du baril de Brent, le taux de change ainsi que les coûts de distribution.
Espagne : des baisses de taxes face à la flambée des prix
En réponse à la flambée des prix, le gouvernement de Pedro Sánchez a décidé de réduire la TVA sur les carburants de 21 à 10 % en mars 2026, tout en baissant la fiscalité sur les hydrocarbures. Depuis, la TVA a été rétablie à son niveau normal mais l'allégement de la taxe sur les hydrocarbures a été maintenu, à hauteur de 0,05 €/L.
Historiquement, l'Espagne mène une politique fiscale assez « light » sur les carburants. Depuis une dizaine d'années, les prix espagnols se situent en dessous des prix belges et au-dessus des prix luxembourgeois. Mais depuis 2026, la politique de baisse des taxes menée par le gouvernement espagnol a conduit les prix à passer en dessous des prix pratiqués au Luxembourg sur la même période.
En Espagne, le SP95 affiche un prix moyen en septembre de 1,841 €/L et le gasoil de 1,815 €/L
↑ : Les prix moyens des carburants dans les pays européens cités ici sont issus des Weekly Oil Bulletin publiés par la Commission européenne.