Depuis le lancement du leasing social en France, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane étaient exclues du dispositif. Cette inégalité fait désormais partie du passé, puisque les habitants de ces trois territoires ultramarins vont être éligibles à la troisième édition du leasing social, qui débute le 16 juillet prochain.
« En Martinique, une voiture c'est souvent la condition pour avoir un emploi. Pas un luxe. Et pendant des années le leasing social s'arrêtait aux portes des Outre-mers », a déclaré sur TikTok Jiovanny William, député de la 1ère circonscription de Martinique. L'élu avait saisi le Premier ministre sur ce sujet dès 2024, puis relancé le gouvernement en 2025 et en 2026 avant de finalement obtenir gain de cause.
En 2025, le ministre de l'économie Roland Lescure avait été interrogé par Olivier Serva, député de Guadeloupe, sur l'absence du leasing social dans les Antilles et en Guyane alors qu'il est appliqué à La Réunion. Dans ce département français de l'océan Indien, quelques dizaines de commandes avaient été enregistrées l'année dernière.
« Je souhaite vraiment comprendre pourquoi ce qui ne bloque pas à La Réunion, coince en Guadeloupe », avait alors répondu le ministre, qui avait missionné les préfets de Guadeloupe et de Martinique afin d'auditer les transporteurs, concessionnaires et banquiers. « S'il faut débloquer, nous débloquerons », avait-il ajouté. Un an plus tard, la promesse de lever les freins se concrétise avec l'arrivée du leasing social sur ces nouveaux territoires.
Plusieurs facteurs structurels peuvent potentiellement expliquer le retard d'application du leasing social dans les territoires ultramarins. En Martinique, Guadeloupe et en Guyane, les véhicules neufs coûtent en moyenne 10% de plus qu'en métropole, à cause des surcoûts inhérents à l'importation de véhicules par voie maritime.
Dans ces territoires, les banques pratiquent aussi des taux plus élevés qu'en métropole. De leur côté, les concessionnaires doivent faire face à des véhicules qui se revendent moins cher car ils s'abîment plus vite avec l'ensoleillement et la corrosion marine.
Ces raisons ont compliqué la mise en place de loyers à moins de 200 euros par mois, comme ils existent dans le cadre des contrats de leasing social.