Collioure est surnommée la perle de la Côte Vermeille. Il faut dire que la ville révèle son âme catalane avec ses accents, ses embruns de mer Méditerranée et ses murs chauds. La cité balnéaire dévoile, avant la haute saison, son charme et ses lumières, qui inspirèrent Signac, Picasso et autres peintres du 20ᵉ siècle, du pointillisme au cubisme. Découvrez Collioure à travers le chemin du Fauvisme : 19 œuvres de Matisse et Derain qui retracent le Collioure de 1905. Collioure fut aussi une cité royale, comme en témoignent les forteresses des Rois de Majorque et de Vauban, qui dessinent la skyline atypique de ce village balnéaire, dont le Fort Miradou, qui est toujours le Centre National d’Entraînement Commando.
Collioure ou la douceur de vivre aux portes de l'Espagne. ©Damocean Pour déjeuner, on s’attable chez Simone, un restaurant de tapas convivial et local, loin de la rue principale touristique. Fondé par une bande d'amis cuisiniers, il propose des produits saisonniers et des spécialités comme les patatas bravas, la tomme de brebis vieillie, l’anchois Desclaux, ou encore la paleta de cebo ibérica vieillie 22 mois. Les menus Pica-Pica et Dégustation permettent de goûter une variété de tapas, tandis que les desserts, comme l’espuma de crème catalane ou une création chocolatée, achèvent le repas en douceur. Une adresse authentique comme on les aime chez Roole Média.
Depuis des siècles, Collioure est célèbre pour son anchois, pêché traditionnellement de nuit à l’aide de barques catalanes éclairées au lamparo. Au 19ᵉ siècle, toute la population, des enfants aux aînés, participait à la pêche, à la vente ou à la préparation des anchois. Aujourd’hui, ce poisson bleu reste préparé artisanalement par les « anchoïses » : salage, étêtage, filetage et conservation se font entièrement à la main, sans machine. Les anchois de Collioure se dégustent frais, au vinaigre, au sel ou à l’huile, et sont une entrée raffinée. Quelques conserveries familiales, comme celle de la famille Roque, perpétuent encore cette tradition, proposant des anchois au sel, à l’huile, en saumure ou en boquerone. La visite vaut le détour.
On passe la nuit dans un lieu mythique de Collioure, situé à seulement 10 minutes à pied du centre animé : le Relais des Trois Mas, avec sa vue de carte postale et son décor de rêve. Face à l’église Notre-Dame-des-Anges, en surplomb de la baie, avec sa petite crique en contrebas, cet hôtel est un havre de paix et de beauté. Juché sur une falaise, on profite de la vue spectaculaire sur la baie de Collioure et la mer Méditerranée depuis chaque chambre. C’est l’endroit parfait pour profiter de Collioure sous son plus beau jour.
Le Relais des Trois Mas, avec sa vue à couper le souffle sur la baie de Collioure. ©RelaisdesTroisMas On continue le voyage vers le sud, direction Port-Vendres. Connue depuis l’Antiquité comme la cité de Vénus, cette ville portuaire unique en son genre doit son charme à son patrimoine maritime préservé, son identité catalane et ses paysages à couper le souffle. Elle abrite le seul port naturel en eau profonde des Pyrénées-Orientales, ce qui lui permet d’accueillir une grande variété de navires : bateaux de pêche, yachts de luxe, cargos ou encore paquebots de croisière. Malgré cette activité intense, Port-Vendres conserve une authenticité rare, loin de l’agitation des stations balnéaires plus touristiques.
L'ambiance unique de la criée, tous les matins sur le port de Port-Vendres. ©Maria Sedova Le matin, le port s’anime avec le retour des pêcheurs : les bateaux colorés accostent, et la criée s’organise autour de ses étals en fer forgé. C’est l’occasion d’observer le quotidien des marins et de découvrir des produits de la mer fraîchement pêchés, symbole d’une tradition toujours bien vivante. Les quais, bordés de maisons colorées, offrent un cadre idéal pour une promenade face à la Méditerranée, dans une ambiance à la fois vivante et typiquement catalane.
Pour le déjeuner, on s’attable au restaurant Chez Pujol et l’on s’offre une expérience authentique chez ce spécialiste du poisson depuis 1958 ! Le restaurant est réputé pour son étal de poissons sauvages et ses fruits de mer pêchés localement, et offre une terrasse avec vue sur la mer. La carte met à l’honneur les spécialités régionales : crème catalane, encornets farcis… Contrairement à beaucoup d’adresses de la région, Chez Pujol est ouvert 365 jours par an, ce qui en fait un véritable repère pour les habitants comme pour les visiteurs d’un jour !
Dégustez des poissons frais et grillés chez Pujol, une institution de Port-Vendres. ©Lisovskaya L’après-midi, on part en randonnée vers le phare du Cap Béar. Ce parcours vous plonge au cœur de paysages sauvages et préservés, typiques de la Côte Vermeille : vues à couper le souffle sur la Méditerranée, vignes en terrasses accrochées aux flancs de colline et criques isolées accessibles au fil de la marche. Le chemin vous conduit jusqu’à la Baie de Paulilles, ancienne friche industrielle transformée en site naturel classé, où la mer, la nature et l’histoire se mêlent harmonieusement. Considérée comme l’une des plus belles randonnées du littoral catalan, cette balade est immanquable !
On dort aux Jardins du Cèdre à Port-Vendres, hôtel alliant charme, confort et authenticité méditerranéenne. L’hôtel est entouré d’un grand parc arboré d’essences méditerranéennes, dominé par un cèdre centenaire majestueux. On y va pour sa vue panoramique sur le port et la mer depuis la terrasse ou les chambres, ainsi que pour son restaurant Le Cèdre. On y déguste une cuisine méditerranéenne créative et de saison, avec des produits locaux et frais.
Il est temps de partir explorer la cité dont la devise « In mare via tua », qui signifie « la mer est ton chemin », donne le ton. On découvre Banyuls, lovée dans sa baie de galets, en commençant par une promenade balnéaire avant de se perdre dans les ruelles de ses différents quartiers : Puig del Mas, entre vignes et église, Cap d’Osna, ancien village des pêcheurs avec ses ruelles et ses escaliers, ou la Route des Mas, qui monte vers le maquis et le col de Banyuls, situé à 353 mètres d’altitude.
On déjeune dans les hauteurs de Banyuls à la Cabana d’Arno. Imaginée par Arnaud Catania, un passionné de la Grande Bleue. Cette adresse éco-responsable allie respect de l’environnement et produits locaux, récoltés sur les terroirs catalans. Installée comme une vigie au-dessus de la baie des Elmes, sa grande terrasse ombragée de pins offre une vue imprenable sur la mer. On y déguste des tapas ou un délicieux tartare de thon accompagné de vins de la région, dans une ambiance chaleureuse et décontractée, qui nous fait réaliser que l’Espagne n’est vraiment pas loin.
La Cabana d'Arno : simplicité dans l'assiette et vue grandiose. ©Cabanad'Arno L’après-midi, on découvre le domaine Terres des Templiers, au cœur des vignobles de Banyuls et Collioure, le temps d’une immersion dans l’univers des vins naturels et des AOP locales. Ce domaine, héritier d’un savoir-faire ancestral, propose des visites guidées gratuites et des dégustations pour découvrir l’élaboration unique de ses vins rouges, blancs et rosés, issus d’un terroir exceptionnel baigné par la Méditerranée. Entre la Grande Cave et les projections immersives imaginées toute l’année lors d’événements culturels, c’est une expérience à la fois pédagogique et sensorielle, idéale pour les amateurs de vins et les curieux.
Découvrez les vins de Banyuls au Domaine les Templiers. ©stocknshares Pour la dernière nuit, on pose ses valises à l’hôtel Villa Camille, en plein centre de la ville de Banyuls, face au port. Cette villa du 19ᵉ siècle doit son charme à son ambiance chaleureuse et ses chambres élégantes, certaines offrant une vue imprenable sur la mer. L’établissement propose une offre en demi-pension incluant un petit-déjeuner gourmand et un dîner trois plats au restaurant partenaire Le Jardin de Saint-Sébastien, situé à quelques pas seulement. Chambres doubles à partir de 134 € en haute saison.
Bâtisse historique, rénovation soignée et emplacement idéal : le pari gagnant de la Villa Camille. ©HôtelVillaCamille Avant de quitter Banyuls, on marche sur les pas d’Aristide Maillol, célèbre peintre et sculpteur né ici en 1861. Même si un musée parisien porte aussi son nom, il faut visiter le lieu qui lui est dédié à Banyuls : un centre d’art situé dans une petite ferme isolée dans la vallée de la Roume, à 4 km du centre-ville. C’est ici qu’il aimait se reposer du monde, et la visite vaut le détour, car le musée présente de nombreuses œuvres : bronzes, terres cuites, peintures, lithographies… ainsi qu’une inspirante rétrospective sur la vie quotidienne du sculpteur dans la Métairie.
Découvrez les oeuvres de l'artiste au Musée Maillol à Banyuls-sur-Mer. ©RichardBANTEGNY Dernière étape : cap sur la frontière espagnole. Cerbère est la dernière ville française avant l’Espagne. On passe ainsi par la Réserve marine de Cerbère-Banyuls, entre Banyuls-sur-Mer et Cerbère : un véritable joyau de la Méditerranée française. Créée en 1974, elle fut la première réserve marine de France, s’étendant sur 650 hectares d’eaux cristallines pour préserver une biodiversité exceptionnelle : plus de 1 200 espèces animales et 500 espèces végétales y coexistent. Ses fonds marins, riches en rochers, prairies de posidonies, coralligènes et sable, en font un écosystème unique et un spot de plongée incontournable. Amateurs de plongée, ne manquez pas le sentier sous-marin, pour une immersion accessible à tous. Balisé par des bouées, il invite à découvrir ce paradis aquatique depuis la Plage de Peyrefite, surtout en été. Une expérience immersive au cœur d’un écosystème méditerranéen préservé.
Pour conclure le voyage, on s’attable face à la mer. Le Bout du Monde, à Cerbère, c’est l’adresse où l'on déguste des poissons entiers, pêchés du jour, et des parilladas généreuses, le tout face à la mer. La carte met aussi à l’honneur filets de merlu et calamars savoureux, dans une ambiance chaleureuse et un cadre paradisiaque. Une belle façon de conclure ce road trip !