Aujourd'hui, la Corniche d'Or relie Théoule-sur-Mer à Saint-Raphaël en longeant la Méditerranée. Inaugurée en 1903, cette route est relativement récente à l'échelle de l'histoire. Pendant des siècles, les déplacements dans l'Estérel, entre Fréjus et Cannes, se faisaient par un tout autre itinéraire : la Via Aurélia.
Construite à partir du 3e siècle avant J.-C., cette grande voie romaine reliait Rome à l'Espagne en traversant le Sud de la Gaule. Elle passait notamment par le massif de l'Estérel, où quelques vestiges témoignent encore aujourd'hui de son existence.
La Via Aurélia doit son nom au consul romain Caius Aurelius Cotta, qui lança sa construction. Une partie de son tracé a ensuite été reprise par des routes plus modernes qui traversent toujours le Sud de la France.
Une route qui reliait Rome à l'Espagne
Pour les Romains, les routes étaient essentielles au commerce, aux déplacements des voyageurs et aux mouvements des armées. Au fil des siècles, ils ont développé un immense réseau routier qui s'étendait à travers tout l'Empire, soit près de 90 000 kilomètres de voies principales.
Le long de ces voies étaient installées des bornes milliaires, sortes de panneaux de signalisation antiques indiquant les distances en milles romains. Au cœur du Forum romain se trouvait également un monument appelé le Milliaire d'or, considéré comme le point zéro de l'Empire et érigé sous l’empereur Auguste. Les distances entre Rome et les principales villes étaient calculées à partir de ce repère symbolique, grâce aux bornes milliaires déployées sur l’intégralité de ce réseau routier. Quelle que soit la route empruntée, elle pouvait donc être reliée à la capitale impériale. C'est de cette organisation très centralisée qu'est née l'idée selon laquelle tous les chemins conduisent à la capitale de l'Empire.
Quelques vestiges de bornes milliaires sont toujours présentes en France et dans tout l'ancien Empire romain. ©Creative Commons 3.0-franek2 Une borne milliaire romaine subsiste dans le massif de l'Estérel, près de l'Auberge des Adrets.
Une expression inventée au Moyen Âge
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les Romains n'ont jamais utilisé l'expression « Tous les chemins mènent à Rome » sous sa forme actuelle. La formule est généralement attribuée au théologien, philosophe et poète français Alain de Lille, qui vécut au 12e siècle. Dans l'un de ses écrits, il évoque l'idée que « mille chemins conduisent les hommes à Rome ».
À cette époque, Rome n'est plus seulement l'ancienne capitale de l'Empire romain : elle est aussi le centre de la chrétienté occidentale. Alain de Lille utilise alors cette image pour illustrer l'idée qu'il existe plusieurs voies permettant d'atteindre un même but, qu'il soit spirituel ou intellectuel. L'expression trouve donc son inspiration dans le réseau routier hérité de l'Antiquité, mais sa formulation telle que nous la connaissons aujourd'hui est médiévale.
Une signification qui a traversé les siècles
Au fil du temps, la formule s'est détachée de sa dimension religieuse pour entrer dans le langage courant. Aujourd'hui, lorsque l'on affirme que « tous les chemins mènent à Rome », on veut généralement dire qu'il existe plusieurs façons d'atteindre un même objectif.
« Tous les chemins mènent à Rome » est donc expression vieille de plusieurs siècles qui trouve ses racines dans les routes construites par les Romains... dont la Via Aurélia qui traversait autrefois le massif de l'Estérel, bien avant la création de la Corniche d'Or.
Pour découvrir les secrets de la Corniche d’Or et les paysages majestueux de l’Esterel, retrouvez notre documentaire consacré à cette route qui compte parmi les plus belles routes de France :