Dans le Finistère, la Route des Phares, qui relie Pontusval au sud de la presqu’île de Crozon, offre de magnifiques panoramas sur l’océan… Mais aussi sur de majestueux gardiens maritimes : 20 phares qui racontent une partie de l’histoire du territoire. « Le premier phare qui a été construit, c'était le phare de Cordouan en 1611, sous Louis XIII », raconte Franck Gicquiaud, ambassadeur de la route des phares.
Le phare de Cordouan, à l'embouchure de la Gironde, est effectivement considéré comme le plus ancien phare français encore en activité. À la fin du XVIIᵉ siècle, la monarchie souhaite faire de la France une grande puissance maritime. Sous l'impulsion de Colbert puis de Vauban, plusieurs tours à feu sont alors construites afin de sécuriser les principaux accès aux ports du royaume, posant les bases du premier réseau de phares français.
« C'est Louis XIV qui a décidé d'illuminer toutes les côtes de France. Il a chargé Vauban de les sécuriser et de faire des phares. Il n'en a fait qu'un : le phare du Stiff, à Ouessant, en 1699. Puis Louis-Philippe a fini le travail entre 1835 et 1954 », poursuit l'expert. « Dans cette période-là, on a 120 phares et maisons-feu, 3 500 bouées éclairées et 4 500 bouées inertes qui ont vraiment quadrillé tout le littoral français. » Cette vaste campagne de construction s'inscrit dans le plan national d'éclairage des côtes adopté en 1825 par la Commission des phares. Les innovations de l'ingénieur Augustin Fresnel permettent alors de développer le réseau qui structure encore aujourd'hui le littoral français.
« En Bretagne, on a la chance d’avoir beaucoup de ces phares », souligne Franck Gicquiaud. La Route des Phares à elle seule en compte 20. Le Finistère est l'un des territoires qui concentre le plus grand nombre de phares en France, héritage de son rôle stratégique à l'entrée de la Manche. Au fil de ses 200 kilomètres, la Route des phares permet ainsi de parcourir, en quelques heures de route, près de quatre siècles d'histoire maritime française.
Une maison-feu est un bâtiment qui combine un logement de gardien et un feu de signalisation. Moins imposante qu'un phare traditionnel, elle permet de baliser des secteurs côtiers où une grande tour n'était pas nécessaire.
Sur cette route, vous pourrez admirer des phares particulièrement remarquables, à l’image du phare de l'Île Vierge, à Plouguerneau, le plus haut phare en pierre d'Europe avec ses 82 mètres. Il faut gravir 194 marches pour atteindre son sommet. « Il permet de repérer l'entrée de la Manche et guide les bateaux qui y pénètrent », explique l'expert. Depuis la Route des phares, le meilleur point de vue pour l'admirer se situe sur la pointe du Castel Ac'h.
Franck Gicquiaud évoque également le phare du Créac'h, sur l'île d'Ouessant : « C'est le phare le plus puissant, avec une portée d'environ 54 kilomètres. C'est le premier phare que l'on voit quand on vient des États-Unis. La première chose que vous allez voir, ce n'est même pas la terre, c'est le phare ! »
Pour (re)découvrir la Route des Phares, retrouvez notre documentaire consacré à cette route impressionnante :