« Mettre du commun dans l'esprit des gens à un moment où les liens sociaux se distendent. » Pour Vincent Ballot, le maire de Marnay (Haute-Saône) – une petite commune de 1 500 habitants au nord-ouest de Besançon – le covoiturage n'est pas qu'un simple mode de déplacement. C'est aussi une manière de créer de la cohésion entre ses administrés, tout en réduisant la congestion routière, la facture d'essence et l'empreinte écologique de la voiture.
En juin dernier, la mairie a lancé une grande consultation pour savoir si une aire de covoiturage pouvait intéresser les habitants. Avec 200 réponses positives, l'élu a décidé de se lancer. Depuis la rentrée, une aire de covoiturage flambant neuve a pris place sur l'esplanade de la commune.
Une application pour faciliter la mise en lien des conducteurs et des passagers
Dans le même temps, la mairie a créé une communauté de covoitureurs sur Mobigo, l'application qui recense l'offre de transports en commun en Bourgogne-Franche-Comté. Via cette application gérée par la Région, les utilisateurs peuvent déposer une annonce, en tant que conducteur ou passager. Ils s'arrangent ensuite entre eux pour déterminer un prix, voire la gratuité du covoiturage.
« Nous n'avons rien inventé. Des employés du CHU se donnaient déjà rendez-vous sur le parking du supermarché pour se rendre ensemble au travail. Avec cette aire et cette communauté de covoiturage, on ambitionne d'inciter de nouvelles personnes à pratiquer ce mode de déplacement », poursuit l'élu.
4 800 trajets pendulaires chaque jour entre Marnay et Besançon
Pour le moment, une quarantaine d'habitants ont rejoint cette communauté. La mairie espère que 200 personnes supplémentaires la rejoindront dans quelques mois. À Marnay, environ 200 habitants vont travailler chaque jour au CHU de Besançon, le plus gros employeur de l'agglomération.
4 800 trajets en voiture sont effectués quotidiennement entre Marnay et Besançon. « Quand on voit des embouteillages de voitures occupées par une seule personne, on se dit qu'il y a un problème », détaille Vincent Ballot.
Pour les Marnaysiens, le covoiturage pourrait aussi venir pallier une offre de transports en commun inadaptée aux usages des salariés du CHU. Une ligne de bus relie bien la commune à Besançon, mais elle ne passe pas par le secteur de l'hôpital.
Des projets de multimodalité à venir
Si l'idée d'une communauté de covoitureurs en ligne a germé avant la flambée des prix des carburants, l'essence au-dessus des 2 €/L pourrait bien convaincre de nouveaux usagers. « On a beaucoup d'habitants qui sont venus s'installer ici car ils étaient attirés par des terrains et des maisons moins chères qu'à Besançon. Et maintenant, avec la hausse des prix de l'essence, les économies qu'ils faisaient jusque-là sont balayées », poursuit Vincent Ballot.
Pour attirer davantage d'habitants à pratiquer le covoiturage, la mairie de Marnay envisage d'installer à l'avenir de nouveaux équipements sur son aire dédiée : arceaux pour vélos, bornes de recharge électriques… « L'idée est de consulter les habitants sur les aménagements à faire », explique le maire de Marnay. L'histoire du covoiturage à Marnay n'a pas fini de s'écrire.