Nos voitures passent le plus clair de leur temps garées. Si l’on peut penser qu’elles nous reviennent moins cher à l’arrêt qu’en circulation, ce n’est pas toujours le cas. Contravention, FPS, mise en fourrière… Un mauvais stationnement en ville peut finir par coûter plusieurs centaines d’euros. Voici les règles à respecter pour éviter les amendes et l’immobilisation.
Les règles de stationnement à respecter pour éviter une amende
Plusieurs règles de base s’appliquent, quel que soit l’endroit où vous stationnez.
Se garer dans le sens de circulation
En ville, sauf indication contraire, le stationnement se fait toujours dans le sens de la circulation :
Si vous apercevez une place sur le trottoir d’en face dans une rue à double sens, vous devez faire demi-tour (à un endroit autorisé) pour pouvoir vous garer à gauche.
Respecter la signalisation
Cette place libre un samedi en centre-ville, à deux minutes de votre point de rendez-vous, c’est presque trop beau pour être vrai ! Avant de débuter votre créneau, assurez-vous que l’emplacement est bien autorisé en jetant un œil à la signalisation.
Vérifiez qu’aucun panneau n’annonce une interdiction, une restriction horaire, un stationnement alterné ou une zone réservée. Regardez aussi la chaussée. Le marquage au sol vous indiquera si la place est autorisée ou interdite :
- Une ligne jaune continue le long d’un trottoir signifie que le stationnement est interdit ;
- Une ligne discontinue blanche indique que le stationnement est autorisé ;
- Une place peinte en bleu avec un pictogramme de fauteuil roulant informe que l’emplacement est réservé aux titulaires d’une carte mobilité inclusion (CMI-S).
Rester à bonne distance des passages piétons
Stationner ou s’arrêter sur un passage piéton est défendu. Mais le Code de la route interdit aussi de se garer à moins de 5 mètres en amont du passage piéton, sauf si la signalisation prévoit le contraire. Vous pouvez en revanche vous garer après (dans le sens de la circulation) sans respecter de distance minimale.
Pensez à payer votre stationnement
Alors que les horodateurs disparaissent au profit des applications (EasyPark, PayByPhone), il peut être facile d’oublier de passer à la caisse. Cette erreur ne vous vaudra pas une amende, mais un forfait post-stationnement (FPS).
Où le stationnement est-il interdit selon le Code de la route ?
Le Code de la route interdit explicitement de se garer à certains emplacements, car le stationnement y est considéré comme gênant ou dangereux.
Vous ne pouvez pas vous garer là où le stationnement est gênant
Votre stationnement est gênant quand il perturbe la circulation et empêche les autres usagers d’utiliser la voie publique. Ce terme regroupe plusieurs types d’infraction :
- Les entraves à la circulation : l’arrêt en double file, le stationnement sur les ponts, dans les tunnels, ou encore le long d’une ligne blanche continue (si votre gabarit force les autres voitures à la franchir) ;
- L’appropriation d’espaces réservés : bloquer un arrêt de bus, une place de livraison ou occuper l’emplacement d’une borne de recharge sans y brancher son véhicule ;
- Les blocages du quotidien : s’immobiliser dans une zone piétonne ou de rencontre, ou obstruer un bateau (entrée carrossable).
Votre stationnement devient même très gênant si vous êtes garé sur :
- Un trottoir, une voie verte, une bande ou une piste cyclable ;
- Devant une bouche d’incendie ou une signalisation routière ;
- Sur une place réservée au transport de fonds ;
- Sur une place réservée au stationnement des personnes en situation de handicap ;
- Devant des panneaux de signalisation ou des feux tricolores ;
- Sur les voies réservées aux bus, aux taxis et aux véhicules prioritaires.
Vous n’avez pas le droit de vous garer là où le stationnement est dangereux
Votre stationnement est dangereux si votre présence risque de provoquer un accident à cause du manque de visibilité. L’article R417-9 donne plusieurs exemples. Votre stationnement est dangereux quand vous êtes garé dans un virage, à une intersection, sur un passage à niveau ou au sommet d’une côte.
Attention à la durée de stationnement
La durée de stationnement est toujours limitée. La loi prévoit que vous pouvez rester jusqu’à 7 jours sur une même place. Mais la plupart des maires ont pris des dispositions pour limiter cette durée. Au-delà du temps imparti, votre stationnement est considéré comme abusif.
De plus, dans certains secteurs, comme les zones bleues, la durée est encore plus courte. Et vous devez apposer votre disque de stationnement sur votre pare-brise pour indiquer votre heure d’arrivée.
La durée de stationnement est aussi limitée dans les zones payantes. En cas de dépassement, vous risquez de recevoir un FPS. Son montant, fixé par la municipalité, représente généralement la redevance due pour la durée maximale de stationnement.
Quelles amendes risque-t-on en cas de mauvais stationnement ?
Toutes les infractions ne se valent pas. La sanction dépend de la nature de l’infraction. Selon la situation, vous encourrez :
- Une amende ;
- L’immobilisation du véhicule ;
- L’enlèvement et la mise en fourrière de votre voiture.
Infraction | Amende | Autres sanctions |
Stationnement gênant | Amende forfaitaire de 35 € | Immobilisation et mise en fourrière du véhicule |
Stationnement très gênant | Amende forfaitaire de 135 € | Immobilisation et mise en fourrière du véhicule |
Stationnement dangereux | Amende forfaitaire de 135 € | Retrait de 3 points de permis Immobilisation et mise en fourrière Suspension du permis de conduire |
Stationnement abusif | Amende forfaitaire de 35 € | Immobilisation et mise en fourrière du véhicule |
L’amende est majorée en cas de retard de paiement. Elle passe alors de 35 à 75 € pour un stationnement gênant ou abusif et de 135 à 375 € pour un stationnement très gênant ou dangereux.
Les erreurs de stationnement les plus fréquentes à éviter
Parfois, on a l’impression d’être bien garé, alors qu’on ne respecte pas tout à fait les règles. Parmi les erreurs les plus répandues, on retrouve celle qui consiste à se garer sur le bateau situé devant sa maison ou son garage.
Les automobilistes pensent, à tort, que cette pratique est autorisée, car ils n’empêchent personne de sortir. C’est en réalité interdit. Les entrées carrossables ne sont pas réservées qu’aux propriétaires des habitations adjacentes. Y stationner gêne aussi les piétons, notamment avec des poussettes et des fauteuils roulants, et les véhicules de secours.
Autre confusion fréquente : croire qu’un stationnement en double file est toléré. En pratique, seul l’arrêt minute, moteur allumé et conducteur à proximité peut être autorisé, par exemple le temps de déposer un passager. Quitter sa voiture et éteindre le moteur, même avec les warnings, est formellement interdit et constitue un stationnement gênant.
Enfin, vous n’avez pas le droit de vous garer sur le trottoir, même s’il vous semble assez large pour laisser circuler les piétons. Seule une décision du maire, matérialisée par le marquage au sol, vous y autorise.