Alors que les prix à la pompe sont repassés au-dessus des 2€/L depuis la mi-juillet, le gouvernement envisage de reconduire les aides au carburant dans le futur projet de loi de finances, qui doit être débattu en octobre à l'Assemblée nationale.
Invitée sur LCI le 24 août dernier, la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Énergie, Maud Bregeon, a expliqué que le gouvernement travaillait à « une reconduction des aides pour les secteurs les plus exposés, pour ceux qui consomment le plus de carburants, parce que derrière ce sont des emplois, ce sont les salaires des Français ».
Cette annonce intervient alors que l'aide carburant pour les « grands rouleurs » doit prendre fin le 31 août, tout comme les aides ciblées aux secteurs économiques les plus touchés par la crise pétrolière : transport routier, pêcheurs, agriculteurs, BTP…
Sur le volet « grands rouleurs », une indemnité forfaitaire de 100 euros est accordée aux ménages modestes, dont le revenu fiscal de référence par part doit être inférieur ou égal à 16 880 €. Pour en bénéficier, il faut aussi parcourir au moins 15 kilomètres pour se rendre au travail ou un minimum de 8 000 kilomètres par an avec un véhicule thermique ou hybride non rechargeable.
Le 31 août reste la deadline officielle pour déposer votre demande d'aide au carburant « grands rouleurs ». Vous pouvez faire vos démarches en ligne sur le site impots.gouv.
Selon le ministre de l'Économie, 1,2 million de ménages ont fait une demande pour l'aide « grands rouleurs » depuis son lancement, en mai dernier. 970 000 ménages l'ont reçu. Le 15 juillet dernier, un rapport parlementaire publié par le député PS Philippe Brun estimait que cette aide restait sous-utilisée par les Français. « Seulement 24% des Français qui pouvaient y prétendre ont eu recours », écrit l'élu dans ce rapport.
Pour le moment, le gouvernement n'en a pas dit davantage sur les modalités de reconduction des aides au carburant. Les arbitrages définitifs, notamment sur les montants et les critères d'éligibilité, devraient être précisés dans les semaines à venir, à mesure que se dessinera le projet de budget 2027.
Les annonces de Maud Bregeon confirment dans tous les cas que le gouvernement ne change pas sa stratégie face à cette nouvelle hausse des prix à la pompe : des aides forfaitaires ciblées plutôt qu'une baisse de la taxation sur les produits pétroliers.
Au sein de l'opposition, certaines voix plaident pour une baisse temporaire de la fiscalité sur les produits pétroliers. Dans son rapport parlementaire, Philippe Brun défend l'idée d'une taxation flottante du carburant : quand les prix montent, les taxes baissent et inversement. Le député propose aussi de s'inspirer de l'Espagne, où le gouvernement de Pedro Sánchez a réduit la TVA sur l'essence de 21% à 10% pour absorber le choc inflationniste.