À partir du 1er septembre 2026, téléphoner en conduisant sur les routes drômoises pourra valoir une suspension de permis de :
La suspension administrative s’ajoute au retrait de 3 points de permis et à l’amende de 135 € prévus par l’article R412-6-1 du Code de la route. La mesure a été annoncée le 24 juillet par la préfecture de la Drôme.
Jusqu'à fin août, les forces de l’ordre privilégient la pédagogie. Les conducteurs contrôlés avec leur smartphone en main sont verbalisés et reçoivent un courrier pour les sensibiliser aux risques de ce comportement. Mais à partir du 1er septembre, l’infraction pourra entraîner la suspension administrative du permis de conduire.
Ce durcissement des sanctions s’appuie sur le pouvoir discrétionnaire accordé au préfet. Il permet au représentant de l’État de prononcer une suspension du permis à la suite de certaines infractions, dont l’usage du téléphone au volant.
Le Code de la route prévoit également une suspension du permis de conduire allant jusqu’à 6 mois si vous commettez une autre infraction alors que vous utilisez votre téléphone en conduisant.
La préfecture justifie cette décision par la volonté d’améliorer la sécurité routière dans le département. « 25 % de nos accidents mortels ont pour cause l’inattention. C’est plus que l’alcool au volant, et c’est surtout plus qu’au niveau national où on est à peine à 12 % », déclarait fin juillet Julien Henrard, directeur de cabinet du préfet de la Drôme.
Les chiffres communiqués par l’Observatoire départemental de sécurité routière drômois montrent également une forte hausse de l’accidentalité au premier trimestre 2026. Le département a enregistré 90 accidents, 14 tués et 102 blessés, soit respectivement + 41 %, + 250 % et + 59 % par rapport à la même période en 2025.
Plusieurs départements ont déjà instauré une suspension administrative du permis pour ceux qui téléphonent en conduisant. Les données actuelles ne permettent pas encore de mesurer l’efficacité de la mesure. De plus, les accidents ont des causes multiples et les chiffres disponibles portent sur l’ensemble de l’accidentalité, et non uniquement sur les accidents liés à l’utilisation du téléphone.
Cependant, dans les Landes, où la suspension du permis est appliquée depuis novembre 2025, le nombre de permis suspendus est passé de 1 157 entre janvier et juillet 2025 à 1 673 sur la même période en 2026. Cette hausse ne s’est toutefois pas accompagnée d’une baisse de l’accidentalité.
Dans le Pas-de-Calais, le dispositif est entré en vigueur en février 2026. L’Observatoire départemental de sécurité routière note une augmentation du nombre d’accidents, de blessés et de tués sur la période de janvier à juillet 2026 par rapport à l’année passée.
La situation est légèrement différente dans le Lot-et-Garonne, qui applique aussi la mesure depuis février 2026. Le nombre d’accidents est resté stable entre 2025 et 2026 (163 accidents entre le 1er janvier et le 31 juillet pour les deux années). Mais la mortalité routière a diminué : 14 personnes sont décédées sur cette période en 2026, contre 20 en 2025.