Le Lot-et-Garonne annonce la suspension du permis en cas de téléphone au volant
Utiliser son smartphone en conduisant pourrait coûter bien plus cher qu’une amende et une perte de points. En Lot-et-Garonne, les autorités annoncent pour février 2026 une mesure forte : la suspension du permis de conduire pour l’usage du téléphone au volant.

Après l’alcool et la vitesse, le téléphone au volant figure parmi les principales causes d’accidents sur les routes françaises. Malgré les risques bien connus, les automobilistes restent très nombreux à céder à la tentation : selon le baromètre de l’association Axa Prévention consacré aux comportements des Français sur la route, 80 % des conducteurs reconnaissent encore utiliser leur smartphone en conduisant. Face à ce constat, les autorités locales entendent durcir le ton afin de mieux sensibiliser les automobilistes et rappeler que le téléphone n’a pas sa place au volant, même pour quelques secondes.
Téléphone au volant : l’annonce d’une mesure forte en Lot-et-Garonne
Partant d'un constat alarmant sur la hausse de l’accidentalité routière dans le département, Daniel Barnier, à la tête de la préfecture du Lot-et-Garonne, a récemment annoncé son intention de renforcer la sécurité routière sur le territoire, en luttant contre l'usage du téléphone au volant. À compter du 1er février 2026, dans l'ensemble du département, cette infraction pourra être sanctionnée d’une suspension du permis de conduire, pouvant s’étendre jusqu’à six mois. Cette sanction pourra être appliquée lors de l'interpellation par les forces de l'ordre, même en l'absence d'autres infractions.
Bon à savoir
Selon le bilan 2024 des infractions au code de la route de la Sécurité Routière, le nombre d’infractions relevées concernant l’usage du téléphone au volant est en hausse de + 6,3 % par rapport à 2023 de + 49 % par rapport à 2017.
Une première phase de sensibilisation
Une première phase de sensibilisation est actuellement menée sur les routes du Lot-et-Garonne. Le jeudi 8 janvier, Sophia Skrzypec,
D’autres opérations de sensibilisation sont prévues sur l’ensemble du territoire afin de rappeler aux conducteurs l’entrée en vigueur, à partir du 1er février prochain, de la suspension du permis de conduire en cas d’usage du téléphone au volant.
Bon à savoir
Selon la Sécurité Routière, téléphoner au volant multiplie par 3 le risque d'accidents et écrire un message en conduisant multiplie le risque d’accident par 23 !
Une mesure appuyée par un cadre juridique existant
Contrairement aux idées reçues, la suspension du permis de conduire n’est pas une nouvelle sanction. Le Code de la route autorise déjà les forces de l’ordre à procéder à une rétention immédiate du permis lorsqu’un conducteur est contrôlé en train d’utiliser son téléphone tout en commettant simultanément une autre infraction, comme un excès de vitesse ou un refus de priorité. Ce cadre est fixé par l’article L224 du Code de la route, qui prévoit l’obligation pour le représentant de l’État de prononcer une suspension du permis lorsque ces infractions sont constatées conjointement.
Pour renforcer la portée de la mesure annoncée, le préfet du Lot-et-Garonne s’appuie également sur l’article L224-7 du Code de la route. « Saisi d'un procès-verbal constatant une infraction punie par le présent code de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, le représentant de l'Etat dans le département où cette infraction a été commise peut, s'il n'estime pas devoir procéder au classement, prononcer à titre provisoire soit un avertissement, soit la suspension du permis de conduire ou l'interdiction de sa délivrance lorsque le conducteur n'en est pas titulaire. »
Une mesure déjà appliquée dans les Landes
Le Lot-et-Garonne n’est pas un cas isolé. Dans le département voisin des Landes, les forces de l’ordre appliquent déjà la suspension du permis pour l’usage du téléphone au volant. La mise en place de cette mesure par deux préfectures du Sud-Ouest envoie un signal fort. Cette stratégie pourrait, à terme, inspirer d’autres territoires et ouvrir la voie à une généralisation à l’échelle nationale si son efficacité est confirmée… Affaire à suivre !



