Téléphone au volant : jusqu’à 2 mois de suspension de permis dans le Pas-de-Calais

Face à la hausse des infractions et à une mortalité routière préoccupante, le préfet du Pas-de-Calais durcit à son tour les sanctions liées à l’usage du téléphone au volant. Désormais, dans ce département, tenir son téléphone en conduisant peut entraîner une suspension administrative immédiate du permis de conduire.

Marine Madelmond
Publié le 23/02/2026 à 17h30

Temps de lecture : 4 min

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Une femme qui tient un téléphone au volant.
L’usage d’un téléphone tenu en main en conduisant est puni d’une amende et d’un retrait de 3 points sur le permis de conduire. ©iStock

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Et un de plus ! Après celui des Landes, du Lot-et-Garonne et du Maine-et-Loire, le préfet du Pas-de-Calais a décidé à son tour de sanctionner plus durement l’usage du téléphone au volant. Un arrêté préfectoral publié le 6 février 2026 prévoit en effet la suspension administrative du permis de conduire pour les conducteurs pris en flagrant délit d'usage du téléphone au volant.

Cette mesure intervient alors que 57 personnes ont perdu la vie sur les routes du Pas-de-Calais en 2025, un département où la vitesse, l'usage du téléphone au volant et la consommation d’alcool et/ou de stupéfiants sont pointés comme les principales causes d’accidents.

Une suspension pouvant aller jusqu'à 2 mois

François-Xavier Lauch, le préfet du Pas-de-Calais, a publié un arrêté visant à intensifier la lutte contre l’usage du téléphone portable en conduisant. Comme dans les autres départements cités ci-dessus, les forces de l’ordre peuvent procéder à une suspension administrative immédiate du permis de conduire, pour une durée de deux mois maximum. Autrement dit, un simple contrôle routier peut désormais suffire à priver un automobiliste de son permis pour une durée pouvant aller jusqu’à deux mois.

Extrait de l'arrêté publié par la preéfecture du Pas-de-Calais. ©DR
Extrait de l'arrêté publié par la preéfecture du Pas-de-Calais. ©DR
Extrait de l'arrêté publié par la preéfecture du Pas-de-Calais. ©DR

Téléphone au volant : ce que prévoit déjà le Code de la route

En France, l’usage d’un téléphone tenu en main en conduisant est puni d’une amende forfaitaire de 135 euros et d’un retrait de trois points sur le permis de conduire. Depuis 2020, en cas de cumul avec une autre infraction (excès de vitesse, non-respect d’un stop ou d’un feu rouge, par exemple), une suspension du permis peut déjà être prononcée. L’arrêté préfectoral ne crée pas une nouvelle règle, mais il permet une réponse plus rapide et plus systématique au niveau local. La suspension administrative peut intervenir avant toute décision judiciaire. Surtout, elle peut être prononcée même si aucune autre infraction n’est constatée lors du contrôle.

Bon à savoir

Selon le bilan 2024 des infractions au code de la route de la Sécurité Routière, le nombre d’infractions relevées concernant l’usage du portable au volant est en hausse de 6,3 % par rapport à 2023 et de 49 % par rapport à 2017.

Des sanctions doublées pour les professionnels

En plus de la mesure concernant l'usage du téléphone au volant, l’arrêté prévoit un durcissement spécifique aux professionnels de la route. Désormais, la durée de suspension du permis de conduire, qui était jusqu’à présent identique pour les particuliers et les conducteurs professionnels, est doublée pour les professionnels commettant certaines infractions (dont l'usage du téléphone au volant ne fait pas partie). À titre d'exemple, en cas de conduite en état d'ivresse, la suspension passe à douze mois pour un professionnel, contre six mois pour un particulier.

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