Thierry Suquet, préfet de Vaucluse, a décidé d’utiliser son pouvoir discrétionnaire, comme le Code de la route l’y autorise. Depuis mi-mai 2026, les conducteurs pris le téléphone en main dans le département risquent bien plus qu’une amende.
Jusqu’à 6 mois de suspension de permis
La mesure est effective depuis le milieu du mois de mai 2026 : l’usage du téléphone au volant peut entraîner une suspension de permis allant jusqu’à 6 mois dans tout le département de Vaucluse, même sans autre infraction constatée. Le préfet, interrogé sur BFM/RMC, précise que la durée de la suspension sera évaluée au cas par cas, en fonction du profil du conducteur et de la gravité de l’infraction.
Cette décision est motivée par l’accidentologie. D’après le préfet, un accident de la circulation sur 5 en Vaucluse serait lié à la distraction du conducteur et à l’usage d’un téléphone au volant. Pour tous les automobilistes, téléphoner en conduisant multiplie le risque d’accident par 3 et écrire un message par 23.
La suspension n’est pas toujours précédée d’une rétention immédiate du permis. Le préfet de Vaucluse la prononcera après examen de votre dossier.
Quelles sanctions prévoit déjà le Code de la route ?
Cette suspension administrative s’ajoute aux sanctions déjà prévues par l’article R412-6-1 du Code de la route. Dans toute la France, tenir son téléphone en main ou porter une oreillette est puni :
- D’un retrait de 3 points de permis ;
- D’une amende de 135 €.
Cet article prévoit en outre la rétention immédiate du permis de conduire et sa suspension si le conducteur commet une autre infraction en même temps (excès de vitesse, non-respect des règles de dépassement, oubli du clignotant, etc.).
Les préfets de plus en plus nombreux à durcir les sanctions
Le Vaucluse est le sixième département à prendre une telle mesure. Les Landes (40), le Pas-de-Calais (62), Le Lot-et-Garonne (47), la Charente-Maritime (17) et l’Ardèche (07) appliquent aussi la suspension administrative du permis de conduire pour téléphone au volant.
D’autres préfectures ont également déclaré réfléchir à la mesure. C’est le cas, par exemple, des Deux-Sèvres, qui envisage une suspension administrative de 15 jours à compter du 15 juin.
Le préfet du Maine-et-Loire (49) a opté pour un durcissement des sanctions, sans pour autant suspendre le permis pour l’usage simple du téléphone au volant. Mais depuis janvier 2026, dans ce département de l’Ouest de la France, téléphoner tout en commettant une infraction complémentaire peut entraîner une suspension de permis de 3 mois, voire de 5 mois en cas de récidive.
Téléphone au volant : ce qui est interdit et ce qui reste autorisé
Vous n’avez pas envie de perdre votre permis sur les routes de Vaucluse ou d’ailleurs ? Petit rappel de ce qui est interdit ou autorisé avec son smartphone lorsqu'on conduit.
Vous n’avez pas le droit de :
- Tenir votre téléphone dans votre main, même si c’est pour suivre votre trajet ou regarder l’heure ;
- Manipuler votre smartphone ;
- Porter des oreillettes, des écouteurs ou un casque audio ;
- Régler votre GPS tant que vous êtes dans la circulation.
Vous pouvez en revanche :
- Consulter votre application GPS sur votre téléphone, fixé à un support sur le pare-brise ou le tableau de bord ;
- Utiliser le Bluetooth intégré au véhicule (sans écouteurs)
- Confier votre téléphone à un passager pour qu’il vous lise un message ou y réponde pour vous.