Depuis Paris, Brice et moi prenons la route en voiture électrique pour un road trip de deux jours dans le Val de Loire avec Blois comme point de chute, idéal pour rayonner.
Une idée simple, presque provocatrice : explorer la région autrement, en laissant de côté les prestigieux châteaux de la Loire pour se concentrer sur la nature, des lieux insolites et des rencontres avec des passionnés de leur région.
Jour 1 : cap sur la Loire, entre paysages inattendus et détours culturels
Au fil du trajet, nous découvrons un Val de Loire plus intime, plus sauvage aussi, loin des itinéraires balisés. Un voyage qui ne cherche pas à cocher des monuments, mais à prendre le temps de voir autrement. Et si, finalement, la vraie surprise de la région ne se trouvait pas derrière les murs de ses châteaux ?
Première halte, presque confidentielle : l’étang de Montperché à Neuvy (aussi appelée Neuvy-sur-Beuvron, dans le Loir-et-Cher). Un miroir d’eau bordé de forêt, avec un petit ponton qui s’avance sur le lac. Quelques pas suffisent pour comprendre qu’on a bien fait de s’arrêter ici. Tout est calme, presque suspendu. Le lieu évoque un décor canadien, comme une parenthèse dépaysante sans quitter la France. Un de ces endroits qu’on ne cherche pas forcément, mais qui donnent immédiatement le ton du voyage. On repart doucement, comme si le rythme du week-end venait de s’imposer de lui-même.
L’étang de Montperché vu du ciel, un coin de nature paisible à découvrir. ©Roole Un peu plus loin à La Riche (dans le département d'Indre-et-Loire), on s'arrête au Prieuré Saint-Cosme, dernière demeure de l’un des plus célèbres poètes français, Pierre de Ronsard, connu notamment pour son “Mignonne, allons voir si la rose…”.
Pendant que la voiture électrique se recharge, nous découvrons ce lieu chargé d’histoire, ancien prieuré fondé au XIe siècle par des chanoines réguliers de Saint-Augustin, installé en bord de Loire près de Tours. C’est ici que Ronsard, devenu prieur du lieu, a passé les dernières années de sa vie… Et où il est enterré.
Aujourd’hui encore, on y trouve les vestiges du cloître et des anciens bâtiments religieux, mêlés à des jardins contemporains qui rendent hommage à son œuvre. Et là, la visite change complètement de niveau. Nous sommes accueillis par Vincent, le conservateur du site. Passionné, il raconte le lieu avec une telle énergie qu’on a presque l’impression d’être dans une aventure façon Indiana Jones : histoires cachées, petites anecdotes qui donnent vie aux pierres.
Le Prieuré Saint-Cosme, la dernière demeure de Pierre de Ronsard. ©Roole Changement total d’ambiance à la Pagode de Chanteloup. Cette silhouette de 44 mètres de haut surprend immédiatement, dressée en pleine nature ligérienne comme un décor venu d’ailleurs. Construite en 1775 pour le duc de Choiseul, ancien ministre de Louis XV tombé en disgrâce, la pagode n’a rien d’un édifice religieux. C’est en réalité une “folie” de jardin, imaginée comme un geste d’amitié et de reconnaissance envers ses proches restés fidèles, d’où son surnom de monument dédié à l’amitié. Inspirée des pagodes chinoises, elle reflète aussi le goût du XVIIIe siècle pour ces constructions exotiques que l’on aimait intégrer dans les jardins aristocratiques. Un site à part, à la fois historique, insolite et totalement hors cadre dans un road trip en Val de Loire.
La Pagode de Chanteloup est un monument unique du XVIIIe siècle, témoin de la splendeur d'un palais disparu. ©Roole Même si on ne le visite pas, impossible de passer si près d'Amboise sans admirer son somptueux château royal qui se reflète dans la Loire.
Le Château royal d'Amboise surplombe majestueusement la Loire. ©Roole En fin de journée, Blois se dévoile et on arrive avec cette petite sensation de “waouh”. La ville surplombe la Loire, baignée par la lumière douce de fin de journée, presque dorée. On se dit que cette première journée a tenu toutes ses promesses : une Touraine différente, loin des cartes postales habituelles, fait de détours inattendus, de nature et de découvertes surprenantes. On branche la voiture, on mange tranquillement, puis dodo… et clairement : vivement demain !
Jour 2 : Blois à pied et fabrication de fromage de chèvre à Veuzain
Ce matin-là, on part simplement se balader dans la ville de Blois, sans vraiment de plan. On se laisse porter par les ruelles du centre ancien, et assez vite, on tombe sur la Maison des Acrobates, l’une des plus vieilles maisons de Blois, avec sa façade pleine de détails qui attire tout de suite le regard. Et on comprend vite une chose sur Blois : ça monte, ça descend, puis ça remonte un peu. Les fameux escaliers et degrés font partie du décor, mais sans pression ; ils donnent surtout du rythme à la balade et, au passage, offrent de jolis points de vue sur la Loire. On avance tranquillement, on découvre au fil des pas… Et c’est justement ça qui rend la ville aussi agréable à explorer.
Puis direction la Ferme de la Cabinette à Veuzain. Ici, je découvre la fabrication du Sainte-Maure-de-Touraine, un fromage de chèvre AOP emblématique de la région, aux côtés de Sylvie, une fermière aussi chaleureuse qu’accueillante. Pendant la visite, elle me montre toutes les étapes de fabrication, du lait jusqu’à l’affinage. Le fromage est aussi chargé d’histoire : on raconte qu’il aurait été introduit en Touraine par des femmes maures au Moyen Âge, qui auraient contribué à développer l’élevage caprin dans la région. Autre détail emblématique : sa fine couche de charbon végétal mélangé à du sel. Elle n’est pas là que pour l’esthétique : elle aide à protéger le fromage et à assurer un affinage régulier. Un moment simple, concret, où l’on comprend qu’un fromage comme celui-ci est avant tout une histoire de terroir, de gestes et de transmission.
Sylvie de la Ferme de la Cabinette apprend à Aurélia à fabriquer un Sainte-Maure de Touraine, pas à pas ! ©Roole Avant de rentrer, sur la route du retour, ultime halte : les sables mouvants de Fontenils. Le lieu surprend tout de suite. Ici, l’eau remonte naturellement de la nappe souterraine à travers le sable, créant une zone humide qui donne cette impression de sol “vivant”, un peu mouvant et scintillant par endroits. Un phénomène géologique lié aux sources de Tavers, connu localement pour ses résurgences d’eau. Nous l'observons, intrigués, et prenons le temps de profiter une dernière fois de ce décor discret mais fascinant. Un dernier arrêt simple, mais marquant, avant de reprendre la route.
Les sables mouvants de Fontenils, un lieu étonnant où l’eau remonte à travers le sable et crée un sol vivant et scintillant. ©Roole On repart avec l’impression d’avoir découvert une Loire plus discrète, plus surprenante, loin de l’image toute faite des châteaux. Et surtout, avec ce sentiment que la région vaut bien plus qu’une simple image de carte postale : elle se vit et se laisse apprivoiser au fil des découvertes et des rencontres.
Cette escapade en voiture électrique s’inscrit complètement dans cette idée : prendre le temps, sortir des évidences, et réaliser qu’il y a toujours quelque chose d’autre à voir juste à côté de ce qu’on pensait connaître.
Destination | Val de Loire |
Départ | Paris |
Durée | 2 jours |
Distance parcourue | 568 km |
Bornes de recharge testées et validées | Tours (le temps d'une visite) Blois (hébergement) |