Accidents de la route : le bilan 2025 confirme une tendance inquiétante

La baisse exceptionnelle observée pendant la pandémie appartient désormais au passé. Selon le bilan provisoire publié par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, 3 260 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine en 2025, soit 67 de plus qu’en 2024 (+2,1 %). Après un point bas atteint en 2023, les chiffres repartent à la hausse pour la deuxième année consécutive. Résultat : le niveau de mortalité redevient comparable à celui de 2019, avant la crise sanitaire.

Romain Velly, journaliste auto pour Roole Média
Romain Velly
Publié le 01/03/2026 à 06h45

Temps de lecture : 5 min

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Un triangle route sur autoroute masquant une scène d'accident
Mortalité, blessés, blessés graves : tous les indicateurs sont repartis à la hausse à en 2025. ©iStock

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L’année 2025 prolonge la dynamique engagée en 2024 : la mortalité sur la route poursuit sa hausse, avec 3 260 décès recensés en métropole, soit une aumgmentation de 2,1 % en un an.1↓

Mais la mortalité n’est pas le seul indicateur concerné. En 2025, environ 244 000 personnes ont été blessées dans un accident de la route (+3,4 %). Les blessés graves sont également plus nombreux, avec 16 600 cas estimés (+4 %). En outre-mer, la mortalité augmente aussi de 6 %.1↓

Autrement dit, il ne s’agit pas d’un simple accident statistique : l’ensemble des indicateurs se dégradent.

De la chute Covid au rebond : comment les chiffres sont revenus au niveau de 2019

Pour comprendre la situation actuelle, il faut revenir sur les dernières années. En 2020 et 2021, les confinements et la forte baisse du trafic avaient entraîné une diminution exceptionnelle du nombre d’accidents. Moins de circulation signifiait mécaniquement moins de victimes.

En 2022, avec la reprise normale des déplacements, la mortalité était déjà revenue à un niveau comparable à celui de 2019.2↓ Puis, en 2023, une nouvelle baisse avait été enregistrée : hors période Covid, il s’agissait du niveau le plus faible observé depuis plus de quinze ans.

Depuis 2024, la tendance s’est inversée. La mortalité est repartie à la hausse, et 2025 confirme ce mouvement. Les chiffres actuels sont désormais proches de ceux observés en 2019 et en 2022. La baisse liée à la pandémie apparaît rétrospectivement comme une parenthèse exceptionnelle.

Autoroutes, routes hors agglomération : la hausse touche presque tous les réseaux

La hausse n’est pas uniforme, mais elle concerne presque tous les types de routes. La mortalité progresse fortement sur autoroute (+10 %) et augmente aussi hors agglomération (+3 %). En agglomération, elle recule légèrement (-1,4 %), mais cette baisse ne suffit pas à compenser les hausses enregistrées ailleurs.1↓

Les blessés graves, eux, augmentent sur l’ensemble des réseaux, qu’il s’agisse des autoroutes, des routes hors agglomération ou des axes urbains.

L’analyse mensuelle confirme par ailleurs un phénomène bien connu : les mois d’été concentrent le plus grand nombre de décès. Entre janvier et avril, on compte en moyenne 219 morts par mois. Entre mai et décembre, la moyenne grimpe à près de 300 décès mensuels, avec un pic en août, qui fait autour de 340 victimes. L’intensification du trafic lors des grands départs en vacances continue de peser lourd dans le bilan annuel.3↓

Au début des années 2000, la France comptait encore près de 7 000 morts par an sur ses routes.4↓ Les progrès réalisés depuis sont considérables mais les chiffres de 2025 montrent que rien n'est jamais acquis. Deux années consécutives de hausse, des blessés et des blessés graves plus nombreux : le recul observé pendant la pandémie apparaît désormais comme une exception. La tendance actuelle pose une question simple : comment relancer la baisse durablement ?

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