Ceinture de sécurité : ces trajets où le réflexe n’est plus automatique

Si boucler sa ceinture de sécurité est devenu un réflexe pour une immense majorité de Français, une récente étude menée par Volvo et l’Ifop révèle que des oublis persistent, notamment à l’arrière des véhicules et sur les trajets courts. Des manquements loin d’être anodins.

Marine Madelmond
Publié le 04/02/2026 à 16h48

Temps de lecture : 5 min

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Une femme en train de mettre sa ceinture de sécurité.
21 % des Français reconnaissent ne pas toujours attacher leur ceinture lorsqu’ils sont passagers à l’arrière. ©iStock

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Ces cinquante dernières années, la ceinture de sécurité s’est imposée comme l’un des symboles forts de la sécurité routière. Mais malgré les nombreux messages de prévention et campagnes de sensibilisation, certaines mauvaises habitudes perdurent. Selon une récente étude menée par Volvo et l'Ifop, il reste bel et bien des progrès à faire en matière d'usage de la ceinture de sécurité.

Ceinture de sécurité : en France, on la boucle

Mettre sa ceinture de sécurité est désormais un automatisme pour une immense majorité d'automobilistes. Ils sont 96 % à affirmer qu'il s'agit d'un réflexe, et près de neuf conducteurs sur dix assurent l’attacher systématiquement. Un constat d'autant plus positif qu'il y a cinquante ans, le port de la ceinture était loin de faire l'unanimité. À l’époque, seuls 65 % des Français y étaient favorables. En s’imposant progressivement dans les usages, la ceinture de sécurité est passée du statut de contrainte à celui d’habitude intégrée, au point d’être bouclée presque machinalement, dès que le conducteur et ses passagers s'assoient dans la voiture.

Bon à savoir

La ceinture de sécurité a été rendue obligatoire à l'avant en 1973, puis à l'arrière en 1990.

Ça coince à l’arrière et sur les trajets courts

Même si ces chiffres sont encourageants, le combat n'est pas totalement gagné. Selon l’étude Volvo-Ifop, plus d’un Français sur cinq reconnaît ne pas porter systématiquement sa ceinture lorsqu’il est passager à l’arrière.

Les trajets courts sont également sujets à des relâchements : 13 % des Français admettent ne pas toujours attacher leur ceinture pour de courtes distances. Le phénomène s’étend aux trajets en taxi ou en VTC, où 24 % des sondés admettent ne pas porter systématiquement leur ceinture.

Bon à savoir

Selon les chiffres de la Sécurité Routière, sur l’ensemble des tués dans des véhicules en 2024, 22 % étaient non ceinturés.

Non-port de la ceinture : un facteur majeur de mortalité routière

Il y a pourtant beaucoup à perdre à ne pas mettre sa ceinture. Le non-port de la ceinture de sécurité reste l’un des facteurs majeurs de mortalité sur les routes. Selon les chiffres de la Sécurité routière, en 2024, 328 personnes tuées ne portaient pas leur ceinture, soit 22 % des personnes tuées. Entre 2022 et 2024, ce taux est de 32 % pour les véhicules utilitaires et 30 % pour les poids lourds. « Lors des enquêtes en bord de route, le port de la ceinture à l'arrière est moins respecté, notamment dans les véhicules utilitaires et les camions, souligne Christophe Ramond, directeur des études de l’association Prévention Routière. Il y a encore un vrai besoin de sensibilisation, notamment en entreprise. »

Part des usagers tués sans ceinture parmi ceux dont le port est connu, selon le mode et la place dans le véhicule entre 2022 et 2024 (Bilan ONISR 2024) :

Véhicule de tourisme

Véhicule utilitaire

Poid-lourd

Conducteurs

20 %

27 %

26 %

Passagers

29 %

52 %

67 %

dont passager avant

22 %

47 %

63 %

dont passager arrière

29 %

52 %

67 %

Tous usagers

22 %

32 %

30 %

Par ailleurs, en 2024, 7 % des passagers tués sur autoroute alors qu'ils étaient à l’arrière ne portaient pas leur ceinture, contre 11 % dans les grandes agglomérations. « Moins les contrôles routiers sont fréquents, moins on se sent surveillé et plus on a tendance à relâcher ce geste pourtant vital », observe Christophe Ramond. Le non-port de la ceinture s'accompagne souvent d’autres comportements à risque. « Dans les accidents sans ceinture, on retrouve plus fréquemment l’alcool ou la vitesse. Ce sont des facteurs qui s’additionnent dans les accidents les plus graves », insiste-t-il. En effet, 36 % des conducteurs tués (et qui ne portaient pas de ceinture) étaient alcoolisés.

Si la situation s’améliore globalement, le directeur des études insiste toutefois sur un point souvent négligé : « Il ne suffit pas de mettre la ceinture, encore faut-il bien la mettre. Elle doit être réglée à la bonne hauteur sur l’épaule, passer sur le haut des cuisses et non sur le ventre, et sans épais manteau qui crée du jeu. »

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