Sécurité enfant : 2 parents sur 3 font cette erreur grave sans le savoir

Installer un enfant en voiture ne se résume pas à l’attacher : le choix du siège, son orientation ou encore le réglage de la ceinture sont déterminants pour la sécurité des plus jeunes. Pourtant, une étude récente révèle que dans près de deux cas sur trois, les enfants sont mal attachés en voiture. Ces erreurs, largement sous-estimées par les adultes, peuvent avoir des conséquences dramatiques. Reportage.

Marine Madelmond
Publié le 29/01/2026 à 13h33

Temps de lecture : 7 min

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Une étiquette apposée sur le siège confirme que le fabricant a obtenu l’homologation du système de retenue. ©iStock

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Installer correctement un enfant en voiture requiert une attention particulière. C’est un enjeu de sécurité majeur, rappelé régulièrement par les autorités publiques et les associations de prévention. Pourtant, malgré des messages de prévention, les mauvaises habitudes persistent chez les automobilistes.

À travers une récente étude, l’association Prévention Routière, le Centre européen d'études de sécurité et d'analyse des risques (CEESAR) et le Laboratoire d’accidentologie et de biomécanique (LAB) ont analysé une centaine d'accidents mortels impliquant des passagers de moins de 14 ans entre 2021 et 2023. Il en ressort que dans 46 % des cas, les enfants étaient mal installés ou utilisaient un dispositif de retenue inadapté.

Encore trop d'enfants tués sur les routes

Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 14 000 enfants ont été blessés sur les routes françaises en 2024, dont 700 gravement. Cette même année, 46 enfants sont décédés. Ces données confirment que la voiture reste un lieu de vulnérabilité pour les plus jeunes. Et si les accidents ne sont pas toujours évitables, leurs conséquences peuvent être largement atténuées par une installation adaptée.

« L'objectif est d'avoir zéro enfant tué sur les routes, rappelle Jacques Saadé, responsable méthodologie et études au sein du Ceesar. Près de 50 enfants tués sur les routes, c'est beaucoup. L'installation du siège est souvent mise en cause. Par exemple, l'enfant est seulement installé sur un rehausseur alors que ce n'est pas adapté car il n'y a pas de protection pour la tête. C'est très important d'avoir le matériel adéquat. »

Les erreurs d'installation les plus fréquentes

Près de deux enfants observés sur trois présentent au moins une erreur d’installation, notamment sur un rehausseur. La ceinture est en cause dans la majorité des cas : elle peut ne pas passer au bon endroit (41 %), être mal tendue ou vrillée (24 %) ou mal positionnée sur l'épaule (21 %). Dans 7 % des cas, l'enfant porte aussi un vêtement trop épais qui peut créer du jeu. Le responsable de l'enfant n'a souvent pas conscience de l'erreur et du danger qu'il représente : 78 % des conducteurs estiment que leur enfant était correctement installé au moment de l’enquête, alors que l’installation s’avère en réalité non conforme dans 59 % des cas.

Le dos à la route non négociable pour la sécurité des bébés

Certaines erreurs concernent des nourrissons installés trop tôt face à la route, alors que cette position est particulièrement dangereuse pour les enfants en bas âge. Comme le rappelle Christophe Ramond de l'association Prévention Routière, l’installation dos à la route reste pourtant essentielle pour les tout-petits : « Avant 15 mois, un enfant doit impérativement voyager dos à la route. Sa tête est plus grosse que le reste du corps et ses muscles cervicaux sont encore très fragiles. En cas de choc frontal, le plus fréquent dans les accidents, le siège dos à la route permet au dossier de retenir l’ensemble du corps, sans projeter la tête vers l’avant. Ce dispositif réduit fortement le risque de blessures graves au niveau du cou et de la tête. » En effet, comme le révèle également l'étude, les traumatismes les plus sévères chez les enfants mal attachés concernent en priorité la tête (54 %), suivie de la colonne vertébrale (15 %) et le thorax (13 %), des zones particulièrement sensibles en phase de croissance.

Enfin, Christophe Ramond insiste sur un élément souvent négligé : le troisième point d’ancrage des sièges équipés du système ISOFIX. Qu’il s’agisse d’une sangle ou d’une jambe de force, ce point joue un rôle clé en limitant la rotation du siège en cas de choc. Lorsqu’il n’est pas utilisé ou mal installé, le siège peut basculer vers l’avant et réduire considérablement la protection de l’enfant.

Bon à savoir

En France, le Code de la route impose l’utilisation d’un système de retenue adapté à la morphologie de tous les enfants de moins de 10 ans, sauf exception médicale. Le non-respect de cette règle expose le conducteur à une amende de 135 euros.

Une dynamique positive, malgré des erreurs persistantes

L’enquête souligne néanmoins des progrès par rapport à 2018, date de la dernière étude. Aujourd’hui, 89 % des enfants de moins de 10 ans utilisent un siège auto contre 80 % il y a 6 ans. La position dos à la route progresse nettement chez les nourrissons : 86 % des enfants de moins d’un an sont désormais installés dans ce sens, contre 71 % lors de la précédente étude. La fixation ISOFIX s’est également largement imposée, équipant 63 % des sièges à harnais en 2024, contre seulement 16 % en 2018. Chez les enfants de 5 à 8 ans, l’usage du rehausseur est lui aussi en augmentation.

Les conseils de l'association Prévention routière sur la sécurité des enfants en voiture. ©Roole
Les conseils de l'association Prévention routière sur la sécurité des enfants en voiture. ©Roole
Les conseils de l'association Prévention routière sur la sécurité des enfants en voiture. ©Roole

Les bons réflexes pour la sécurité des enfants en voiture

La règle est claire : pour tout trajet en voiture, un enfant doit être installé dans un dispositif de retenue adapté à son âge, à son poids et à sa taille. « Pour les tout-petits, on a tendance à vouloir passer à la génération suivante de siège, mais c'est une erreur, rappelle Christophe Ramond. Il faut aussi vérifier que le siège est bien compatible avec le modèle de véhicule. Si vous avez un ancien véhicule qui n'a pas d'ancrage ISOFIX, ne prenez pas de siège ISOFIX. Si vous avez trois enfants à mettre sur la banquette arrière, il faut vérifier que les trois sièges rentrent bien. Il peut y avoir une problématique de dimensions, selon la voiture.» Lorsque le siège bébé est installé dos à la route sur le siège passager avant, la désactivation de l’airbag est impérative : en cas de déclenchement, celui-ci peut provoquer de graves lésions, voire un risque d’écrasement ou d’étouffement pour l’enfant.

Autre réflexe essentiel : vérifier régulièrement l’installation. La croissance rapide des enfants implique d’ajuster souvent le harnais et l’appui-tête. Un contrôle visuel avant chaque trajet, même court, est une habitude simple et très importante.

Bon à savoir

Une étiquette apposée sur le siège confirme que le fabricant a obtenu l’homologation du système de retenue. Cette étiquette précise notamment pour quel enfant le dispositif est conçu, selon le poids avec la norme R44 ou la taille avec la norme R129. Il doit aussi y figurer un marquage « E » entouré d’un cercle, qui atteste de la conformité aux règles européennes, suivi d’un chiffre indiquant le pays ayant délivré l’homologation, comme le 2 pour la France.

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