Malgré un recul de 6 % par rapport à 2024, les vols de voitures restent à un niveau élevé en France. Selon le baromètre annuel Argos publié par France Assureurs, 44 104 voitures ont été volées en 2025, contre 47 144 en 2024 et 44 718 en 2023. Selon l’association 40 millions d’automobilistes, 94 % des vols seraient désormais réalisés à l'aide de procédés électroniques, permettant de s’introduire dans le système du véhicule, de neutraliser les sécurités et de repartir sans effraction visible, en seulement quelques minutes. « Le vol automobile s’industrialise. Nous faisons face à des réseaux criminels structurés, équipés d’outils électroniques capables de cibler tous les véhicules, partout en France. Les modèles les plus technologiques sont aussi les plus exposés, ce qui doit alerter les automobilistes sur la nécessité de renforcer leur protection », alerte Philippe Nozière, président de l'association.
Les principales cibles des voleurs : les voitures de type SUV. Si l’on rapporte les vols au nombre de véhicules en circulation, les modèles les plus volés en 2025 sont la Toyota RAV4, la Hyundai Tucson IV et la Toyota C-HR. Viennent ensuite dans le classement la Renault Mégane IV, la Renault Talisman, la Peugeot 508 II, la Peugeot 5008 II ou encore la Renault Clio IV.
Les vols de véhicules avec bris de glace sont presque devenus de l’histoire ancienne. Aujourd’hui, les voleurs privilégient le vol sans effraction, en utilisant des systèmes électroniques qui permettent de capter le signal de la clé de voiture. Tout se passe à distance ou presque. C’est ce qu’on appelle le « mouse jacking », littéralement « vol à la souris ». Ce terme est aujourd’hui utilisé pour désigner différentes techniques de piratage électronique permettant de voler une voiture sans effraction.
Parmi les techniques récentes de mouse jacking, on retrouve ce mode opératoire : les voleurs – souvent en binôme – repèrent une voiture garée dans une cour ou un jardin. Ils utilisent ensuite un amplificateur d’ondes pour capter le signal émis par la clé restée à l’intérieur du domicile. Grâce à ce signal, ils peuvent relayer ou reproduire le signal de la clé à distance pour déverrouiller le véhicule. Cette technique est appelée « relay attack » (attaque par relais). Une fois les portes ouvertes, les voleurs peuvent démarrer immédiatement la voiture et repartir avec.
Autre méthode tout aussi redoutable : les voleurs se tiennent non loin d’un véhicule et utilisent un brouilleur d’ondes pour empêcher la voiture de se verrouiller lorsque le conducteur appuie sur sa clé. Ce piratage annule l’action de fermeture de la voiture. Mise en situation : vous allez faire vos courses et vous vous garez sur le parking d’un centre commercial. En quittant votre véhicule, vous appuyez sur le bouton de votre clé pour le verrouiller. Vous pensez que la voiture est fermée. Pourtant, elle ne l’est pas. Cette technique est appelée « jamming » (brouillage du signal).
Enfin, une autre méthode consiste à relever le numéro de série du véhicule (VIN), généralement visible en bas du pare-brise côté conducteur. À partir de ce numéro, un professionnel complice peut fabriquer un double de la clé permettant d’ouvrir la voiture.
Les automobilistes peuvent se prémunir contre le mouse jacking grâce à des astuces simples. Il est ainsi recommandé de toujours garder sa clé éloignée de la porte d’entrée ou des fenêtres de son domicile, et à distance du véhicule (au moins quelques mètres). On peut aussi protéger sa clé en la glissant dans un étui qui bloque la transmission des ondes (ou l'envelopper dans de l’aluminium) ou encore recourir à un antivol placé au niveau du volant du véhicule par exemple.
Malgré ces précautions, le risque de vol ne peut jamais être totalement écarté. En cas de vol, certaines démarches doivent être effectuées rapidement.