Les dashcams sont-elles une vraie protection en cas d’accident ?
Déjà adoptées par les flottes d’entreprises (livraison, transport routier…), les dashcams fleurissent sur les pare-brises des particuliers. Sur le papier, ces petites caméras embarquées peuvent apporter de précieuses preuves en cas de sinistre, mais les images collectées ne suffisent pas forcément à obtenir gain de cause. Protection renforcée, assurance moins chère : que peuvent réellement espérer les utilisateurs de dashcams ?

Pour comprendre ce que ces caméras peuvent réellement apporter, encore faut-il savoir comment elles fonctionnent et dans quelles conditions leurs images peuvent être utilisées.
La dashcam, une caméra qui tourne en boucle
Les dashcams, littéralement caméras de tableau de bord, sont braquées vers la route et filment en continu votre trajet avec un large angle frontal d’au moins 120 degrés. Une deuxième caméra peut également filmer vers l’arrière du véhicule. La qualité de définition permet de distinguer de nombreux détails comme les numéros d’immatriculation. « Les images sont stockées sur une carte mémoire et s’effacent automatiquement au bout de plusieurs heures d’enregistrement en boucle, explique Jordan Villatier, fondateur de Suricapt, importateur spécialisé depuis 2020. Un capteur gyroscopique intégré détecte le moindre coup de frein ou coup de volant brusque, mais aussi les accrochages ou collisions. Cela permet de « marquer » une séquence spécifique sur la vidéo. On peut alors extraire plus facilement les secondes qui précédent et qui suivent un événement ». Rétroactivement, la vidéo peut devenir une preuve utile pour comprendre qui est responsable d’un accident par exemple.
Bon à savoir
Les dashcams les plus sophistiquées peuvent filmer à 360 degrés (c'est-à-dire qu'elles filment également l’habitacle). Elles sont dotées d’une vision nocturne et disposent d’une surveillance parking 24 heures sur 24, envoyant une alerte sur smartphone en cas de choc. Une dashcam coûte entre 200 et 700 euros, hors installation.
Le constat amiable prévaut toujours
Sous condition de respect de la vie privée, une vidéo de dashcam peut être acceptée et analysée par les compagnies d’assurance, mais elle n’est pas suffisante pour régler un sinistre. « Le constat amiable reste la pièce centrale du dossier, rappelle Olivier Moustacakis, directeur général d’Assurland. En cas de litige entre conducteurs, les remarques de chaque partie doivent figurer sur le constat. Vous pouvez indiquer dans la case « observations » : accident enregistré par dashcam, vidéo disponible. Le constat amiable fera toujours foi mais dans un deuxième temps, la vidéo peut être prise en compte par les assureurs et, le cas échéant, devant un tribunal. »
La vidéo vient soutenir l’argumentation dans un dossier complexe (carambolage par exemple) après le constat, les témoignages et les rapports de police. Elle peut également servir à accélérer la procédure d’indemnisation. « Une séquence vidéo peut éviter à l’assureur de mandater un expert si la nature du sinistre est clairement identifiée. Mais un expert reste pertinent pour établir le chiffrage des réparations », souligne Olivier Moustacakis.
Bon à savoir
Les premières dashcams sont apparues au Japon et en Corée du Sud dans les années 90, notamment à destination des forces de police pour renforcer la sécurité routière. Le développement à grande échelle de ces caméras embarquées s’est fait dans les années 2000 en Russie, aux Etats-Unis et arrive progressivement chez nous.
La surveillance en mode « parking » : pas une valeur sûre
Ces caméras peuvent également surveiller autour de votre voiture en stationnement, 24 heures sur 24. Mais ce type de preuve est plus délicat à prendre en compte pour les assureurs. « Si la caméra filme la voie publique ou des personnes en continu sans justification d’un intérêt légitime, cela peut prêter à interprétation, donc les assureurs peuvent contester le cadre légal de cette vidéo et la refuser », explique Olivier Moustacakis. Surveiller un espace public est en effet très réglementé en France1↓.
Des tarifs d’assurance en baisse pour les utilisateurs de dashcam ?
A l’avenir, rouler avec une dashcam va-t-il faire baisser le montant de votre prime d’assurance ? « Aujourd’hui, ces dispositifs ne servent pas à déterminer le tarif d’assurance, mais on peut supposer que les gens qui ont une dashcam font preuve d’une conduite plus vertueuse. Si statistiquement les propriétaires de caméras ont moins d’accidents, il pourrait y avoir un impact à la baisse sur le montant de leurs primes. Ce sera variable d’un assureur à l’autre », affirme le directeur général d’Assurland.
Bon à savoir
Un possesseur de dashcam qui serait témoin d’un accident peut envoyer sa vidéo aux forces de l’ordre pour enquête. Les dashcams sont horodatées et souvent géolocalisées, ce qui renforce la valeur des images comme preuves authentiques et difficiles à falsifier.
Les dashcams, pas autorisées partout
Les dashcams suscitent un intérêt grandissant de la part des automobilistes. Attention toutefois aux pays qu’ils traversent, car l’utilisation de ces caméras embarquées est très encadrée selon les destinations. Interdites au Portugal, strictement réglementées en Autriche, au Luxembourg ou en Suisse, les dashcams sont tolérées en Allemagne et en Belgique, dans le respect de la protection des données personnelles.
- ↑ : Source : https://www.cnil.fr/fr/la-videoprotection
















