A partir du 7 juillet 2026, tous les véhicules neufs vendus dans les pays de l’Union européenne devront intégrer des systèmes d’avertissement de la distraction du conducteur (ADDW pour Advanced Driver Distraction Warning).
Dans l’habitacle, une caméra embarquée et différents capteurs analyseront en temps réel les signes d’inattention. A plus de 20 km/heure, si le regard du conducteur dévie de la route pendant plus de six secondes, le système électronique de la voiture émettra une alarme. Au-dessus de 50 km/h, la fréquence des alertes passera à 3,5 secondes.
Désactivation possible par le conducteur
Tous les véhicules neufs devront aussi disposer d’un freinage d’urgence autonome couplé à un système de détection des piétons et des cyclistes. L’ADDW et le freinage d’urgence pourront être désactivés à chaque trajet par le conducteur mais ils seront réactivés automatiquement à chaque démarrage.
En plus de ces aides à la conduite, les véhicules neufs devront aussi embarquer une « boîte noire » capable d’enregistrer des données de circulation juste avant un accident de la route (vitesse, position du véhicule sur la route, activation des freins…)
Des données personnelles sensibles
Les données collectées par ces « boîtes noires », « pourront être communiquées aux autorités nationales, pour les seuls besoins de l’étude et de l’analyse des accidents », précise le General Safety Regulation II (GSR II), la réglementation européenne à l’origine de ces nouveautés. Pour le moment, ni la police, ni les assurances ne pourront y avoir accès.
La réglementation européenne interdit aussi la communication à un tiers des données collectées sur l’inattention au volant. Une fois qu’elles auront été traitées « en circuit fermé » par les systèmes ADDW, ces données personnelles devront être immédiatement effacées.
La généralisation des aides à la conduite
Entré en vigueur en 2022, le GSR II a progressivement rendu obligatoire plusieurs aides à la conduite qui font aujourd’hui partie du quotidien des automobilistes : aide au maintien dans la voie, alerte de survitesse, signal lumineux de freinage d'urgence…
Les dernière nouveautés du GSR II sur les véhicules neufs sont en réalité déjà connues de certains automobilistes puisqu’elles sont déjà embarquées dans tous les véhicules homologués après 2024. A partir de juillet, ces nouvelles aides à la conduite s’appliqueront aussi aux véhicules neufs mais homologués avant 2024.
Sauver des vies… Et tester la voiture autonome
En généralisant ces systèmes intelligents, l'Europe ambitionne de sauver 25 000 vies et d’éviter au moins 140 000 blessés graves d'ici à 2038 sur les routes du Vieux continent, selon les estimations de la Commission européenne.
L’inattention est l’une des principales causes de mortalité au volant. Selon un sondage Ipsos mené auprès d’un panel d’Européens, 43% des automobilistes déclarent téléphoner en Bluetooth au volant. 39% paramètrent leur GPS pendant qu'ils conduisent et 24% en profitent pour écrire des SMS.
Dans les années à venir, ces systèmes d’aide à la conduite pourraient aussi s’enrichir de nouvelles fonctionnalités. En juin 2025, l’entreprise suédoise Smart Eye présentait l’une des premières caméras embarquées capables de détecter l’état d’ébriété d’un conducteur. Pour le moment, cette piste a été écartée par le législateur européen.
Autre objectif du GSR II : préparer le terrain au véhicule sans conducteur, comme l’expliquait Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission européenne chargé du numérique, à l’époque de l’adoption du texte : « Nous veillons à ce que nos règles nous permettent d'introduire en toute sécurité des véhicules autonomes et sans conducteur dans l’Union européenne ».