Une équipe de chercheurs de l’Université de Californie (UCLA) a mesuré la qualité de l’air autour de 50 stations de recharge rapide dans 47 villes du comté de Los Angeles. Les résultats sont surprenants : la concentration en particules fines (PM2,5) variait de 7,3 à 39 µg/m³. Sur près de la moitié des sites évalués, elle dépassait la limite de 15 µg/m³ recommandée par l’OMS pour une exposition quotidienne. Ces niveaux sont non seulement supérieurs à ceux mesurés en milieu urbain (7 à 8 µg/m³), mais aussi à ceux relevés dans des stations-service classiques (12 µg/m³ en moyenne) !
Pour comprendre l’origine de cette pollution, plusieurs pistes ont été étudiées : combustion, vapeurs, ozone… Toutes ont été écartées. Les chercheurs pointent plutôt la ventilation des armoires électriques. Ces équipements, qui convertissent le courant alternatif en courant continu, dégagent beaucoup de chaleur. Pour éviter la surchauffe, ils utilisent de puissants systèmes de ventilation. Résultat : un brassage de l’air qui remet en suspension des particules issues de l’usure des pneus et des freins, mais aussi des poussières présentes au sol.
Des prélèvements spécifiques ont montré des niveaux anormalement élevés de baryum, cuivre et zinc – des métaux typiques de l’usure des freins et des pneus – ainsi que de calcium, aluminium et fer, indicateurs de poussière de voirie. Autour des armoires électriques, les concentrations étaient parfois trois fois supérieures à celles mesurées près des bornes de recharge sans armoire à proximité.
En France, les niveaux de particules fines sont suivis par les associations de surveillance de la qualité de l’air (Airparif, Atmo France). Le seuil d’alerte journalier pour les PM2,5 est fixé à 50 µg/m³, contre 15 µg/m³ en moyenne journalière recommandée par l’OMS.
Les chercheurs proposent plusieurs pistes pour minorer l’impact de cette pollution : équiper les armoires de filtres anti-poussière et améliorer la circulation de l’air en évitant d’installer ces bornes près des écoles, des hôpitaux ou des crèches. Côté usagers, quelques gestes simples peuvent réduire l’exposition comme ne pas rester stationné trop longtemps près de ces armoires électriques, ou privilégier les heures creuses quand la fréquentation est moindre – les concentrations les plus élevées ayant été relevées entre 7 heures et 21 heures.
En France, aucune étude spécifique n’a pour l’instant évalué l’impact des bornes de recharge rapide sur la qualité de l’air. Au 31 juillet 2025, on comptait plus de 174 500 bornes de recharge ouvertes au public dans l’Hexagone, dont environ 35 000 points de charge rapide (de 50 à 350 kW).