Écoconduite en voiture électrique : 10 bons réflexes pour réduire sa consommation

La voiture électrique obéit à des règles de consommation bien spécifiques, parfois différentes de celles des modèles thermiques. Vitesse, température, aérodynamisme ou habitudes de recharge influencent directement l’autonomie. Bonne nouvelle : quelques ajustements suffisent pour gagner plusieurs dizaines de kilomètres, sans bouleverser ses habitudes.

Guillaume Coche
Publié le 04/01/2026

Temps de lecture : 10 min

Une femme au volant d'une voiture avec un écran de navigation
Au volant d'une voiture électrique, il y a de bons réflexes à adopter pour limiter sa consommation et gagner de précieux kilomètres d'autonomie. ©iStock-Julia Kozlov

Avec une voiture électrique, l’écoconduite prend une dimension particulière : la vitesse, le chauffage, l’aérodynamisme ou encore les habitudes de recharge influencent directement l’autonomie. En adoptant quelques réflexes simples, il est possible de gagner plusieurs dizaines de kilomètres d’autonomie sans effort… et de préserver votre batterie.

Rouler à 110 km/h plutôt qu'a 130 km/h

Choisir de rouler moins vite sur autoroute permet de réduire significativement sa consommation. Au-delà de 110 km/h, chaque tranche de 10 km/h fait grimper la consommation de manière notable. Réduire sa vitesse de 10 à 20 km/h peut faire gagner plusieurs dizaines de kilomètres d’autonomie, voire éviter une recharge.

Maîtriser le freinage régénératif

À la différence d’une voiture thermique, une voiture électrique peut récupérer une partie de son énergie cinétique lors des phases de freinage, de décélération ou de descente, pour la stocker directement dans la batterie. Ce principe, appelé freinage régénératif, constitue un véritable atout pour préserver l’autonomie du véhicule.

Ce frein moteur est souvent symbolisé par la lettre « B » (pour brake) sur le levier de vitesses. Sur certains modèles, son intensité peut être modulée à l’aide de palettes situées derrière le volant, allant d’un niveau faible, proche de la « roue libre », à un freinage plus marqué pouvant conduire à l’arrêt complet sur certains véhicules, comme avec le système « One Pedal ». « C’est très utile en ville : grâce aux arrêts fréquents, on peut récupérer jusqu’à 25 % de l’énergie utilisée », souligne Jérémie Noirot, électromobiliste et cofondateur de Revolte, start-up spécialisée dans la réparation de véhicules électriques et hybrides. Le freinage régénératif contribue ainsi à gagner de précieux kilomètres d’autonomie tout en limitant l’usure des plaquettes et des disques de frein.

Bon à savoir

Comme avec une voiture thermique, il est recommandé d'éviter les accélérations fortes ou les freinages brusques. Accélérer brusquement gaspille de l’énergie : la voiture chauffe davantage et l’autonomie chute rapidement.

Utiliser la climatisation et le chauffage intelligemment

Les voitures électriques les plus anciennes disposent d’une résistance particulièrement énergivore (jusqu’à 6 kW de puissance) pour faire fonctionner la climatisation et le chauffage. Les modèles plus modernes sont équipés d’une pompe à chaleur réversible, un générateur de 0,5 à 2 kW de puissance, qui récupère et convertit les calories de l’air ambiant. « Lorsqu’il fait froid dehors, n’hésitez pas à activer la fonction recyclage de l’air intérieur, déjà tempéré, conseille Jérémie Noirot. Cela évite de trop tirer sur la batterie. » La perte d’autonomie est beaucoup plus prononcée avec un système à résistance. Pour limiter la consommation, il est préférable, lorsque le véhicule en est équipé, de privilégier le chauffage du siège et/ou du volant plutôt que d’activer le chauffage de l’ensemble de l’habitacle lorsque vous êtes seul à bord.

Bon à savoir

Pour éviter de surconsommer, certaines voitures électriques (par exemple chez Kia et Hyundai) disposent d’une fonction « driver only » n’activant la ventilation et climatisation que du côté conducteur, lorsque vous êtes seul à bord.

À noter que l’utilisation de la radio ou du système d’info-divertissement et la recharge des objets connectés ont des consommations marginales et sont souvent alimentés par une petite batterie 12V complémentaire. Ces équipements n’ont donc aucune incidence sur l’autonomie globale de la batterie de traction.

Activer le mode « éco »

Le mode éco limite principalement la puissance du moteur et réduit le couple maximal disponible, ce qui permet d’économiser de la batterie lors des phases d’accélération. Cette fonction peut diminuer la consommation de 5 à 15 % : son impact est donc réel mais variable selon le type de conduite. Sur certains modèles, le mode « éco » agit en priorité sur la climatisation et le chauffage et n’a aucune influence sur les performances du moteur.

Adapter l’usage des fenêtres selon la vitesse

À faible allure (moins de 50 km/h), l’impact d’une vitre baissée sur la traînée aérodynamique reste limité : rouler fenêtres ouvertes a alors peu d’effet sur l’autonomie. En revanche, sur voies rapides, rouler fenêtres grandes ouvertes est à proscrire : cela dégrade l’aérodynamisme du véhicule et peut entraîner une surconsommation de 5 à 15 % selon la vitesse. À ces vitesses, il est donc préférable d’opter pour la climatisation, utilisée avec modération. En été, son impact énergétique reste généralement inférieur à celui du chauffage en hiver, « car l’écart de température avec l’air extérieur est plus faible », explique Jérémie Noirot.

Planifier ses trajets avec une application de navigation

La plupart des applications de navigation proposent désormais des « itinéraires plus économes ». Ils ne sont pas nécessairement plus courts, mais le profil des routes empruntées vous fera économiser quelques précieux kilowattheures. « Les planificateurs de trajet embarqués dans les modèles récents jouent également ce rôle “éco” », explique Jérémie Noirot. En évitant les autoroutes et voies rapides, plus énergivores, et en privilégiant les routes dont la limitation de vitesse est plus basse, on économise de l’énergie. Certes, le système nous fera arriver plus tard à destination, mais au bout du compte, le gain est réel, car on n’aura pas forcément besoin de recharger sur une borne publique pour parcourir les derniers kilomètres restants. »

Bien entretenir sa voiture : vérifier la pression des pneus

Comme pour une voiture thermique, l’entretien régulier d’une voiture électrique, en particulier la vérification de la pression des pneus, permet de réaliser des économies d’énergie. Rouler avec des pneus correctement gonflés limite la résistance au roulement, facteur de surconsommation et de perte accélérée d’autonomie. Un sous-gonflage d’environ 0,3 bar par rapport à la pression recommandée peut en effet entraîner une hausse de consommation de l’ordre de 3 %, soit 0,5 kWh sur 100 km et près de 2,5 kWh sur 500 km parcourus.

Alléger son véhicule et optimiser son aérodynamisme

L’impact aérodynamique d’une galerie ou d’un coffre de toit est particulièrement significatif pour une voiture électrique, dont la pénétration dans l’air doit être la plus fluide possible pour éviter les frottements. La surconsommation peut en effet atteindre 25 %. Par exemple, le transport d’un kayak sur le toit d’une Tesla Model 3 représente une consommation de 4 kWh/100 supplémentaires, alors que la voiture est homologuée à 16,5 kWh/100 km en moyenne. Évitez aussi de transporter des charges lourdes à bord si vous n’en avez pas l’utilité.

Privilégier la recharge à domicile et préconditionner sa batterie

Au-delà de la conduite, la façon dont on recharge sa batterie joue aussi un rôle important dans l’autonomie. Charger sa voiture à la maison et prendre la route batterie pleine, c’est d’abord l’assurance de faire des économies, sans avoir à trouver une borne de recharge sur la route. Avant de recharger, il peut être opportun de préconditionner la batterie : plus une batterie est froide ou chaude, plus elle a du mal à recevoir de l’énergie. Le préconditionnement permet d’atteindre une température optimale afin de charger plus vite et de moins solliciter la batterie. « Une batterie préchauffée reçoit plus facilement l’électricité dans ses cellules », souligne Jérémie Noirot. En outre, l’hiver, il est judicieux de préchauffer l’habitacle pendant la recharge.

Bon à savoir

Pour préserver la batterie sur le long terme, il est conseillé de privilégier les recharges lentes en courant alternatif (AC), moins stressantes pour les cellules que les charges rapides répétées.

Préconditionner sa batterie en route

Cette opération de préconditionnement peut aussi se réaliser lors d’un trajet vers une borne de recharge : en utilisant le système de navigation embarqué et en sélectionnant une borne de recharge sur votre chemin, vous pourrez choisir de préconditionner votre batterie, afin de l’amener à sa température optimale, pour optimiser la recharge et le fonctionnement du véhicule, aussi bien par temps chaud que par temps froid.

Bon à savoir

Lorsque les températures extérieures sont négatives, une batterie de voiture électrique peut perdre entre 15 et 30 % de son autonomie. Et jusqu’à 40 % en cas de froid intense couplé à une forte utilisation du chauffage.

Suivre les recommandations de l’ordinateur de bord

L’ordinateur de bord des voitures électriques accompagne le conducteur, en donnant des indications à suivre lorsque la batterie est presque vide : réduire sa vitesse, couper la climatisation ou le chauffage. Ces recommandations s’imposent même d’office lorsque la voiture roule sur la réserve. Il est toujours utile de garder un œil sur ces conseils et de les appliquer dans la mesure du possible.

Adopter ces réflexes d’écoconduite en électrique permet d’économiser de précieux kilomètres d’autonomie, de limiter l’usure des freins et de préserver la batterie sur le long terme, tout en conservant un réel confort de conduite.

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