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Voiture électrique : les bons réflexes pour faire durer la batterie

Par Eva Gomez

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La durée de vie d’une batterie de voiture électrique dépend beaucoup de l’usage qu’on en fait. Nous avons demandé à deux experts de partager leurs conseils.

L’élément-clé d’un véhicule électrique étant sa batterie, il est essentiel de faire en sorte qu’elle reste performante le plus longtemps possible. Pour optimiser sa durée de vie, il y a des pratiques à privilégier... et d’autres à bannir !

Les bons gestes de recharge

Le comportement de recharge est sans conteste le facteur numéro 1 pour garantir la bonne santé d’une batterie électrique. La première précaution à prendre est de ne pas abuser de la recharge rapide. « Un véhicule électrique n’aime fondamentalement pas les recharges qui vont perturber la chimie de sa batterie, donc les recharges rapides ou ultra-rapides sont à éviter massivement : on dit souvent qu’une recharge rapide équivaut à 7 recharges en AC [courant alternatif, Ndlr] », explique François Gatineau, fondateur du cabinet de conseil Mobileese, spécialisé dans la mobilité électrique. Ainsi, une recharge rapide sur la route des vacances de temps en temps ne sera pas néfaste et fera gagner du temps, mais il faut les éviter au maximum pour des besoins du quotidien. Une recharge à 7 kW ou 22 kW est dans la majorité des cas largement suffisante et moins dommageable pour le véhicule.

Bon à savoir

Un cycle de charge correspond au passage de 0% à 100%. Les batteries électriques sont composées de cellules qui sont sollicitées à chaque charge et décharge et qui, au fil du temps, perdent de leur capacité de charge.

Par ailleurs, le niveau de charge idéal pour une batterie est compris entre 20 et 80%. La maintenir autant que possible entre ces deux niveaux est une bonne pratique. « Il faut bien connaître ses habitudes et l’autonomie de son véhicule. Ensuite, on sait parfaitement quand et comment recharger », rassure Abel Santirso, responsable des ventes chez Ctek, leader dans le soin et l'entretien des batteries de véhicules. N'oubliez pas non plus de prendre en compte les recommandations du constructeur, car selon le type de batterie, les comportements de charge ne sont pas exactement les mêmes.

L’écoconduite pour préserver l’autonomie

Une fois que tous ces bons gestes sont ancrés, adopter des réflexes de l’écoconduite permet de conserver l’autonomie de son véhicule le plus longtemps possible. « Les voitures électriques sont dotées de systèmes de freinage régénératif, ce qui fait que si on a une conduite très souple et qu’on anticipe (…), ça aide à se recharger légèrement ou du moins à moins consommer », rappelle François Gatineau. « Il y a aussi des trucs tout bêtes : par exemple, quand il y a un feu qui risque de passer au rouge, il faut anticiper suffisamment pour s’arrêter quasiment sans freiner. (…) Ou aux ronds-points, il faut faire en sorte de ne pas s’arrêter et de toujours garder suffisamment de vitesse pour se relancer dans la rotation en évitant de repartir de 0 km/h. Sinon vous serez obligé d’accélérer et donc d’avoir un effet de consommation très fort », détaille-t-il. Sur autoroute, garder une vitesse constante à 110 km/h permet également de conserver l’autonomie.

Quel comportement face aux températures extrêmes ?

Comme les véhicules thermiques, les voitures électriques n’aiment pas les températures extrêmes. L’hiver, l’autonomie peut chuter de 30 à 50% et la recharge sera plus lente. Il est notamment conseillé d’allumer le chauffage avant de partir, lorsque la voiture est branchée, en programmant le pré-conditionnement de la batterie, ou de privilégier l’utilisation de périphériques additionnels de chauffage moins énergivores, comme les sièges ou le volant chauffants. L’été, les chaleurs extrêmes mettent également les batteries à rude épreuve. « Les batteries sont très perturbées dans leur fonctionnement et peuvent même se dégrader si vous garez votre véhicule sous des fortes températures au soleil : il faut privilégier les endroits à l’ombre dès que vous le pouvez, même si c’est un peu plus loin de votre destination », conseille François Gatineau. « Il faut aussi éviter de recharger la voiture pendant les pics de chaleur, car le fonctionnement des bornes de recharge peut aussi être impacté », ajoute-t-il. Il est donc recommandé de privilégier les trajets de nuit ou matinaux et de garer, dans la mesure du possible, le véhicule à l’ombre. Mais Abel Santirso rassure : « Il n’y aura pas de départ d’incendie à cause du soleil et des fortes chaleurs ! C’est surtout que ça affecte clairement la santé de la batterie. »

Tordre le cou aux idées reçues

Car en effet, les mythes autour de la voiture électrique et de sa batterie sont légion. Mais la batterie risque-t-elle vraiment de prendre feu si on gare une voiture électrique au soleil ? « L’incendie d’une batterie au lithium est surtout déterminé par une cassure. Si le lithium est en contact avec l’air, il peut se produire un emballement et donc un incendie. Un défaut de charge d’un chargeur peut aussi provoquer l’éclatement des cellules de protection de la batterie… Mais c’est très rare et je n’ai jamais entendu le cas d’un incendie généré par le soleil », assure Abel Santirso. François Gatineau abonde : « Il n’y pas plus d’incendies sur les véhicules électriques que sur les véhicules thermiques. C’est extrêmement rare mais quand ça arrive, l’incendie est plus impressionnant car la dose énergétique emmagasinée dans la batterie est beaucoup plus forte. »

De même, ce n’est pas parce que vous laissez votre véhicule électrique à l’arrêt sur une période prolongée que la batterie perdra de sa capacité. « Cela ne pose aucun problème si vous avez une charge comprise entre 20 et 80% sur votre véhicule. Il faut en revanche éviter de laisser la voiture rechargée à 100% », conseille le président de Mobileese.

Surveillance et entretien de la batterie

Enfin, il faut savoir détecter les signes de faiblesse de la batterie, en s’appuyant notamment sur le SOH (State of health), qui indique la capacité de la batterie par rapport à son état initial. Les constructeurs sont en mesure de vous communiquer cette information. « Certains professionnels peuvent aussi établir de manière certifiée le niveau de santé de la batterie, qui est utile notamment pour la revente », précise François Gatineau. La perte d’autonomie est le premier signe de faiblesse de la batterie, qui doit être révisée et entretenue régulièrement – dans l’idéal une fois par an – par des professionnels habilités. Et Abel Santirso rappelle que parfois, ce n’est pas la batterie électrique qui fait défaut, mais la batterie 12V, que l’on trouve également dans les véhicules thermiques. « Il faut aussi veiller à ce que cette batterie 12V soit chargée et maintenue ! », conseille-t-il pour conclure.