Coup d'accélérateur pour les mini-voitures électriques : la Commission européenne veut favoriser l'émergence d'une catégorie de petits véhicules accessibles, produits en Europe. Une riposte industrielle face à la montée en puissance de la Chine, mais aussi une réponse aux attentes des automobilistes européens.
La kei car, cette microvoiture populaire au Japon, commence à inspirer les stratégies européennes. Dans son discours sur l'état de l'Union du 10 septembre 2025, Ursula von der Leyen a défendu la création d'une E-car européenne : « E comme écologique – propre, efficace et légère ; E comme économique – à prix abordable ; et E comme européenne, produite en Europe, avec des chaînes d'approvisionnement européennes. »
Cette ambition a été concrétisée le 16 décembre 2025 dans le « paquet automobile » présenté par la Commission européenne, « pour un secteur automobile propre et compétitif ». Il acte la création d'une catégorie de Small Affordable Cars, d'une longueur maximale de 4,20 mètres, dont la production pourrait être soutenue par des incitations ciblées. « Cela permettra aux États membres et aux autorités locales de mettre au point des incitations ciblées, stimulant ainsi la demande de petits véhicules électriques fabriqués dans l'UE », affirme la Commission.
La kei car japonaise ne doit pas dépasser 3,40 mètres de long 1,48 mètre de large et 2 mètres de haut. Sa puissance est limitée à 64 chevaux. Elle bénéficie d'avantages fiscaux et d’une réglementation allégée. En 2023, elle représentait près de 40 % du marché automobile japonais.
L’intérêt européen pour ce type de véhicule a été relancé à l’automne 2024 par des chercheurs français du réseau Gerpisa, qui proposaient une réglementation inspirée du modèle japonais. Un signal capté par l'industrie : en juin 2025, John Elkann, président du conseil d’administration de Stellantis, appelait lui aussi à créer une « e-car européenne », soulignant que l’Europe comptait encore 49 modèles à moins de 15 000 euros en 2019, contre un seul en 2025. Selon lui, cette chute spectaculaire est due à l’alourdissement des normes.
L’objectif est donc double : proposer des véhicules à la fois moins chers et plus sobres, tout en recréant une offre industrielle européenne sur ce segment délaissé au profit de modèles toujours plus gros.
Cette ambition pose cependant de nombreux défis : comment produire localement des véhicules électriques très compacts à des coûts compétitifs ? Comment soutenir une filière européenne face à la concurrence asiatique, déjà bien positionnée sur ce créneau ? Et quelle place donner à ces petits véhicules dans les politiques publiques ?
Pour stimuler cette nouvelle offre, la Commission prévoit des incitations spécifiques : « Avant 2035, les constructeurs automobiles pourront bénéficier de super crédits pour les petites voitures électriques abordables fabriquées dans l'Union européenne. Cela encouragera le déploiement sur le marché de modèles de véhicules électriques plus petits », indique l'exécutif européen. Un levier de plus pour faire émerger une vraie filière européenne de mini-voitures électriques accessibles. La balle est désormais dans le camp des constructeurs, appelés à innover sur ce segment, mais aussi des États membres, invités à accompagner la demande. Pour que l'Europe ait enfin ses propres mini-voitures électriques populaires.