Les 15 et 22 mars prochains, les Nîmois éliront leur nouveau conseil municipal. Et la mobilité s'annonce comme l'un des principaux enjeux. Stationnement, transports en commun, vélo, transition écologique : les déplacements du quotidien pèsent lourd dans leurs préoccupations. Rencontre avec quelques habitants, à l'occasion d'un micro-trottoir réalisé près des arènes, début février 2026.
Le centre-ville de Nîmes dispose de 5 100 places de stationnement payant réglementées sur voirie. Les automobilistes peuvent bénéficier de 30 minutes gratuites par jour et par véhicule, en enregistrant leur immatriculation à l’horodateur ou via une application mobile comme PayByPhone, Flowbird ou EasyPark. Des emplacements « arrêt-minute », gratuits 15 ou 30 minutes toute la journée, complètent l'offre près des commerces.
Les résidents nîmois possédant un véhicule électrique, hybride, GPL, GNV, SuperÉthanol E85 ou mesurant moins de trois mètres peuvent bénéficier de deux heures de stationnement gratuites par jour.
Malgré ces initiatives, le stationnement reste le principal point noir pour les habitants interrogés. « Il n'y a pas beaucoup de places de stationnement pour le nombre d'habitants qu'on est », regrette une jeune étudiante. Faute de places en voirie, elle doit souscrire un abonnement dans un parking souterrain : 135 euros par mois. Le prix à payer « pour pouvoir se garer tous les jours, plus facilement », confie-t-elle.
Pendant les grandes manifestations comme la Feria de Nîmes, il est presque impossible de circuler ou de se garer facilement. « Je sais que c'est toujours une galère, mais c'est une galère dans beaucoup de villes, dans les grandes métropoles notamment. Surtout en période de Feria, ce n'est pas toujours facile de se garer correctement, de manière sécurisée, qu'on profite de la fête ou pas », témoigne une Nîmoise. Durant ce genre d'évènements, le centre-ville se retrouve saturé, rendant les déplacements particulièrement compliqués, même pour ceux qui ne participent pas aux festivités. Un autre Nîmois souligne également des contraintes pratiques : « Les places de parkings en sous-sol sont très petites. Le parking de la gare par exemple, il faut vraiment faire attention. » Entre pénurie de places et coût élevé des parkings souterrains, plusieurs Nîmois estiment que les mesures actuelles ne répondent pas aux besoins, notamment pour les jeunes et les ménages modestes.
Côté transports en commun, le bilan est plutôt positif. Bus et tram'bus sont appréciés pour leur efficacité et leur couverture du territoire. Mais certains usagers pointent des ratés : retards, horaires irréguliers, arrêts mal desservis. « À Bezouce (commune située à une vingtaine de kilomètres de Nîmes, NDLR), il y a deux ou trois bus dans la journée, explique un passant. On est obligés de prendre la voiture. »
La gratuité des transports en commun pour les plus de 70 ans est, elle, bien identifiée. Une mesure perçue positivement, mais plusieurs habitants aimeraient qu'elle soit élargie aux jeunes ou au week-end. « Peut-être rendre les transports gratuits le dimanche, comme pour les musées le premier dimanche du mois », suggère une femme interrogée.
Lancé en mai 2025, le service de vélo en libre-service, NemoVélo, compte 52 stations et 400 vélos répartis dans la ville. « Je trouve ça très bien de la part de la mairie car on peut se déplacer autrement et plus écologiquement », affirme la jeune étudiante, convaincue par cette alternative au tout-voiture. Une autre habitante souligne l’aspect pratique du dispositif : « Il y a un abonnement (…) qui n'est pas très élevé avec des bornes relais à des points stratégiques, près des établissements scolaires, la gare, les arènes. »
Les Nîmois interrogés ne manquent pas d'idées pour améliorer les déplacements dans leur ville. Et ils comptent sur le futur maire pour les mettre en œuvre. « Il faudrait continuer NemoVélo mais aussi penser aux jeunes et étendre le service au niveau des trottinettes », suggère une jeune femme. Un autre Nîmois estime qu’« il y a très peu de bornes de recharge, en dehors des parkings souterrains. Ce serait peut-être bien qu'il y en ait un peu plus ». D’autres souhaitent « créer plus de places de stationnement en extérieur dans le centre-ville ». Autant de pistes qui pourraient nourrir le débat local sur l’avenir de la mobilité à Nîmes.