La Route des phares, dans le Finistère, est incontestablement l'une des plus belles de France. Depuis le phare de Pontusval à Brignogan-Plages jusqu'au phare du Kador à Morgat, au sud de la presqu'île de Crozon, cet itinéraire longe la côte sur près de 200 kilomètres. La Route des phares compte 20 phares qui se dressent sur terre, en mer ou sur les îles au large de la côte : une concentration exceptionnelle qui raconte quatre siècles d'histoire maritime.
On vous propose de prendre le volant pour suivre l'itinéraire que nous avons parcouru dans le deuxième épisode de notre série documentaire « Les plus belles routes de France ».
De Pontusval à l'Île Vierge, un départ face à la mer
Au départ de Brignogan-Plages, le premier phare de cette route est celui de Pontusval. Nichée sur les rochers, cette « maison-feu » – un phare attenant à une maison autrefois destinée au gardien – est visible depuis une petite plage paisible. Construite après une série de naufrages survenus au large de cette côte, cette maison-feu est entrée en service en 1869. Haute d'un peu plus de 14 mètres, elle est classée au titre des Monuments historiques depuis 2011.
Le phare de Pontusval marque le point de départ de notre itinéraire de 200 km. ©Roole Le phare de Pontusval est donc un parfait point de départ pour cet itinéraire tourné vers la mer. Prenez ensuite la route jusqu'à Plouguerneau et la pointe du Castel Ac'h, où plusieurs parkings permettent de laisser sa voiture. Quelques minutes de marche suffisent pour rejoindre le bout de la pointe, depuis laquelle vous aurez une vue imprenable sur le majestueux phare de l'Île Vierge. Haut de 82,5 mètres, c'est le plus haut phare en pierre d'Europe.
Le phare de l'Île Vierge est le plus haut phare en pierre d'Europe. ©Roole Si vous voulez visiter le phare de l'Île Vierge, il faudra abandonner votre voiture sur le continent et rejoindre l'île par la mer. La période et les modalités de visite variant selon la saison et les conditions météorologiques, pensez à vérifier les départs avant votre venue.
Le phare du Four, un « enfer » au milieu des flots
Continuez à longer la côte jusqu'à Porspoder. Depuis la presqu'île Saint-Laurent, accessible à pied après avoir stationné à proximité, vous pourrez apercevoir au large l'impressionnante silhouette du phare du Four. Allumé pour la première fois en 1874, il se dresse directement sur un rocher à l'entrée du chenal du Four.
Le phare du Four est ce qu'on appelle un phare des "enfers". ©Roole Il aura fallu onze années pour construire le phare dans cet environnement particulièrement hostile, où les vagues peuvent monter jusqu'à 20 mètres au-dessus du récif. Un chantier périlleux et une vie de gardiennage marqués par plusieurs accidents graves ainsi que le naufrage du canot de service.
Dans le vocabulaire des anciens gardiens, le phare du Four appartient à la catégorie des « enfers ». Ce surnom était donné aux phares construits en pleine mer sur des récifs, où l'isolement, les tempêtes et les difficultés de relève rendaient les conditions de vie particulièrement éprouvantes.
À Trézien, prenez de la hauteur
Après cette petite marche, reprenez la voiture en direction de Plouarzel pour rejoindre le phare de Trézien. Cette fois, inutile de chercher une tour au milieu des vagues : le phare se trouve à environ 500 mètres du rivage.
Mis en service en 1894, il atteint un peu plus de 37 mètres de haut. Sa position ne doit rien au hasard : son feu est aligné avec celui de Kermorvan et aide les navigateurs à emprunter le chenal du Four, ce passage maritime qui permet d'éviter le contournement d'Ouessant.
Le phare de Trézien est situé à 500 mètres de la côte. ©Roole Le phare est ouvert au public et peut se visiter. Une fois en haut, le chemin de ronde offre un sublime panorama sur la mer d'Iroise, avec notamment l'archipel de Molène et Ouessant à l'horizon.
Le phare de Trézien est en travaux. Il réouvrira ses portes le 19 septembre 2026 à l’occasion des journées européennes du patrimoine.
Kermorvan, un phare au bout du monde
Prochaine étape : Le Conquet. Mais avant de rejoindre le centre de cette petite cité portuaire, prenez la direction de la presqu'île de Kermorvan.
Une fois votre voiture garée, comptez une vingtaine de minutes de marche pour atteindre l'extrémité de la presqu'île et découvrir le phare de Kermorvan. Sa tour carrée, haute d'une vingtaine de mètres, se dresse sur un éperon rocheux face à la mer d'Iroise. Mis en service en 1849, il détient une particularité géographique : il s'agit du phare à terre le plus à l’ouest de France métropolitaine.
Le phare de Kermorvan est le phare situé le plus à l'ouest de France métropolitaine. ©Roole Le site vaut le détour. Après avoir longé les vestiges des anciennes fortifications, vous arriverez face au phare, avec la sensation d'être arrivé au bout du continent. À certaines périodes, il est possible de visiter l'intérieur de l'édifice. Une fois sur place, accrochez-vous : face à l'océan, on se croirait presque sur le pont d'un bateau ! Et ouvrez bien les yeux : Si vous avez de la chance, vous pourrez apercevoir des dauphins, des phoques et de nombreux oiseaux marins tels que les fous de Bassan.
Une pause gourmande au Conquet
Après cette première partie de journée riche en kilomètres et en embruns, direction le centre du Conquet pour une pause déjeuner.
Lors de notre parcours, nous avons fait étape chez Louise de Bretagne, une crêperie située dans cette petite ville portuaire. L'occasion de reprendre des forces avant de reprendre la Route des phares en direction de l'un de ses sites les plus étonnants : la pointe Saint-Mathieu.
Impossible de visiter le Finistère sans goûter aux galettes traditionnelles ! ©Roole À Saint-Mathieu, un phare au milieu des ruines d'une abbaye
Quelques kilomètres plus loin, le décor change complètement. Sur la pointe Saint-Mathieu, un phare de 37 mètres semble surgir des ruines d'une ancienne abbaye bénédictine.
Cette étonnante cohabitation raconte plusieurs siècles d'histoire maritime. Vers 1250, les moines de l'abbaye entretenaient déjà un feu au sommet d'une tour pour aider les navigateurs à se repérer en mer d'Iroise. Le phare actuel, construit au pied de l'ancienne abbaye, date quant à lui de 1835.
Le phare de Saint-Mathieu est probablement le plus atypique de cet itinéraire. ©Roole Le phare est ouvert à la visite. Après avoir gravi ses 163 marches, vous pourrez profiter d'un panorama qui s'étend, lorsque la visibilité le permet, jusqu'à Ouessant et la pointe du Raz.
La pointe Saint-Mathieu est l'une des étapes qui vaut la peine qu'on s'y attarde. Outre le phare, vous pourrez parcourir les ruines de l'abbaye, visiter le mémorial national des marins morts pour la France et profiter des différents points de vue sur la mer d'Iroise.
Le Toulinguet, avant-dernier phare de la route
Après cette étape qui vous aura fait voyager dans l'histoire, il est temps de reprendre la voiture et de poursuivre la route vers la Presqu'île de Crozon, qui marque la dernière partie de notre itinéraire. Après avoir traversé Brest et le pont de Térénez, direction Camaret-sur-Mer et la pointe du Toulinguet.
Ici, on vous propose de vous prélasser sur la plage de Pen-Hat, depuis laquelle vous apercevrez le phare du Toulinguet, avant-dernier phare de la Route des phares. Dressé sur une pointe rocheuse qui s'avance dans la mer, il accompagne un paysage typique de Crozon, entre falaises, landes et eau turquoise.
La Presqu'île de Crozon offre des panoramas à couper le souffle. ©Roole La pointe du Toulinguet est aussi une belle porte d'entrée vers les espaces naturels de la presqu'île. Un environnement spectaculaire mais fragile : lors de votre passage, restez sur les sentiers aménagés afin d'éviter le piétinement des landes.
Le phare du Kador, terminus de notre Route des phares
Pour boucler ce road trip, cap sur Morgat. Le phare du Kador marque la dernière étape de notre parcours et l'extrémité sud de la Route des phares. Plus discret que les géants croisés précédemment, il offre une dernière occasion de profiter du littoral de la Presqu'île de Crozon et de ses falaises avant de couper le moteur.
Le phare ne se visite pas, mais il est accessible à pied : depuis le port de Morgat, montez les marches près du Café du port pour suivre un sentier côtier d'environ 1 kilomètre.
Le phare du Kador ne se visite pas mais on peut y accéder à pied par un sentier côtier. ©Roole Notre voyage commencé face au phare de Pontusval s'achève ainsi 200 kilomètres plus loin, au sud de la Presqu'île de Crozon. Cet itinéraire vaut autant pour ses phares que pour les ports, plages, pointes rocheuses et panoramas sur la mer d'Iroise qui jalonnent la route.
Pour (re)découvrir la Route des phares, regardezez notre documentaire consacré à cette route impressionnante :
- ↑ : Le phare du Four, parc naturel marin d'Iroise.