Il fut un temps où stationner sans payer relevait presque du pari gagnant. Les contrôles étaient ponctuels et beaucoup d’automobilistes échappaient à la verbalisation.
Mais deux évolutions ont complètement changé la donne :
- Le déploiement des voitures équipées de systèmes LAPI (lecture automatisée des plaques d’immatriculation), qui contrôlent les véhicules en continu ;
- La mise en place du forfait post-stationnement (FPS), une redevance qui a remplacé l’amende unique de 17 euros.
Aujourd’hui, dans les grandes villes, les contrôles sont devenus quasi systématiques. La question n’est donc plus de savoir si vous serez contrôlé, mais si régler le FPS revient moins cher que de payer son stationnement.
Dans quels cas risque-t-on un forfait post-stationnement ?
Le FPS s’applique uniquement pour les places payantes. Il peut être dressé pour deux raisons :
- Vous n’avez pas payé votre place de stationnement ;
- Vous avez déjà payé mais le temps est écoulé et vous n’avez pas renouvelé votre paiement.
Si vous pouvez apporter la preuve que vous avez payé votre redevance ou que vous bénéficiez d’une autorisation de stationner gratuitement (carte mobilité inclusion par exemple), vous pouvez contester le FPS au lieu de le payer.
Il ne faut pas confondre la durée de stationnement maximale autorisée (limitée par exemple à 6 heures consécutives à Paris) et le stationnement abusif. Ce dernier consiste à rester garé au même emplacement au-delà de la durée maximale autorisée par le maire (généralement de 24 heures à 7 jours selon les communes). En cas de stationnement abusif, l’automobiliste risque une amende de 2e classe et la mise en fourrière du véhicule.
Le FPS, souvent plus cher que le stationnement
Depuis la réforme du stationnement payant en 2018, les communes fixent librement le montant du FPS. Plusieurs grandes métropoles, comme Paris, Toulouse, Montpellier ou Grenoble, ont choisi d’appliquer un principe simple : la redevance correspond au coût maximal de stationnement autorisé dans la zone concernée.
Dans ces villes, comme dans de nombreuses autres, régler son stationnement pour quelques heures revient moins cher que de risquer un FPS.
Le FPS minoré : une bonne affaire ?
Plusieurs municipalités proposent un FPS minoré si vous réglez la redevance rapidement après la notification de l’avis de paiement. Dans ce cas, votre « seuil de rentabilité » est abaissé.
À Paris, par exemple, le FPS minoré s’élève à 52,50 € en zone 1 (contre 75 € pour le plein tarif) pour une voiture légère. Cela correspond à un peu moins de 5 heures de stationnement régulier (facturées 57 €).
Ne pas payer son stationnement peut donc sembler légèrement avantageux si vous avez décidé de rester pendant la durée maximale autorisée. Mais cette stratégie reste risquée et rarement rentable dans la réalité.
Plusieurs FPS pour un stationnement non payé, c'est possible
La réforme de 2018 a instauré une nouvelle règle : un même véhicule peut recevoir plusieurs FPS lors d’un stationnement prolongé non réglé.
Comme le rappelle Maître Lejeune, avocat spécialisé en droit routier : « Avant, vous receviez un seul PV pour toute la durée de l’infraction. Maintenant, il y a la possibilité d’avoir plusieurs FPS ». En effet, la loi autorise les communes à établir un nouveau FPS après expiration de la durée maximale de stationnement autorisée.
Toujours à Paris, le stationnement est autorisé par tranche de 6 heures et payant de 9 h à 20 h. Un automobiliste qui se gare le matin sans prendre de ticket peut recevoir :
- Un premier FPS à 9 heures ;
- Un second FPS à 15 heures.
La facture atteint alors 105 € avec deux FPS minorés (si vous réglez sous 9 jours sur une application/horodateur, ou sous 15 jours après réception de l'avis par courrier). Au-delà de ces délais, il vous faudra régler le plein tarif, soit 150 € au total.
Avec les voitures LAPI et la possibilité de recevoir plusieurs FPS, ne pas payer son stationnement est rarement un pari gagnant. Mieux vaut désormais chercher une solution alternative plutôt que compter sur l’absence de contrôle.
Utiliser les zones bleues
Dans les zones bleues, le stationnement est gratuit pour une période allant de 30 minutes à 3 h 30. Pensez à utiliser votre disque de stationnement pour être sûr de ne pas être verbalisé !
Se garer dans un parking relais
De nombreuses villes proposent des parkings relais (Park & ride ou P+R) situés à proximité des transports en commun. Vous rejoignez ensuite le centre-ville en bus, tramway, métro ou RER, la plupart du temps pour un tarif très avantageux.
À Strasbourg, par exemple, le forfait à 4,20 € comprend :
- La journée de stationnement ;
- Les transports en commun en illimité pour jusqu’à sept personnes pendant toute la durée du stationnement.
À titre de comparaison, une heure de stationnement sur voirie peut coûter jusqu’à 3,50 € dans l’hypercentre strasbourgeois.
Stationner dans les parkings privés
Dans certaines grandes villes, les parkings souterrains privés affichent régulièrement des tarifs plus compétitifs que le stationnement sur voirie.
Il est également possible de louer une place auprès d’un particulier à l’heure ou à la journée grâce à des plateformes spécialisées et des applications de stationnement comme Yespark, Onepark ou Zenpark.
Les tarifs peuvent être plus intéressants, avec en prime des places souvent sécurisées et réservables à l’avance.
Vous pouvez consulter les modalités du forfait post-stationnement directement sur le site de la ville ou sur l’application utilisée pour payer le stationnement (type Paybyphone).