Une cinquantaine de bornes de recharge vandalisées. Depuis plusieurs mois, le réseau de stations de recharge électrique haute puissance IECharge fait face à une vague de vol de cuivre sans précédent. Avec une grande proportion de bornes situées en zones rurales, loin des grands axes routiers, l'opérateur est particulièrement exposé aux vols de cuivre.
L'enclavement géographique des bornes rend en effet les vols de cuivre bien plus faciles que sur une autoroute ou un parking de supermarché. Pour endiguer le phénomène, IECharge teste de nouvelles technologies depuis avril. L'opérateur mise sur des câbles renforcés de dernière génération, intégrant du kevlar.
Certaines stations du réseau, comme celle de Méru-Amblainville, dans l'Oise, en sont déjà équipées. D'autres pistes sont à l'étude : vidéosurveillance, alarmes sonores, ou trappes de protection en tôle avec système d'authentification.
L'opérateur n'a pas précisé le coût de ces actes de vandalisme mais a réaffirmé que les réparations et les investissements en cours n'impacteraient pas le prix de la recharge. Grâce à son implantation en zone rurale, là ou le foncier n'est pas trop cher, IECharge propose un prix très compétitif sur le marché de la recharge : 25 centimes le KwH.
Le problème est bien plus large. Selon les chiffres communiqués par Charge France, l'association qui fédère les acteurs de la filière, 21 de ses membres ont déposé 427 plaintes depuis le début de l'année 2026. Le préjudice cumulé est estimé à près de 9 millions d'euros.
À chaque acte de vandalisme sur son réseau, IECharge a porté plainte. Les auteurs de ce type de délits sont passibles de deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. Mais peu de voleurs de cuivre sont en réalité traînés devant la justice : la police a du mal à les retrouver.
Le mode opératoire est presque toujours identique : les voleurs sectionnent les câbles pour en extraire le cuivre, revendu ensuite pour quelques dizaines d'euros à peine. Le déséquilibre avec le coût de réparation pour les opérateurs – souvent plusieurs milliers d'euros par borne – nourrit le sentiment d'impunité et alimente la répétition des faits.
Mais un tournant judiciaire est intervenu cet été. Le 8 juin 2026, le tribunal d'Évry-Courcouronnes a condamné deux hommes pour des vols de câbles commis sur des bornes de recharge publiques. L'un a écopé de douze mois de prison ferme, aménagés sous bracelet électronique ; le second, de douze mois avec sursis. Les deux hommes devront par ailleurs indemniser les opérateurs victimes des dégradations.