En juillet 2026, les voitures électriques représentaient 3,5 % du parc roulant en France. Cette part devrait continuer à augmenter, d’autant que d'ici 2035, les constructeurs automobiles devront réduire de 90 % les émissions moyennes à l'échappement des voitures neuves commercialisées au sein de l'Union européenne.
La voiture électrique devrait donc progressivement s’imposer en France, soulevant de nouveaux enjeux autour de la recharge. En août 2026, le réseau de bornes de recharge publiques a franchi le cap symbolique des 200 000.
Mais en réalité, la grande majorité des recharges s’effectuent à domicile. En France, on estime que près de 1,6 million de bornes privées sont installées, répondant ainsi à 90 % des besoins des électromobilistes.
La batterie comme source d’énergie
Pour que la recharge à domicile réponde au mieux aux besoins des automobilistes, tout en tenant compte des enjeux énergétiques, de nouvelles technologies émergent. C’est le cas de la charge intelligente, qui permet notamment de programmer les recharges en fonction de la disponibilité du réseau ou des heures creuses.
La charge bidirectionnelle permet de considérer la batterie des voitures comme une source d’énergie potentielle. Grâce à cette technologie, l’électricité circule dans les deux sens : le véhicule électrique peut non seulement se recharger, mais aussi se décharger et renvoyer l’énergie stockée dans sa batterie vers le réseau électrique.
Le gestionnaire de réseau Enedis estime que 18 millions de voitures électriques circuleront en 2035 en France.
Un chargeur spécifique est nécessaire
Lorsqu’un véhicule électrique se recharge, le courant alternatif du réseau est converti en courant continu par son chargeur embarqué. Les chargeurs bidirectionnels reconvertissent l’électricité de la batterie en courant alternatif pour l’injecter dans le réseau.
Pour cela, le véhicule doit être équipé d'un connecteur CCS Combo (certifié ISO 15118-20) ou CHAdeMO. Actuellement, quelques véhicules disposent de la technologie nécessaire en France. Parmi eux, on retrouve la Nissan Leaf ainsi que les Hyundai Ioniq 5 ou encore la Renault Mégane E-Tech.
Si cette technologie reste encore confidentielle, elle pourrait se développer dans les années à venir. En Allemagne, Volkswagen teste une nouvelle offre comprenant un véhicule compatible, un chargeur bidirectionnel, un abonnement énergétique spécifique et une application offrant au conducteur la possibilité de définir le niveau de batterie minimal qu'il souhaite conserver.
Réinjecter l'électricité dans le réseau…
Il existe différentes manières d’utiliser cette technologie : le vehicle-to-grid (V2G), qui consiste à réinjecter l’électricité des batteries des véhicules électriques dans le réseau, permet notamment de soutenir l’approvisionnement lors des pics de consommation. L'utilisateur effectue sa recharge en heures creuses et réinjecte une partie de l'électricité de sa batterie dans le réseau lors des heures pleines.
En France, les propriétaires de Renault 5 électrique peuvent gagner de l'argent en réinjectant ainsi l'électricité de leur batterie dans le réseau. Pour cela, ils doivent notamment disposer d'une borne murale Mobilize Powerbox Verso privative.
Selon une étude du centre de recherche allemand Fraunhofer ISI publiée en mai dernier, le V2G pourrait rapporter en moyenne 440 euros annuels à son utilisateur, un chiffre calculé à l'échelle européenne.
Au Royaume-Uni, le constructeur BYD et le fournisseur Octopus Energy ont lancé un pack spécial V2G en 2025 : les clients bénéficient de la recharge gratuite à domicile. En échange, le fournisseur d'électricité peut utiliser la batterie des véhicules pour alimenter le réseau lors des temps de recharge.
… Ou bien s'en servir pour sa consommation domestique
De son côté, le vehicle-to-home (V2H) permet d’utiliser l’énergie contenue dans la batterie pour alimenter une maison ou un bâtiment. Inversement, de l'électricité produite par des panneaux solaires domestiques peut aussi servir à charger sa voiture.
« Si le vehicle-to-home se développe, le déploiement du véhicule électrique pourrait être une source de flexibilité pour le réseau électrique, facilitant ainsi le déploiement des énergies renouvelables électriques », estime l’association négaWatt dans son scénario 2022 de transition énergétique pour la France.
Lorsque le véhicule n’est pas utilisé, l’électricité stockée dans sa batterie peut être mobilisée pour alimenter la maison, notamment lorsque les panneaux ne produisent plus, ou bien être réinjectée dans le réseau électrique.
La charge bidirectionnelle peut avoir plusieurs usages. ©Roole