Vol de cuivre sur les bornes de recharge : comment les opérateurs limitent les dégâts

Câbles sectionnés, bornes de recharge hors service… Le vol de cuivre touche désormais les infrastructures de recharge pour voitures électriques. Un phénomène coûteux pour les opérateurs et source d’inquiétude pour les conducteurs. Face à ces actes de vandalisme, les réseaux de recharge renforcent leurs dispositifs, et les automobilistes peuvent adopter certains réflexes pour éviter les mauvaises surprises.

Eva Gomez journaliste pour le média Roole
Eva Gomez
Publié le 23/01/2026 à 16h36

Temps de lecture : 5 min

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Les bornes de recharge sont prises pour cible par des malfrats intéressés par le cuivre contenu dans les câbles. ©Roole

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Le vol de cuivre touche de nombreux secteurs depuis des années, des lignes télécoms aux réseaux ferroviaires. Depuis quelques semaines, il prend de l’ampleur dans le secteur de la recharge électrique, au point de devenir un véritable sujet de préoccupation pour les opérateurs comme pour les électromobilistes.

Le phénomène n’est d’ailleurs pas uniquement français : plusieurs pays européens y sont confrontés, parfois depuis plusieurs années. Selon Clément Molizon, délégué général de l’Avere-France, l’association nationale pour le développement de la mobilité électrique, la médiatisation récente du sujet a pu jouer un rôle d’accélérateur. « Après certains reportages, les opérateurs et syndicats d’énergie ont constaté une recrudescence des vols de câbles. Cela peut donner des idées à de nouvelles personnes », regrette-t-il.

Des dégâts coûteux et une expérience dégradée

Difficile toutefois d’en mesurer précisément l’ampleur car aucun décompte national n’existe à ce stade. « Chaque opérateur fait ses propres remontées, mais on parle déjà de dizaines voire de centaines de milliers d’euros de dégâts », souligne Clément Molizon. Un paradoxe alors que le cuivre ne représente qu’une part minime de la composition des câbles de recharge et que les malfrats n'en tirent que quelques dizaines d’euros.

Pour les gestionnaires de réseaux, tout acte de vandalisme est lourd de conséquences : chaque câble remplacé coûte cher à l’opérateur, et le temps d’indisponibilité de la borne pénalise directement les usagers. Heureusement, les réparations sont généralement rapides. « La plupart du temps, on peut simplement remplacer le câble, en quelques jours tout au plus », précise Julien Belliato, co-fondateur et COO d’Electra, opérateur de bornes de recharge rapide.

Caméras, intelligence artificielle : les opérateurs misent sur la surveillance

Face à ces actes de vandalisme, les opérateurs cherchent désormais à renforcer la sécurité de leurs infrastructures. Chez Electra, ce risque a été identifié très tôt. « On l’a considéré comme un enjeu lié à la massification du réseau de recharge », explique Julien Belliato. Pour anticiper ces actes de vandalisme, Electra a fait le choix, dès le départ, d’équiper 100 % de ses stations de caméras de surveillance. « Dès qu’un câble est coupé, une alarme se déclenche et notre service contacte immédiatement la police. Ce n’est pas toujours le cas chez tous les opérateurs, et c’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles nous sommes globalement moins touchés : nous n’observons que quelques incidents par mois, en France et à l’étranger », explique Julien Belliato.

D’autres solutions sont en cours de développement, comme l’analyse des images par intelligence artificielle pour détecter des comportements suspects, ou encore l’intégration de câbles renforcés et beaucoup plus difficiles à sectionner. En revanche, il est peu probable de réussir à se passer de cuivre : « On pourrait être tenté de le remplacer par de l’aluminium, mais ce n’est pas possible sur de la charge rapide car les câbles seraient trop gros. Quant à la recharge sans fil, la technologie n’est pas du tout mature, surtout sur de la recharge rapide », souligne Julien Belliato.

Les bons réflexes à adopter en tant qu’électromobiliste

Pour les automobilistes, l’enjeu principal reste d’éviter les mauvaises surprises. Une borne vandalisée est systématiquement déclarée hors service par l’opérateur. L'information remonte sur les applications des opérateurs et de planification d’itinéraire, comme Roole Map, qui permet de visualiser la disponibilité des bornes en temps réel, grâce aux données remontées par la plateforme d’interopérabilité Gireve.

« Évitez d’attendre d’avoir très peu de batterie avant de recharger », conseille également Clément Molizon de l’Avere-France. Cela laisse une marge pour rejoindre une autre borne en cas d’imprévu. Autre point essentiel : la sécurité. « Si vous voyez une borne éventrée ou des câbles apparents, ne touchez à rien », insiste-t-il. Et si vous êtes témoin d’un comportement suspect, il ne faut pas intervenir soi-même, mais prévenir immédiatement les forces de l’ordre.

Bon à savoir

Une borne endommagée peut présenter un risque électrique. Même hors tension, l’aspect visuel ne permet pas toujours de savoir si elle est sécurisée. La règle est simple : ne rien toucher et signaler le problème à l’opérateur de la borne.

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