Avec ses 20 phares répartis sur près de 200 kilomètres entre Brignogan-Plages et le sud de la presqu'île de Crozon, la Route des phares offre, en plus d’une expérience de road trip inoubliable, de nombreux points de vue sur ces géants du littoral. Mais certains peuvent aussi être découverts de l'intérieur. Cinq d'entre eux sont habituellement ouverts au public, même si leur accessibilité varie selon les saisons, les conditions météorologiques et les éventuels travaux.
Au large de Plouguerneau, le phare de l'Île Vierge mérite à lui seul le détour : avec ses 82,50 mètres, il est le plus haut phare en pierre d'Europe. Pour le rejoindre, il faut toutefois abandonner sa voiture sur le continent et emprunter une navette maritime.
Habituellement, les excursions avec escale sur l'île sont proposées durant la saison touristique, en fonction des marées et de la météo. Depuis le Castel Ac'h, la traversée est très courte et l'escale sur l'île dure environ une heure. La formule aller-retour avec escale coûte 15 euros par adulte, 10 euros pour les 4-12 ans et 5 euros pour les 1-3 ans.
Sur l'île Vierge, il est possible d'admirer deux phares, dont le phare en pierre le plus haut d'Europe. ©Roole Attention : le grand phare est actuellement fermé à la visite en raison de travaux de restauration. L'île reste néanmoins accessible lors des excursions et il est possible de découvrir l’exposition dans les jardins de la bergerie, une exposition intérieure ainsi que le petit phare de l’île. Des visites virtuelles immersives sont proposées en attendant de pouvoir se hisser à nouveau au sommet du géant.
Un écogîte situé au pied du petit phare de l'île permet de vivre la vie d’un gardien de phare le temps d’une nuit.
Le phare de Saint-Mathieu
C'est probablement le plus facile à visiter au cours d'un road trip sur la Route des phares. Accessible directement depuis la route, le phare de Saint-Mathieu se dresse dans un décor exceptionnel, au milieu des ruines d'une ancienne abbaye.
La visite classique dure environ 30 minutes. Après avoir gravi 163 marches, les visiteurs accèdent au chemin de ronde, où un médiateur présente le phare et le panorama. Comptez 5 euros à partir de 13 ans et 2,50 euros de 5 à 12 ans. La visite est gratuite pour les moins de 5 ans.
Le phare de Saint-Mathieu se visite toute l'année mais les jours d'ouverture diffèrent selon la saison. Les ruines de l'abbaye sont quant à elles librement accessibles à n'importe quelle période.
La pointe Saint-Mathieu est un incontournable de la Route des Phares. ©Roole L'entrée au musée de l'abbaye est comprise avec le billet du phare. Une visite en réalité virtuelle de 20 minutes est également proposée pour 3,50 euros, notamment pour ceux qui ne peuvent ou ne souhaitent pas gravir les marches.
Sur la pointe Saint-Mathieu, vous pourrez également découvrir le mémorial national des marins morts pour la France et le musée des mémoires 39-45, situé dans un bunker.
Au Conquet, la visite commence avant même d'avoir atteint le phare. La presqu'île de Kermorvan étant uniquement accessible à pied, il faut laisser sa voiture au parking et compter 15 à 20 minutes de marche pour rejoindre l'édifice.
Une fois sur place, 77 marches permettent d'accéder au chemin de ronde. La visite est commentée par un médiateur et permet également de découvrir l'ancienne chambre du gardien.
Le phare de Kermorvan est le plus à l'ouest de la France métropolitaine. ©Roole Des visites de nuit sont organisées au phare de Kermorvan. Depuis la presqu’île, vous pourrez admirer le ballet de lumières émises par les phares de Saint-Mathieu, de Trézien, le feu de Lochrist… mais aussi les phares en mer, et sur l’île d’Ouessant. Une occasion parfaite d’en apprendre davantage sur le code lumineux des phares.
Comptez 5 euros à partir de 13 ans et 2,50 euros de 5 à 12 ans (gratuit pour les moins de 5 ans). Le phare est généralement accessible du printemps au début du mois de novembre, avec des ouvertures quotidiennes ou plus fréquentes pendant la haute saison et seulement certains jours au printemps et à l'automne. La visite reste soumise aux conditions météorologiques. Même sans monter au sommet du phare, le site, ses ruines de fortifications et sa vue sur l’horizon valent le détour.
À Plouarzel, le phare de Trézien présente une particularité : contrairement à de nombreux édifices de cette route, il ne se dresse pas directement au bord de l'eau mais à plusieurs centaines de mètres du littoral.
Il est possible de gravir ses 182 marches pour rejoindre le chemin de ronde. La visite, d'une durée d'environ 30 minutes, est commentée et permet notamment de profiter d'un panorama sur l'archipel de Molène. Le tarif est de 5 euros à partir de 13 ans et de 2,50 euros pour les 5-12 ans (l'entrée est gratuite pour les moins de 5 ans). Comme Kermorvan, Trézien est un phare à l'ouverture essentiellement saisonnière, du printemps à l'automne, avec des jours de visite qui varient au fil de la saison.
Le phare de Trézien s'élève au milieu des toits en ardoise typiques du Finistère. ©Roole Le phare fait actuellement l'objet de travaux et est temporairement fermé au public. Il rouvrira ses portes le 19 septembre 2026, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine.
Le phare du Stiff, à condition de faire un détour par Ouessant
Visiter le cinquième phare demande davantage d'organisation. Le Stiff se trouve sur l'île d'Ouessant : il faut donc laisser la voiture sur le continent et prévoir une traversée en bateau. Comptez 1 heure 30 depuis Le Conquet et une trentaine d’euros. Profitez-en pour passer une journée entière à la découverte des beautés de l’île. Pour les amateurs de phares, celui du Stiff vaut le détour : construit à la fin du XVIIe siècle, le Stiff est l'un des plus anciens phares français encore en activité.
À l'occasion d'une virée sur l'île d'Ouessant, le phare du Stiff vaut le détour. ©Wikimedia Commons-Alix Choma Bex Il est généralement ouvert au public pendant la saison touristique, avec une visite libre. Comptez 5 euros pour les plus de 16 ans, 2,50 euros de 12 à 16 ans et 1 euro de 6 à 12 ans ; l'accès est gratuit pour les moins de 6 ans.
Ces phares que l'on admire seulement de loin
Les autres édifices de la Route des phares sont presque tous inaccessibles au public. C'est notamment le cas de certains des plus spectaculaires, construits en pleine mer.
Le phare du Four, au large de Porspoder, en fait partie. Dressé sur un récif battu par les vagues, il appartient à la catégorie des « enfers », surnom autrefois donné par les gardiens aux phares en mer. Depuis la route, rendez-vous sur la presqu'île Saint-Laurent pour l'observer.
Même chose pour le phare des Pierres Noires, construit au large de la pointe Saint-Mathieu. Sa silhouette peut être aperçue depuis plusieurs endroits de la côte, notamment depuis Saint-Mathieu et la presqu'île de Kermorvan.
Les phares en mer étaient appelés les « Enfers » dans le jargon des gardiens de phare, car l'isolement, les tempêtes et les difficultés de relève rendaient les conditions de vie particulièrement éprouvantes.
Enfin, le phare du Petit Minou, à Plouzané, est normalement accessible à la visite mais fait actuellement l'objet d'un vaste chantier de restauration. Sa réouverture au public est prévue pour 2028.
Pour (re)découvrir la Route des phares, regardez notre documentaire consacré à cette route impressionnante :