Passer à l’électrique implique de changer certaines habitudes. Planifier différemment ses longs trajets, anticiper les recharges, préconditionner la batterie avant de démarrer en hiver… Des réflexes que les conducteurs finissent généralement par adopter. Mais d’autres petits tracas continuent de sérieusement agacer les électromobilistes. En voici quelques-uns.
Les bornes de recharge squattées
C’est un problème que les propriétaires de voitures thermiques connaissent peu : rares sont les automobilistes qui abandonnent leur véhicule devant une pompe à essence après avoir fait le plein. En revanche, nombreux sont les conducteurs qui stationnent sur les places réservées à la recharge.
Et les « voitures ventouses » ne sont pas que des véhicules thermiques. Certains conducteurs de voitures électriques restent branchés alors que leur batterie est déjà suffisamment chargée, occupant inutilement une borne. De quoi faire enrager ceux qui attendent derrière pour récupérer quelques précieux kilowattheures !
Le casse-tête des badges, applications et tarifs
En théorie, un badge universel (type Chargemap, Bip&Go ou Shell) ou votre carte bancaire suffit pour payer quand vous utilisez une borne de recharge. Mais dans les faits, le paiement de la recharge peut encore ressembler à un petit parcours du combattant. Carte bancaire, badge de mobilité, application de l’opérateur… Selon la borne utilisée, les moyens de paiement et surtout les tarifs peuvent varier.
Un même badge permet certes d’accéder à de nombreux réseaux, et le paiement direct par carte bancaire se généralise. Mais pour bénéficier du tarif le plus intéressant, il faut parfois utiliser l’application de l’opérateur, souscrire un abonnement ou posséder le bon badge. Sans oublier la borne isolée en rase campagne qui, précisément le jour où vous en avez besoin, refuse obstinément votre moyen de paiement.
Les bornes vandalisées ou hors service
Rien de plus frustrant que d’arriver devant une borne en panne après avoir soigneusement préparé son trajet. Une connexion qui échoue, une puissance de recharge inférieure aux attentes ou un équipement indisponible suffisent déjà à compliquer un déplacement. Mais lorsque la borne a été volontairement dégradée, la situation devient encore plus agaçante.
Câbles volés ou sectionnés, connecteurs endommagés, écrans inutilisables après des jets de pierre ou des coups de marteau… Certains actes de vandalisme peuvent rendre plusieurs points de charge totalement inutilisables.
Ce qui devait être une simple pause recharge se transforme alors en chasse au trésor : trouver une autre borne disponible et espérer qu’elle fonctionne. Le tout avant que votre batterie soit définitivement à plat.
L’application Roole Map permet de localiser rapidement les bornes de recharge autour de soi ou à l'adresse de son choix, de vérifier leur disponibilité et leur état de fonctionnement, puis de lancer l'itinéraire pour s'y rendre.
Ne pas pouvoir recharger chez soi
Avec une borne ou une prise adaptée à domicile, la voiture électrique est d’une simplicité déconcertante : on branche son véhicule le soir et on récupère de l’autonomie pendant la nuit. Mais tous les automobilistes ne disposent pas de cette possibilité.
Pour ceux qui stationnent dans la rue ou ne peuvent pas facilement installer une solution de recharge, le quotidien peut devenir plus compliqué. Il faut alors organiser ses recharges autour des bornes publiques, trouver un équipement disponible et parfois patienter avant de pouvoir repartir. De quoi, certains jours, vous donner envie de déménager !
Les conducteurs d’une voiture électrique disposent d’un droit à la prise. La copropriété ou votre propriétaire ne peuvent pas s’opposer à l’installation d’une borne de recharge sans motif valable.
« C’est réservé aux riches », « ça ne fait pas plus de 100 kilomètres », « les batteries polluent plus qu’une voiture thermique », « elles viennent toutes de Chine »… Quel conducteur de voiture électrique n’a pas déjà entendu ces remarques de la bouche d’un proche ou d’un parfait inconnu ?
Vous pourrez toujours expliquer que votre voiture est produite en France ou en Europe, que vous bénéficiez du leasing social ou que son bilan carbone sur l’ensemble du cycle de vie est généralement bien inférieur à celui d’un modèle thermique. Rien n'y fait : votre interlocuteur n’a pas envie de vous écouter, il a déjà sa propre idée sur la question.
Bonus : Le bruit et les gaz d’échappement (des autres)
Après quelques mois passés au volant de votre voiture électrique, vos sens se sont affûtés. Vous entendez désormais le chant des oiseaux quand vous conduisez. Vous sentez l’odeur des sièges neufs et de la pluie d’été.
Le bruit d’un véhicule qui redémarre dans un embouteillage et les gaz d’échappement dans une rue étroite vous semblent beaucoup plus gênants qu’avant. Au temps où vous-même, vous rouliez à l’essence ou au diesel !