Pompes condamnées, carburants indisponibles… Depuis quelques jours, certains automobilistes peuvent avoir l’impression que l’essence commence à manquer. Une réalité existe bien derrière ces difficultés, mais elle est très inégale selon les stations et les enseignes. Les chiffres officiels permettent surtout de relativiser : ce jeudi 17 septembre, l’immense majorité des stations françaises reste en mesure de servir les automobilistes.
Non, la France n’est pas en pénurie de carburant
À 9 h ce jeudi 17 septembre, 91 % des quelque 9 900 stations suivies par le gouvernement ne connaissent aucune difficulté d’approvisionnement en essence ou en gasoil. Autrement dit, seules 9 % sont considérées comme en difficulté sur au moins l’une de ces deux grandes familles de carburants (essence ou gasoil).
La situation semble même s’améliorer légèrement : ce taux atteignait 11 % le 14 septembre, puis 9 % depuis le 15 septembre. On est donc loin, à ce stade, d’une pénurie généralisée à l’ensemble du territoire.
Pour le gouvernement, une station n’est considérée en rupture d’essence que si toutes les essences qu’elle distribue parmi le SP95-E10, le SP95 et le SP98 sont indisponibles. Une station qui n’a plus de SP95-E10 mais dispose encore de SP98 n'est donc pas comptabilisée comme étant en difficulté sur l’essence.
SP95-E10 : jusqu’à 33 % des stations TotalEnergies Access concernées
En revanche, des ruptures beaucoup plus conséquentes sont observées dans le réseau TotalEnergies, où se concentrent actuellement la grande majorité des difficultés d'approvisionnement sur le SP95-E10. Le 17 septembre, 33 % des stations TotalEnergies Access n’en ont plus à la pompe, selon les données partagées par Roole Data. Dans les stations TotalEnergies classiques, le taux de rupture atteint 29 %.
Évolution quotidienne du taux de rupture en SP95 par enseigne. ©Roole Data L’écart avec le reste du marché est considérable : dans toutes les autres enseignes, le taux de rupture du SP95-E10 ne dépasse pas 5 %. Les difficultés rencontrées chez TotalEnergies ne reflètent donc pas la situation de l’ensemble des stations-service françaises.
Le gasoil nettement moins touché
Les automobilistes qui roulent au diesel ont moins de raisons de s’inquiéter : les difficultés d’approvisionnement en gasoil restent nettement plus limitées que pour le SP95-E10, y compris chez TotalEnergies, où le taux de rupture est relevé le 17 septembre à 17 % (14 % dans les stations Access) d'après les données partagées par Roole Data.
Évolution quotidienne du taux de rupture en gazole par enseigne. ©Roole Data Le plafonnement des prix augmente le risque de rupture
Cette situation s’explique notamment par la politique tarifaire du pétrolier. TotalEnergies plafonne à 1,99 €/l le prix de l’essence et à 2,25 €/l celui du gasoil dans ses stations en France métropolitaine. Alors que les prix à la pompe ont augmenté de 5 à 7 % depuis le début du mois, ce plafond rend les stations du groupe particulièrement attractives pour les automobilistes. Cette forte demande peut accélérer l’écoulement des stocks, notamment de SP95-E10, et expliquer les difficultés ponctuelles pour s’approvisionner.
Pour un automobiliste à la recherche de SP95-E10, le risque de tomber sur une pompe vide est donc bien réel chez TotalEnergies, et plus encore dans le réseau Access. Mais en changeant d’enseigne, les chances de trouver du carburant restent très élevées. C’est cette situation très particulière chez TotalEnergies qui explique le décalage entre ce que peuvent constater certains automobilistes à la pompe et une situation qui reste globalement normale à l’échelle nationale.
Certaines régions sont plus touchées que d’autres
Le risque de tomber sur une station en difficulté dépend aussi de l’endroit où l’on se trouve. D’après les données du gouvernement relevées ce 17 septembre à 9 h, l’Occitanie et le Grand Est sont les régions les plus concernées, avec 13 % de stations en difficulté.
Viennent ensuite le Centre-Val de Loire (12 %), puis les Pays de la Loire (11 %), la Bourgogne-Franche-Comté, l'Île-de-France, la Nouvelle-Aquitaine et l'Auvergne-Rhône-Alpes (8 % chacun). À l’inverse, les tensions sont moins fortes en Bretagne (6 %), tandis que la Corse ne compte alors aucune station en difficulté. La Normandie, les Hauts-de-France et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur affichent toutes un taux d'indisponibilité de 7 %.
Au niveau national, les taux de rupture relevés le 17 septembre à 9 h sont suffisamment faibles pour écarter tout risque de pénurie. ©prix-carburants.gouv.fr À noter que ces chiffres peuvent évoluer rapidement au gré des livraisons : une station à court de carburant le matin peut être de nouveau approvisionnée quelques heures plus tard.
Si vous devez faire le plein, inutile donc de vous précipiter à la pompe par crainte d'une pénurie généralisée. En revanche, vérifier la disponibilité du carburant avant de se déplacer peut éviter une mauvaise surprise, en particulier si vous avez l’habitude de vous rendre dans une station TotalEnergies.
La carte officielle de prix-carburants.gouv.fr permet de consulter les carburants disponibles dans les stations-service. Roole Map permet également de repérer les stations approvisionnées autour de soi et de comparer leurs tarifs. De quoi trouver directement une station disposant du carburant recherché au meilleur prix, plutôt que de multiplier les kilomètres à la recherche d'une pompe disponible.
Les informations sur la disponibilité des carburants reposent sur les données déclarées par les exploitants des stations-service. La situation peut donc changer rapidement après une livraison. Vérifier les disponibilités juste avant d'aller faire le plein reste le meilleur moyen d'éviter un déplacement inutile.