34 personnes ont perdu la vie sur les routes du Puy-de-Dôme depuis le début de l’année 2026, soit 9 de plus qu’à la même période en 2025. Face à cette hausse de la mortalité, la préfète du département, Anne Frackowiak-Jacobs, a décidé de renforcer les sanctions contre certaines infractions routières dont l’usage du téléphone au volant.
Deux mois de suspension de permis si vous téléphonez au volant
La nouvelle mesure, annoncée avant l’été, entrera en vigueur le 1er octobre 2026. À partir de cette date, les conducteurs contrôlés avec leur téléphone en main ou avec un dispositif porté à l’oreille pourront faire l’objet d’une suspension administrative du permis de conduire de deux mois.
Au niveau national, le fait de tenir son téléphone en conduisant est sanctionné par une amende forfaitaire de 135 € et un retrait de 3 points sur le permis de conduire. La suspension n’est normalement possible que lorsqu’une autre infraction est constatée simultanément. Mais le Code de la route permet au préfet de prononcer une suspension administrative, même lorsqu’aucune autre infraction n’est relevée.
Le Puy-de-Dôme rejoint ainsi la liste des départements qui ont opté pour la suspension administrative, comme les Landes, la Haute-Loire, l’Ardèche et la Drôme.
Téléphone, alcool, stupéfiants : les automobilistes davantage sanctionnés
La suspension du permis en cas d’usage du téléphone n’est pas la seule mesure annoncée par la préfecture du Puy-de-Dôme. La préfète souhaite également renforcer les sanctions pour certaines infractions routières.
La préfecture a annoncé qu'elle appliquerait la durée maximale de suspension administrative prévue par la loi pour :
- La consommation cumulée d’alcool et de stupéfiants au volant ;
- Le refus d’obtempérer ;
- Le refus de se soumettre à un test de dépistage.
Pour ces infractions, le permis sera suspendu pour une durée d’un an pour tous les conducteurs, quels que soient leurs antécédents et les circonstances.
Ces mesures répondent au même objectif affiché : réduire la mortalité sur les routes du département.
Radars et caméras intelligentes : vers la détection automatique du téléphone au volant ?
En France, la caractérisation des infractions pour usage du téléphone au volant repose sur les contrôles routiers de la police ou de la gendarmerie. Mais nos voisins européens, eux, misent sur la technologie pour automatiser les verbalisations.
Aux Pays-Bas, des caméras couplées à l’intelligence artificielle analysent en temps réel la posture des conducteurs pour repérer ceux qui manipulent un smartphone. Un agent de police valide ensuite les clichés et l’envoi d’une amende de 440 €.
Ce dispositif séduit d’autres pays : la région allemande de Rhénanie-Palatinat le teste sur ses autoroutes, tandis que la Belgique et le Luxembourg étudient son implantation.
Et en France ? La technologie est prête. Les radars tourelles déployés sur le territoire sont techniquement capables de détecter l’usage du téléphone au volant. Des expérimentations ont d’ailleurs déjà été menées. Si le cadre légal permet d’envisager ce type de contrôle automatisé, les dispositifs doivent encore être homologués avant de pouvoir verbaliser les conducteurs.