Objet de débats politiques récurrents, les ZFE sont caricaturées tant par leurs défenseurs que par leurs opposants. Rares sont les données sur leur efficacité réelle. Publiée fin août, une étude de l'Insee vient justement éclairer d'un jour nouveau les discussions sur les bénéfices écologiques de ce dispositif.
Dans les métropoles concernées par une ZFE, le nombre de voitures Crit’Air 1 et électriques en circulation a augmenté de 88,4 % en cinq ans. Au total, l'Insee estime que la part totale des voitures Crit’Air 1 et électriques dans le parc roulant est passée en dix ans de 8,7 % à 42,0 % dans les ZFE régionales, et de 9,8 % à 48,6 % dans la Métropole du Grand Paris. Des proportions supérieures à celles des territoires hors ZFE, où la part de Crit'Air 1 et électriques dans le parc total tourne autour de 31,7 %.
Le verdissement du parc « s’accompagne d’une forte baisse des émissions de polluants locaux, particulièrement marquée dans les ZFE », note l'Insee. Sur une période de cinq ans, les émissions d’oxydes d’azote (NOx) y ont baissé de 38,9 %. Les concentrations en particules fines dans l'atmosphère ont quant à elles chuté de 31,1 %.
Jusque-là, les défenseurs des ZFE ont de quoi se satisfaire. Mais en réalité, ces bons résultats ne sont dus qu'à la marge aux restrictions de circulation imposées aux véhicules les plus polluants. « Le verdissement du parc tient d’abord au renouvellement tendanciel des véhicules. Celui-ci correspond au remplacement progressif de véhicules anciens, arrivés en fin de vie et homologués selon des normes Euro moins strictes, par des véhicules plus récents soumis à des normes plus exigeantes », indique l'Insee dans son étude.
Pour isoler les effets des ZFE des conséquences du renouvellement de l'offre des constructeurs, les chercheurs ont opté pour une méthode statistique. Ils ont comparé, sur cinq ans, l'évolution du parc dans les villes soumises au dispositif à cette même évolution au sein de 26 agglomérations comparables mais qui n'imposent pas de restrictions de circulation. Résultat : sur les 88,4 % d'augmentation du nombre de voitures Crit’Air 1 et électriques annoncés plus haut, l'Insee estime que seuls 5,8 points de hausse seraient directement imputables aux ZFE.
« À l’inverse, le parc Crit’Air 2 diminue de 4,3 %, alors qu’il aurait augmenté de 2,8 % en l’absence de ZFE. Pour les voitures Crit’Air 3 et 4, les ZFE accentuent une baisse déjà engagée », explique encore l'Institut statistique.
Même logique sur la baisse des émissions de polluants atmosphériques : sur les 38,9 % de baisse des oxydes d'azote, 4,6 points seulement seraient attribuables aux ZFE. La baisse des émissions d'oxyde d'azote s'expliquerait principalement par l'évolution des normes Euro, bien plus drastiques que les précédentes.