Tourelle, urbain, mobile, chantier : le guide complet des radars en France

Depuis l’installation des premiers radars automatiques au début des années 2000, le parc français n’a cessé de se moderniser. Plus précis, plus polyvalents et parfois embarqués, ces dispositifs ont un objectif clair : faire respecter le Code de la route et réduire les accidents. Tour d’horizon des radars déployés aujourd’hui sur nos routes.

Servane Nemetz rédactrice web
Servane Nemetz
Publié le 24/02/2026 à 16h54

Temps de lecture : 8 min

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Un panneau indiquant un contrôle automatique sur l'autoroute.
Plus de 4 000 radars sont installés en France ! ©iStock

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Plus de 4 000 radars sont installés en France afin de vérifier le respect du Code de la route et d’inciter les conducteurs à plus de prudence. Il en existe plusieurs catégories.

Les radars de vitesse : des dispositifs de plus en plus discrets

Le contrôle de la vitesse reste la mission principale du parc radar français. Et les premières cabines grises des années 2000 laissent progressivement leur place à des machines beaucoup plus performantes.

Le radar fixe

Installé en bord de route ou sur portique, le radar fixe mesure la vitesse instantanée d’un véhicule au point de contrôle. La majorité des équipements actuels sont « discriminants » : ils distinguent les véhicules légers des poids lourds afin d’appliquer la limitation adaptée à chaque catégorie de véhicules. Ces radars, installés sur proposition du préfet, sont implantés :
• sur des axes accidentogènes ;
• dans des zones nécessitant une vigilance particulière ;
• sur des axes structurants.

Un panneau de signalisation annonce obligatoirement leur présence quelques centaines de mètres en amont.

Le radar autonome ou radar de chantier

Le radar autonome peut contrôler les véhicules dans les deux sens de circulation. ©iStock
Le radar autonome peut contrôler les véhicules dans les deux sens de circulation. ©iStock
Le radar autonome peut contrôler les véhicules dans les deux sens de circulation. ©iStock

Monté sur remorque, le radar autonome ou radar de chantier est déployé temporairement, notamment sur des zones de travaux ou des portions dangereuses. Il peut contrôler les véhicules dans les deux sens de circulation. Contrairement aux cabines fixes traditionnelles, il n’est pas toujours précédé d’un panneau dédié, mais la zone peut être incluse dans une signalisation plus large de contrôle automatisé. La marge technique, retenue à l’avantage du conducteur, est la même que pour un radar fixe :

  • 5 km/h pour les limitations de vitesse inférieures à 100 km/h ;
  • 5 % pour les limitations de vitesse supérieures à 100 km/h.

Le radar mobile

Le radar mobile nouvelle génération (ETM) est intégré à un véhicule banalisé. Il contrôle la vitesse en circulation et traque en priorité les grands excès de vitesse. Une partie de ces voitures est désormais conduite par des opérateurs privés agréés par l’État. Les voitures radars ne sont pas signalées, elles circulent en toute discrétion, à la vitesse maximum autorisée. Lorsqu’un véhicule les double, l’ETM flashe et un avis de contravention est édité. La marge technique est plus élevée que pour les radars fixes, compte tenu de la nature du dispositif. Elle est de :

  • 10 km/h pour les limitations de vitesse inférieures à 100 km/h ;
  • 10 % pour les limitations de vitesse supérieures à 100 km/h.

Le radar tronçon

Le radar tronçon ou radar de vitesse moyenne mesure la vitesse entre deux points. Un premier capteur enregistre l’heure d’entrée dans la zone, un second l’heure de sortie. Le système calcule ensuite la vitesse moyenne sur la distance parcourue. Si elle est supérieure à la limite autorisée, vous êtes verbalisé. Cet équipement vise à éviter les comportements consistant à ralentir uniquement à l’approche d’un radar et à accélérer ensuite.

Le radar pédagogique

Le radar pédagogique vous informe sur votre vitesse ! ©iStock
Le radar pédagogique vous informe sur votre vitesse ! ©iStock
Le radar pédagogique vous informe sur votre vitesse ! ©iStock

Le seul radar qui ne sanctionne pas ! Cet équipement vous informe sur votre vitesse pour vous inciter à ralentir. Auparavant installés en amont d’un dispositif de contrôle fixe ou autonome, ils sont désormais déployés sur les zones dangereuses, non équipées de radars.

La nouvelle génération : les radars polyvalents

Les radars ne se contentent plus de détecter les excès de vitesse. Ils peuvent aussi repérer d’autres infractions au Code de la route.

Le radar tourelle (Mesta Fusion)

Les radars tourelle ne contrôlent pas seulement la vitesse ! ©iStock
Les radars tourelle ne contrôlent pas seulement la vitesse ! ©iStock
Les radars tourelle ne contrôlent pas seulement la vitesse ! ©iStock

Même lorsqu’il n’est pas signalé, difficile de ne pas voir le radar tourelle ! Sa cabine est juchée en haut d’un mât de quatre mètres. Cet équipement dernière génération est conçu pour détecter les excès de vitesse, mais aussi :


Pour l’instant, ces radars, qui peuvent suivre simultanément une trentaine de véhicules sur huit voies différentes, sont homologués seulement pour détecter :

  • Le franchissement des feux rouges ;
  • Les excès de vitesse.

Les autres infractions ne sont ni enregistrées ni verbalisées. Pour le moment !

Bon à savoir

Certains radars tourelle sont des leurres : leur cabine ne contient pas de module de contrôle. Mais il est impossible pour un conducteur de savoir quels sont les équipements actifs sur les routes.

Le radar urbain

Après une phase d’expérimentation à Toulouse, les radars urbains ou ETU (équipements de terrain urbain) se déploient progressivement sur tout le territoire. Plus compacts que le Mesta Fusion, ils peuvent être fixés sur du mobilier existant (mât d’éclairage, poteau). Ils contrôlent :

  • Les excès de vitesse en agglomération ;
  • Le franchissement de feu rouge.

Ces dispositifs ne sont pas signalés individuellement : un panneau d’entrée de zone peut indiquer la présence de contrôles automatisés.

Le conseil de la rédac

Vous pouvez savoir si un radar urbain est présent sur votre trajet en consultant la carte officielle des radars.

Les radars de franchissement

Les radars de franchissement sanctionnent le non-respect d’une signalisation imposant l’arrêt. Leur présence vise à prévenir des accidents particulièrement graves.

Le radar feu rouge

Installé à proximité des carrefours, il se déclenche lorsqu’un véhicule franchit la ligne d’effet des feux au rouge. Deux clichés sont généralement réalisés : au franchissement de la ligne, puis à l’engagement dans l’intersection. On les retrouve principalement en agglomération, en particulier près des établissements scolaires, des intersections très fréquentées ou des carrefours complexes.

Le radar passage à niveau

Le radar de passage à niveau se déclenche lorsqu’un véhicule franchit un passage à niveau alors que les feux rouges clignotent et que les barrières sont en cours de fermeture ou déjà abaissées. Le dispositif fonctionne grâce à des capteurs synchronisés avec le système de signalisation ferroviaire.

Bon à savoir

Selon la SNCF, 89 accidents se sont produits à des passages à niveau en 2024. Dans 98 % des cas, le non-respect du Code de la route par les usagers était en cause.

Ces radars intègrent un délai de sécurité pour permettre aux usagers de s’arrêter lorsque le feu clignote. Il est de trois secondes en agglomération, et de cinq secondes hors agglomération. Au-delà, les franchissements sont considérés comme illicites et déclenchent le flash du radar.

Les nouveaux radars intelligents en cours d’expérimentation

Les radars évoluent aussi pour s’adapter à la réglementation. Exemple à Lyon, Strasbourg ou Paris, où des radars de covoiturage sont mis en place : des capteurs thermiques et optiques scrutent l’habitacle des voitures sur les voies de gauche et vérifient ainsi que les véhicules empruntant les voies « covoiturage » ont bien au moins deux occupants à bord.

Autre modèle aussi performant : les radars sonores, testés à Toulouse et en Île-de-France. Ces machines sont équipées de microphones haute précision (acoustique directionnelle). Ils ciblent les véhicules aux échappements modifiés ou en surrégime qui dépassent les seuils de bruit autorisés. Les appareils sont toujours en phase de test. Dans l’attente de leur homologation (prévue pour 2026), la constatation de l’infraction ne donne pas lieu, pour le moment, à une verbalisation.

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