Alors que le marché de l'électrique est en plein boom, de nombreux automobilistes se posent des questions sur le choix de leur future motorisation, et sur les impacts financiers de ce choix à long terme. Sortie début septembre, l'édition 2026 de l'étude de Roole data sur le budget automobile des Français vient leur apporter de nombreux éléments de réponse. Et les chiffres, motorisation par motorisation, risquent de vous surprendre.
L'hybride rechargeable, souvent perçu comme un compromis idéal entre l'essence et l'électrique, s'avère être la motorisation la plus chère du marché. De son côté, l'électrique confirme son avantage, malgré un investissement initial plus lourd. L'essence truste la première place, avec un coût mensuel bien moins élevé que le diesel.
On vous résume les enseignements clés de l'étude de Roole data, de la motorisation la plus chère à la plus économique en 2025.
Hybride rechargeable : les voitures qui coûtent le plus cher
Avec un budget moyen à 724 € par mois, l'hybride rechargeable est la motorisation qui revient le plus cher à son utilisateur en 2025. Ce coût important s'explique d'abord par le positionnement « premium » de ce type de véhicules sur le marché : principalement des SUV et des berlines premium.
Parmi les cinq motorisations étudiées par Roole data (hybride rechargeable et non rechargeable, essence, diesel et électrique), les hybrides rechargeables sont les véhicules qui coûtent le plus cher à l'achat : 60 000 € contre 25 100 € pour un véhicule à essence.
À cela s'ajoutent des dépenses en énergie qui restent importantes : chaque mois, les voitures hybrides rechargeables coûtent 77 € en carburant et en recharge, soit 32 € de plus que pour une voiture 100 % électrique.
Budget mensuel en carburant selon la motorisation en France en 2025. ©Roole data
Diesel : la motorisation historiquement la plus économique qui a perdu sa place
Alors que les voitures neuves ont vu leur prix moyen diminuer en 2025, le gasoil, aussi appelé diesel, est la seule motorisation qui a marqué une hausse en 2025 : 40 400 € en 2025 contre 40 100 € en 2024.
Structurellement, les véhicules diesel sont plus chers que leurs équivalents à essence en raison d'un positionnement davantage « premium » et d'un durcissement des normes antipollution européennes. À l'achat, un diesel revient à 311 € par mois, contre 193 € pour une essence.
Cette perte de compétitivité du diesel par rapport aux autres motorisations se confirme en 2026. Depuis le début du conflit en Iran, le prix du gasoil à la pompe a connu des augmentations de prix plus importantes que l'essence. Entre janvier et septembre 2026, il est passé de 1,595 €/L à 2,219 €/L, tandis que le SP95 (E10) a augmenté de 1,653 €/L à 2,057 €/L, selon les données de Roole data.
Historiquement réputé pour être un carburant économique, le diesel est devenu plus cher que l'essence. Cela s'explique d'abord par une forte demande pour ce carburant, utilisé aussi dans l'agriculture, le transport maritime et comme source de chauffage domestique.
La France est aussi très dépendante des importations de diesel raffiné. Contrairement à l'essence, majoritairement transformée sur le sol français, la moitié du diesel consommé en France est raffinée à l'étranger, Chine et Moyen-Orient en tête. Mécaniquement, avec le blocage du détroit d'Ormuz, les prix du diesel ont davantage flambé que ceux de l'essence.
Évolution des prix des carburants en France (2007-2026). ©Roole data
La voiture électrique : un prix d'achat élevé qui s'amortit dans la durée
Malgré son prix d'achat élevé – 329 euros par mois – la voiture électrique est la deuxième motorisation la moins chère du marché en 2025, avec un budget mensuel à 536 euros par mois.
Elle atteint la deuxième marche du podium grâce à un coût du kWh très compétitif par rapport à celui des carburants fossiles. Les électromobilistes en ont en moyenne pour 45 euros de recharge par mois, contre 119 euros pour le budget essence.
Le coût de la recharge est aussi beaucoup plus stable dans le temps que celui d'un plein. Entre janvier et mai 2026, le budget énergie mensuel d'un conducteur essence a bondi de 112 à 137 euros tandis que celui des conducteurs électriques s'est maintenu autour des 45 euros par mois.
Sur le temps long, les voitures électriques font aussi la différence sur les coûts d'entretien, bien moins élevés que sur un véhicule thermique. « Les véhicules électriques s'en tirent avec 29 € par mois : sans vidange ni courroie et avec moins de pièces d'usure, les coûts d'entretien chutent. Seuls quelques postes spécifiques (câble, borne) pèsent dans la balance », explique Roole data dans son étude.
En comparaison, les utilisateurs de véhicules thermiques dépensent 50 € par mois pour entretenir leurs véhicules. Avec les vidanges, le changement des courroies de distribution, de la batterie ou des plaquettes de freins, la facture monte vite. Sur une année, les électromobilistes économisent donc 250 € par rapport aux propriétaires de voitures thermiques. Un argument qui pèse sur la durée, malgré un prix d'achat plus élevé.
L'essence : la motorisation la moins chère malgré la flambée des prix du carburant
Les motorisations à essence arrivent sur la première place du podium avec le budget mensuel le plus faible de ce classement : 484 euros par mois. « Un avantage qui s'explique avant tout par son prix d'acquisition, le plus contenu de toutes les motorisations (193 €), malgré un coût carburant élevé (119 €) », explique Roole data. En moyenne, un véhicule essence neuf vaut 25 100 €.
Sur le marché de l'occasion, le prix d'acquisition chute à 17 000 €. Et comme une grande partie du parc roulant est constitué de voitures à essence de seconde main, le coût mensuel moyen de cette motorisation est logiquement tiré vers le bas. En France, les véhicules à essence représentent 39,3 % des ventes de voitures d'occasion.
Assurer un véhicule à essence revient aussi moins cher qu'assurer un véhicule hybride ou électrique : 55 €, contre respectivement 68 - 66 €. Le prix à l'achat plus élevé des hybrides rechargeables et des électriques les rend aussi plus chers à assurer. Sur une année, cette différence fait économiser plus d'une centaine d'euros aux utilisateurs de véhicules à essence.