Alors que les prix à la pompe ont nettement reculé ces dernières semaines, TotalEnergies va concentrer son dispositif de plafonnement des prix du carburant dans ses stations situées sur les aires d'autoroute et dans les zones rurales.
Dans un communiqué publié le 30 juin, le groupe a annoncé qu'il allait « concentrer le plafonnement à 1,99 €/L sur l'essence et le diesel dans ses 1 200 stations rurales ainsi que sur les autoroutes lors des week-ends de grands départs (…) compte tenu de la baisse des prix des carburants ».
Depuis le début de la flambée des prix, le géant pétrolier a commercialisé l'essence (SP95 et SP98) à 1,99 €/L maximum, sept jours sur sept et dans toutes ses stations. Un prix particulièrement concurrentiel.
Mais ces derniers jours, les prix du carburant sont globalement repassés sous les prix plafonnés de TotalEnergies. Selon Roole Data, au 30 juin 2026, le prix moyen du SP95 était de 1,963 €/L dans les stations-service indépendantes, contre 1,895 €/L chez Carrefour Contact ou encore 1,861 €/L chez Leclerc.
Mais sur les autoroutes, les prix du carburant restent très majoritairement au-dessus de ces prix moyens. D'où le prolongement du plafonnement des prix par TotalEnergies sur les aires d'autoroute. Même chose dans les territoires ruraux, où les possibilités de faire jouer la concurrence sont souvent plus limitées pour les automobilistes que dans le périurbain et les grandes villes.
Les prix pratiqués par les stations-service en milieu rural restent plus élevés que la moyenne pour une autre raison. Les stocks de carburant achetés au plus fort de la crise doivent encore y être écoulés, « compte tenu d'une consommation plus faible » que sur les autoroutes ou qu'en milieu urbain, indique encore TotalEnergies dans son communiqué de presse.
TotalEnergies a aussi annoncé le maintien de son « avantage carburant » pour les clients ayant souscrit une offre d'électricité ou de gaz chez TotalEnergies. Ceux-ci continueront de bénéficier d'un plafond de 1,99 €/L sur l'ensemble des carburants dans toutes les stations du réseau, autoroutes comprises, jusqu'au 31 décembre 2026.
Ce recentrage intervient dans un contexte de fortes tensions économiques pour les stations-service indépendantes. Ces dernières souffrent de la concurrence des grandes surfaces et des grands réseaux de distribution. Les coûts d'approvisionnement des stations-service indépendantes sont plus élevés et leurs volumes de vente plus faibles.
Le 22 juin dernier, la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C), qui représente 700 entreprises de distribution de produits énergétiques, a saisi l'Autorité de la concurrence pour dénoncer des « pratiques anticoncurrentielles et déloyales » de la part de TotalEnergies. Dans le viseur de la FF3C : le plafonnement des prix du carburant par le géant pétrolier.