Et si « un geste aussi commun que conduire pouvait aider à mieux comprendre l’état des populations d’insectes ? » C’est la question que se posent le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et l’Office Français de la Biodiversité (OFB) en lançant « Bugs Matter », un nouveau programme de sciences participatives qui durera d’avril à septembre 2026. L’idée peut surprendre, mais les impacts d’insectes sur les véhicules sont en réalité de précieux indicateurs de leur présence dans notre environnement.
Même sans voiture, il est possible de contribuer en covoiturage ou en bus par exemple, ou encore en relayant l’initiative à des proches. Parlez-en autour de vous !
Baptisé « Bugs Matter : les insectes, ça compte ! », le programme propose de compter les insectes écrasés sur les plaques d’immatriculation, grâce à des automobilistes volontaires. Un indicateur imparfait, mais précieux : « Il est possible de mesurer la variation du nombre d’individus qui finissent malheureusement écrasés […] et ainsi de révéler la variation de l’abondance des insectes », souligne le Muséum. Un défi de taille, car « il est très difficile de suivre les populations d'insectes sur un grand territoire et sur une longue durée. Il faut un nombre très important de données standardisées pour faire des analyses scientifiques. »
Porté en France par le Muséum, l’Office français de la biodiversité, l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie) et l’association Noé, « Bugs Matter » est une initiative lancée à l’origine au Royaume-Uni par Kent Wildlife Trust et Buglife.
L’objectif est donc de « récolter des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de trajets dans tout le pays et tout au long de la saison d’étude », précise le MNHN. Pour faciliter la récolte de données en grandes quantités, le principe est volontairement accessible.
Pour participer, il suffit de :
Les données (trajet, météo, vitesse, heure de circulation, environnement…) sont ensuite analysées par les chercheurs pour mieux comprendre la santé des populations d’insectes, indispensables à nos écosystèmes : 75 % des cultures dépendent de la pollinisation par les insectes, et ces derniers nourrissent une grande partie des oiseaux.
La prochaine fois que vous prendrez la route, ces petits impacts sur votre voiture pourraient bien compter un peu plus que vous ne le pensez !
Au Royaume-Uni, où le programme est né, les impacts d’insectes mesurés sur les voitures déclinent à un taux alarmant de presque 20 % par an.