Après une baisse observée en 2024, la mortalité routière des adolescents de 14 à 17 ans a augmenté de manière inquiétante en 2025. Avec 133 décès, elle dépasse de près de 45 % son niveau de 2019, selon le bilan de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).
Si les adolescents sont moins touchés par la mortalité routière que les jeunes adultes de 18 à 24 ans, ils sont particulièrement exposés aux blessures graves : avec environ 1 700 victimes en 2025, les 14-17 ans représentent 10 % des blessés graves sur les routes, soit le double de leur poids dans la population (5 %).
Voiture et cyclomoteur concentrent à eux seuls 100 des 133 décès d’adolescents en 2025, soit les trois quarts, comme le montre le tableau de répartition ci-dessous.
Mode de déplacement | Nombre de décès sur la route parmi les 14-17 ans en 2025 |
Voiture particulière | 58 |
Cyclomoteur | 42 |
Moto | 8 |
Marche à pied | 8 |
Engin de déplacement personnel motorisé (dont trottinettes électriques) | 6 |
Vélo | 4 |
Voiture sans permis | 1 |
Autres véhicules | 6 |
Total | 133 |
En voiture, des victimes très majoritairement passagères
La voiture occupe une place centrale dans ce bilan. En 2025, 58 adolescents sont morts à bord d’une voiture particulière, soit 44 % des décès dans cette tranche d’âge. C’est davantage que pour tout autre mode de déplacement.
Près de huit adolescents sur dix morts en voiture étaient passagers. Le défaut de ceinture de sécurité est souvent en cause : sur la période 2021-2025, 38 % des adolescents tués en voiture ne portaient pas leur ceinture. Un défaut de protection qui peut considérablement aggraver les conséquences d’un accident.
En voiture, la ceinture de sécurité est obligatoire à l’avant comme à l’arrière, sur toutes les routes, depuis 1990. Depuis 2003, le non-port de ceinture constitue une contravention de 4e classe, sanctionnée par une amende forfaitaire de 135 euros. Un retrait de trois points s’applique lorsque le conducteur ne porte pas lui-même sa ceinture.
Quel rôle pour le permis à 17 ans ?
Les adolescents sont également de plus en plus nombreux au volant. Le permis de conduire est accessible dès 17 ans depuis 2024 et le nombre de jeunes qui passent leur permis avant 18 ans augmente. Selon l’ONISR, 270 000 jeunes de 17 ans avaient obtenu leur permis sur le seul premier semestre 2025, contre 220 000 sur l’ensemble de l’année 2024.
D’après le rapport, 12 adolescents sont décédés au volant d’une voiture en 2025. Parmi eux, huit avaient 17 ans, détenaient un permis probatoire et étaient présumés responsables de l’accident. Au total, 33 personnes, tous âges confondus, sont mortes dans un accident impliquant une voiture conduite par un jeune conducteur de 17 ans, contre 12 en 2024.
Les trottinettes et les voitures sans permis, moins meurtrières qu'on pourrait le croire
Le développement des trottinettes électriques et des voitures sans permis peut légitimement interroger. Pourtant, leur poids dans la mortalité adolescente reste limité : six adolescents sont décédés en engin de déplacement personnel motorisé en 2025 et un en voiturette. Les 14-17 ans représentent toutefois 30 % des blessés, tous niveaux de gravité confondus, enregistrés à bord de ces quadricycles légers qui peuvent être conduits dès 14 ans avec un permis AM (anciennement BSR).
Cyclomoteurs et motos : près de quatre décès sur dix
Après la voiture, les deux-roues motorisés sont l’autre grande composante de la mortalité adolescente. En 2025, 42 jeunes de 14 à 17 ans sont morts en cyclomoteur et huit à moto. Ensemble, ils représentent près de quatre décès d’adolescents sur dix.
Le bilan relève une augmentation du nombre de victimes à partir de 14 ans, âge auquel il devient possible de conduire un cyclomoteur ou une voiturette, puis une hausse plus marquée à partir de 16 ans. Toutes mobilités confondues, 97 des 133 adolescents décédés en 2025 avaient 16 ou 17 ans.
Les garçons sont particulièrement touchés : ils représentent 87 % des adolescents tués sur la route, et 90 % des victimes adolescentes en cyclomoteur.
Déplacements de loisirs et nuits de week-ends dans le viseur
Entre 2023 et 2025, 78 % des adolescents tués dont le motif de déplacement était connu effectuaient un trajet de promenade ou de loisirs. Les trajets domicile-école ou domicile-travail représentaient 16 % des décès pour lesquels cette information était renseignée.
Sur cette même période, 24 % des adolescents tués l’ont été pendant les nuits de week-ends, entre 20 heures et 6 heures, du vendredi au samedi ou du samedi au dimanche, contre 13 % chez les adultes. Le lieu de l’accident compte également. En 2025, 64 % des adolescents décédés ont été tués sur une route hors agglomération, en dehors des autoroutes.
- ↑ : La sécurité routière en France, bilan de l'accidentalité de l'année 2025 - Observatoire national interministériel de la sécurité routière, septembre 2026.
- ↑ : Autres véhicules : deux décès en véhicule utilitaire, un en tracteur agricole, un en car, un en quad lourd et un en moto-cross.
À découvrir
VIDÉO - Voitures sans permis : un crash-test inédit (et choc) pour sensibiliser les automobilistes
Une compagnie d’assurances a organisé un choc latéral à 50 km/h entre une Peugeot 308 et une Citroën Ami pour mettre en lumière la vulnérabilité des voitures sans permis. Cette mise en scène suivait un scénario malheureusement réaliste, qui reflète les conditions dans lesquelles surviennent de nombreux accidents impliquant ces véhicules légers. Derrière l’impact spectaculaire, un message de prévention simple : ceinture, priorités et respect du Code de la route ne sont pas optionnels.