Ceinture de sécurité : 5 faits étonnants que vous ignorez sûrement
Et si, à la place d’une ceinture de sécurité, vous portiez un harnais, ou des bretelles ? Et si votre ceinture s’attachait toute seule, dès que vous refermiez votre portière ? Seriez-vous obligé de la porter, si vous viviez ailleurs ? Découvrez cinq anecdotes insolites et méconnues sur la ceinture de sécurité, cet équipement devenu indispensable en voiture.

De l’aéronautique aux voitures modernes, la ceinture de sécurité a connu une évolution mouvementée. Contestée à ses débuts, elle est aujourd’hui l’un des dispositifs les plus efficaces jamais conçus pour sauver des vies sur la route : en cas d’accident, même à faible vitesse, ne pas s’attacher augmente le risque de décès de 50 %.
Une invention collective… perfectionnée par Volvo
La ceinture de sécurité à trois points, telle que nous la connaissons, a été mise au point en 1959 par Nils Bohlin, ingénieur suédois chez Volvo. Son idée de génie ? Avoir conçu un système simple, efficace et rapide à attacher, répartissant les forces d’impact entre le thorax et le bassin, deux zones capables d’absorber l’énergie d’un choc.
Mais l’idée de retenir les occupants d’un véhicule ne date pas de 1959 :
- Au début du XIXe siècle, George Cayley, pionnier britannique de l’aéronautique, installe une ceinture ventrale sur son planeur.
- Au début du XXe siècle, les pilotes automobiles utilisent déjà des harnais pour éviter d’être éjectés dans les virages.
- En 1955, Roger W. Griswold et Hugh DeHaven déposent le brevet d’une ceinture trois points en Y, encore imparfaite.
Nils Bohlin s’inspire de ces travaux pour créer la version moderne de la ceinture de sécurité. Volvo prend alors une décision historique : laisser le brevet libre de droits, afin que tous les constructeurs puissent équiper leurs véhicules avec cette ceinture.
Bon à savoir
La France a aussi apporté sa pierre à l’édifice ! En 1975, un ingénieur de chez Peugeot, René Pouget, ajoute à l’invention de Nils Bohlin un enrouleur. Ce dispositif permet à chaque utilisateur d’ajuster sa ceinture de sécurité à sa morphologie.
La première voiture équipée d’une ceinture de sécurité date de 1949
En 1949, aux États-Unis, la Nash Ambassador devient la première voiture destinée au grand public à être vendue avec une ceinture de sécurité. L’équipement, une ceinture ventrale, est proposé en option. Il est posé sur 40 000 véhicules et 39 000 propriétaires demandent son retrait lors de l’achat !
Ford tente également l’expérience en 1951. Seuls 2 % des clients choisissent l’option. Ce n’est qu’en 1958 que Saab équipe en série la GT-750 de ceintures ventrales. Mais leur utilisation reste incertaine.
Mais pourquoi un tel rejet ? À l’époque, la ceinture évoque le danger. Pour beaucoup d’acheteurs et même de vendeurs et de constructeurs, installer une ceinture revient à admettre que la voiture n’est pas sûre.
Les ceintures automatiques ont vraiment existé
Dans les années 1980, face aux réticences persistantes des automobilistes américains, une idée émerge : et si la ceinture s’attachait toute seule ? Elle séduit le président Ronald Reagan, qui veut rendre obligatoire la ceinture automatique sur les voitures américaines (ainsi que le double airbag à l’avant).
Les constructeurs développent alors des ceintures motorisées automatiques. Le principe : dès que vous fermez la portière, la sangle coulisse automatiquement le long du montant pour vous attacher.
Volkswagen est l’un des premiers à adopter ce système, suivi par Honda et Toyota. Cependant le concept est loin d’être parfait. Des pannes fréquentes rendent la ceinture inutilisable et obligent les conducteurs à se rendre au garage pour la faire réparer. En parallèle, l’administration Reagan décide d’annuler son projet de loi.
Mais les constructeurs commercialisent tout de même des voitures avec ceintures de sécurité automatique. Demandez à un Américain qui a conduit une Saturn, une Toyota Cressida ou une Ford Escort dans les années 90 ! Il pourra sans doute encore vous imiter le bruit (plutôt désagréable) qu’elles faisaient !
La ceinture de sécurité n’est pas obligatoire dans tous les pays
En France, le port de la ceinture est obligatoire pour tous les occupants depuis 1990. Ailleurs, la réglementation varie.
Juste à côté de chez nous, à Monaco, conducteurs et passagers ne sont pas obligés de s’attacher. Deux raisons à ce qui fait figure d’exception :
- La vitesse est généralement limitée à 50 km/h dans la principauté ;
- La forte présence de véhicules de collection, non équipés de ceintures de sécurité.
Aux États-Unis, la législation dépend des états. La plupart, comme New York ou la Californie, imposent le port de la ceinture à tous les occupants. Mais la Floride l’exige uniquement pour le conducteur, le passager avant et les mineurs. Le New Hampshire, lui, a choisi de ne rien imposer du tout. Dans cet état, dont la devise est « Vivre libre ou mourir », à vous de décider si vous voulez vous attacher ou non.
En France aussi, il existe des exceptions
En France, il existe des dérogations. L’article 2 de l’arrêté du 26 septembre 1979 dispense du port de la ceinture de sécurité :
- Les personnes dont la taille est manifestement inadaptée au port de la ceinture ;
- Les personnes justifiant d’une contre-indication médicale au port de la ceinture et munies d’un certificat médical à cet effet.
Il prévoit aussi une exception pour certains professionnels, pour qui le port de la ceinture pourrait représenter un obstacle à leur travail, comme les conducteurs de taxi en service ainsi que les occupants des places avant :
- Des véhicules des services de police, de gendarmerie et de lutte contre l’incendie ;
- Des ambulances ;
- Des véhicules d’intervention d’ENEDIS et GRDF.
Ne sont pas non plus obligés de s’attacher, en agglomération :
- Le conducteur et les passagers avant d’un véhicule de livraison ;
- Les occupants des places avant des véhicules des services publics contraints, par nécessité de service, de s’arrêter fréquemment.
Enfin, dans une voiture ancienne non équipée d’origine, le port de la ceinture n’est pas exigé. En revanche, il est interdit d’y transporter un enfant de moins de trois ans.















