Depuis plusieurs jours, la hausse des prix des carburants inquiète les automobilistes. Alors que les tensions au Moyen-Orient font craindre de nouvelles perturbations sur le marché pétrolier, le gouvernement assure pourtant que l’augmentation des prix reste contrôlée et qu’aucune pénurie n’est à redouter dans les stations-service. Malgré ces déclarations rassurantes, certaines stations observent déjà des afflux inhabituels de conducteurs venus faire le plein, par crainte d’une nouvelle flambée des prix voire de problèmes d'approvisionnement.
Selon les derniers relevés de Roole Data du 5 mars 2026, le gazole est le carburant dont le prix enregistre la plus forte hausse. Entre le 25 février et le 5 mars, son prix a bondi de 10,2 % pour atteindre 1,883 euro le litre en moyenne. Les essences suivent la même tendance : sur la même période, le SP95 (E5) et le SP95 (E10) progressent chacun de 4,3 %, tandis que le SP98 affiche une hausse de 4 %.
Dans ce contexte, certains automobilistes semblent vouloir anticiper une hausse durable des prix. Dans plusieurs stations-service à travers la France, la fréquentation aurait ainsi nettement augmenté ces derniers jours. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos montrent des files d’attente inhabituelles devant les pompes, ainsi que des conducteurs remplissant plusieurs jerricans pour constituer des réserves. Des images largement relayées qui contribuent à alimenter l’inquiétude, même si les professionnels du secteur assurent, pour l’heure, que l’approvisionnement des stations-service reste normal.
Contrairement à une idée reçue, remplir un bidon de carburant dans une station-service n’est pas interdit en France. Les automobilistes peuvent en effet acheter de l’essence ou du gazole pour le stocker dans un récipient. Mais cette pratique est strictement encadrée. Le carburant doit impérativement être placé dans un bidon ou un jerrican homologué, conçu pour transporter des produits pétroliers. Et la quantité de carburant qu’un particulier peut stocker reste limitée. L’arrêté du 1er Juillet 2004 réglemente de façon générale le stockage du carburant, hors des installations prévues à cet effet. Un particulier peut donc stocker à son domicile jusqu'à 120 litres de carburant par famille, et ce dans des contenants inférieurs à 50 litres.
Dans la pratique, les stations-service appliquent des règles beaucoup plus strictes, notamment pour des raisons de sécurité. Elles acceptent généralement de remplir de petits jerricans, souvent de 5 litres, notamment pour dépanner un automobiliste en panne sèche.
Par ailleurs, en période de tensions sur l’approvisionnement ou de ruée vers les pompes, les préfets peuvent décider d’interdire ou de limiter la vente de carburant dans des bidons afin d’éviter les achats massifs.
L’essence est un produit particulièrement inflammable et volatil, ce qui impose des précautions strictes pour son transport et son stockage.
Les autorités appellent toutefois les automobilistes à « garder leur sang-froid ». Les difficultés d’approvisionnement observées dans certaines stations sont provoquées par les comportements d’anticipation eux-mêmes. Lorsque de nombreux conducteurs se précipitent simultanément pour faire le plein ou constituer des réserves, la demande augmente brutalement et peut temporairement vider les cuves de certaines stations. Un phénomène bien connu des professionnels du secteur, qui rappellent que ces « pénuries » sont souvent locales et passagères, et qu’elles résultent davantage de mouvements de panique que d’un réel manque de carburant au niveau national. « Il n’y a aucun risque de rupture d’approvisionnement, parce que nous avons des stocks et parce que nous avons diversifié nos importations. Donc pas d’inquiétude là-dessus », expliquait d'ailleurs Maud Bregeon, la ministre déléguée à l’Énergie et porte-parole du gouvernement ce mercredi 4 mars sur RMC.
Des applications comme Roole Map permettent aux automobilistes de comparer les prix des carburants dans les stations-service à proximité et de vérifier en temps réel si certaines pompes sont temporairement en rupture de stock.