Au début du 20ᵉ siècle, l’essence contenait une forte proportion de gomme, une substance visqueuse qui se déposait dans les moteurs. Lorsqu’un conducteur accélérait brusquement, cette surconsommation entraînait l’émission de dépôts visibles et odorants, comparables à un caramel mou chargé de goudron. Ce phénomène marquait les conduites sportives et laissait une signature bien particulière dans l’air et dans la mécanique. C’est de cette réalité technique que naît l’expression « mettre la gomme », synonyme de pousser l’accélérateur avec intensité.
Avec l’évolution des carburants, la gomme a quasiment disparu des réservoirs, mais l’expression, elle, a survécu. Peu à peu, elle a quitté les garages et les circuits pour investir le langage courant. On l’emploie aujourd’hui pour parler d’un effort soutenu, d’un rythme qui s’accélère ou d’une nécessité d’efficacité. « Mettre la gomme », c’est autant presser sur l’accélérateur que se lancer dans une tâche avec détermination, énergie et parfois urgence.
De la mécanique automobile à la vie de tous les jours, l’expression a conservé son souffle. Comme d'autres, elle témoigne de ce lien intime entre la route et la langue française.