Instauré pour adapter les activités humaines à la lumière naturelle, le changement d’heure consiste à avancer ou reculer l’horloge d’une heure selon la saison. En octobre, on recule d’une heure et l’on gagne du sommeil ; en mars, au contraire, on avance l’horloge d’une heure, ce qui réduit la durée de la nuit. Si ces ajustements semblent anodins, ils peuvent perturber l’horloge interne pendant plusieurs jours, avec des effets potentiels sur la vigilance et les capacités de concentration, notamment chez les automobilistes.
Par ailleurs, les conséquences du changement d’heure sur la sécurité routière varient selon la période de l’année et ne touchent pas les mêmes usagers. « Les enjeux de sécurité routière pour les piétons se voient davantage à l’automne qu’au printemps, par exemple », souligne Christophe Ramond, directeur des études et recherches à l’association Prévention routière.
Dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 mars 2026, à 2 heures du matin, il sera 3 heures. Une heure de sommeil en moins qui peut avoir des conséquences immédiates sur certains conducteurs, en particulier dès le début de la semaine suivante. « Perdre une heure de sommeil peut accentuer la somnolence, surtout pour ceux qui prennent la route tôt le lendemain », alerte Christophe Ramond. Même limitée, cette privation de sommeil peut entraîner chez certains une baisse de vigilance. « En dessous de six heures de sommeil, on considère généralement qu’il y a une dette de sommeil, même si cela varie selon les individus », précise-t-il. Dans ce contexte, la prudence est de mise dès les premiers jours. « Il faut être particulièrement vigilant après le changement d’heure, car le sommeil peut être perturbé. L’enjeu, c’est de veiller à bien dormir », insiste-t-il.
Avec le retour des beaux jours, les habitudes de déplacement évoluent également. Cyclistes, motards et usagers de deux-roues sont plus nombreux sur la route, ce qui modifie le partage de l’espace. « Au printemps et en été, ces modes de déplacement repartent à la hausse », observe Christophe Ramond. Une augmentation d'usagers vulnérables sur les routes qui s’accompagne mécaniquement d’un risque accru d’accidents : « Les accidents impliquant des deux-roues sont plus fréquents à cette période. » Selon l'ONISR, en 2024, 81 % des motards tués l’ont été entre mars et octobre.
Le passage à l’heure d’hiver présente des enjeux spécifiques, notamment pour les usagers les plus vulnérables. La baisse brutale de luminosité en fin de journée plonge une grande partie des trajets quotidiens dans l’obscurité. « On observe un pic d’accidents impliquant des piétons à l’automne, lié à la diminution de la luminosité en fin de journée », explique Christophe Ramond. Dans les jours qui suivent le changement d’heure, le nombre d'accidents impliquant un piéton augmente en effet de 34,1 % lors de l’heure de pointe du soir entre 17h et 19h.
Les données de l’ONISR confirment aussi cette tendance : 42 % de la mortalité annuelle des piétons se concentre entre octobre et janvier, une période marquée par des journées plus courtes et une visibilité réduite aux heures de pointe.
Pour réduire les effets des changements d'heure, il est conseillé d’anticiper au maximum, notamment ses heures de sommeil au mois de mars. Sur la route, faire des pauses régulières, éviter de conduire en cas d'épisodes de somnolence et rester attentif aux autres usagers sont des réflexes essentiels pendant cette période de transition. La sécurité routière recommande également de veiller à circuler avec des vitres parfaitement sèches et désembuées.